BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

31.8.10

Accouchage (théâtre maladroit)


Qu’est-ce que tu veux?

Je veux toi : j’ai assez niaisé, assez joué à l’impassible, à l’inépuisable, à l’imbattable. Ça tue, ça. J’ai compris quelles portes de mon destin prennent de la valeur à être ouvertes. J’ai compris que je n’avais vraiment pas envie de te perdre. C’est important pour moi que l’amour ne soit plus un bien à consommer.


Écoute, it’s ok, tu peux pleurer, tu peux être lourd ou déprimé, tu peux être poursuivi par l’état, je vais te suivre dans l’amour, c’est à ça que ça sert.

J’espère juste que tu n’as pas peur de moi.

Non, j’ai plutôt peur de moi. Et si je devais tomber amoureux d’un autre que toi?

Est-ce un jeu? Pour toi? Dis-moi que tu n’as pas peur.

J’ai peur.

Mais je suis là, je m’en irai pas sous aucun prétexte, c’est décidé.

Je me suis habitué d’être toujours à deux pas de la catastrophe…c’est dingue.

Et si les rôles s’inversaient? Et si tu découvrais en toi une décision du futur? Et si tu créais des équations connexes aux autres poutres de ta vie?

J’ai décuplé de force depuis toi, mais cette force est dans moi. Tu la nourris mais je ne te la vole point. Elle sort de moi et tu m’en rends conscient. Je dois maintenant te donner aussi ce que tu as besoin.

J’ai besoin d’un réconfort constant. C’est trop dur pour moi, tout ce que je n’ai pas pu décider. Je deviens lourd pour la gaieté des autres, je la dérange constamment malgré moi. Y en a qui pensent que j’aime ça, me nourrir de colère et de broyage noir.


Je te réconforterai maladroitement, à travers ma peur pubère, à travers mes cascades de doutes et de foutre. J’ai besoin d’un pardon constant pour mes insouciances. Je serai, je le jure.

Je suivrai.