BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

6.5.10

Le Seuil des Cycles


La praxis est universellement répandue de déterminer un cadre pour toutes nos activités et nos conceptualisations; chaque compartimentation est faite soit à cause de notre perception immédiate – comme c’est le cas pour le corps humain, par exemple – ou bien par l’exercice combiné et souvent divergent des intérêts, du pouvoir et de la pression sociale. À toute fin près, ces cadres sont absolument fictifs et artificiels, si bien qu’on est tellement subjugués à la dite perception immédiate, que tout cadre est perçu immédiatement comme étant inamovible.

La science a bien voulu prouver l’existence de plusieurs modèles en paliers parallèles de cycles au fonctionnement similaire ou comparable, et qui se superposaient à toutes les échelles, les Humains en faisant partie dans une région bien précise et délimitée. On observe les astres et les atomes réagissant aux mêmes lois apparentes, et le soleil de se lever sans cesse pour se coucher plus tard sur nos horizons. On nous a appris à nous sentir hors danger dans une certaine étanchéité de ces cycles, à assimiler ceux-ci comme étant à l’intérieur de cadres, et aussitôt la société marchande a fait son entrée, le contenu est disparu aux sens pour ne laisser que le cadre. Or le peu qu’on connaît sur ces cycles à leur origine et dans leur première manifestation naturelle, avant l’intervention humaine, nous démontre leur fluide coexistence, leur interdépendance et leur enchevêtrement.

Pour ne prendre que le corps humain à travers l’exemple de la maladie et de la perception humaine de sa transmission, on réalise à quel point on se considère séparé d’une population concomitante, et que l’on croit nos corps physiquement coupés de tout ce qui n’est pas à hauteur cutanée, et qu’on considère qu’ils s’achèvent effectivement à la surface de notre peau, quand c’est bien démontré que nos traînées énergétiques, nos auras d’influence, et nos sens eux-mêmes, se situent hors de notre corps, bien que leur centre se trouve à son intérieur.

De plus, l’interaction des corps et comparable à celle des échelles successives du même modèle d’organisation physique, c’est-à-dire qu’on ne peut pas tirer une barrière définitive à aucun point précis pour séparer une entité d’une autre, même si l’agglomération d’information existe à un point tel comme pour justifier la désignation et la qualité d’entités séparées. On ne peut parler alors de frontières mais de zones floues et bâtardes où l’information (soit sous forme de particules ou bien de synapses) n’est pas enracinée dans l’espace-temps, est incomplète, interfère ou est interférée, est à son tour en attente d’être affectée au déplacement ou bien encore déjà en train de déplacer d’autre information. Ces zones d’activité ambiguë sont le seuil des cycles, des zones d’incertitudes non exclusives.

Pour avoir semblé prouver de façon contondante une vision accumulatrice de l’existence, la science a bénéficié largement de la création de modèles adaptés aux besoins politiques du pouvoir. En effet, la science a largement dicté elle-même les paramètres qui lui permettaient de s’évaluer, le concept même d’évaluation étant sorti de parmi ses rangs. Que ce soit, après 1789, seulement l’avancement de la science qui ait pu être vu comme véritable point de repère bien ancré dans l’humanité ancestrale pour une nouvelle mise en valeur du présent collectif, cela explique largement la déification des principes émis en nom de la science et de ses représentants matériels. Le besoin même de supplanter le pouvoir visible avec de nouvelles directives qui empêcheraient sa perte, a justifié la migration de la continuité des principes du pouvoir ailleurs de la structure même du pouvoir politique, et vers une sphère nécessairement inaccessible et hiérarchique, où le processus démocratique serait à tout jamais un hors lieu, et qui pourrait rester intouchable – et bien au contraire, convoitée par tous les acteurs du terrain politique et militaire– lors d’un futur très instable, comparé au temps connu. C’est le pouvoir invisible, trop large pour être rationnellement évalué par son détenteur.

Ce pouvoir invisible ce situe dans ces marges de l’information visible, aux seuils des entités et des cycles, qui sont obscurcis par notre entêtement général à vouloir voir des délimitations définitives dans ces zones. Là, ce pouvoir invisible est protégé du scrutin des secteurs qui se situent à l’intérieur des agglomérations ou des entités. Le cadre, qui est le pouvoir visible, est le meilleur allié de la science en son jour de gloire; par son entremise, l’un ou l’autre règne à la vue, mais le vrai royaume est hors de la vue et sa contestation est impossible. Aucune preuve, seulement des modèles bien vendus, des interprétations vulgarisées par le cadre.