BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

18.9.10

Alzheimer (ma tête)


C’est comme l’histoire de ma vie en fast forward, un doigt sur la mannette. Sauf que tout est au ralenti. J’ai un mal de bloc impressionnant – non, sérieux. Il m’urge de me fracasser la tête avec un marteau, je viens d’écouter un film troublant, je viens de me cogner le genou sur la table du salon. Je suis encore avec le film dans la tête et le mal de tête dans la tête et mon mal de genou me paraît idiot, de m’être cogné c’est idiot.


Tout le film était philosophiquement chargé, profond, comme ma vie en fast forward mais au ralenti, puis en me cognant je suis sorti de ma tête trop vite, j’ai regardé mon mal de tête en face, j’ai regardé le genou. C’est peut-être aussi que j’ai trop bu du café, du café de Gaspé, voilà je l’ai plogué, j’implore du cul de l’âme de revoir ce film au ralenti sans avoir mal à la tête. Je suis aussi importé de Colombie que le café de Gaspé, le dépaysement occasionne des maux de tête, de genou, du cul, de l’âme et du doigt sous le marteau. Non, sérieux, c’est idiot : c’est comme l’histoire de ma vie.


Ce sont les dents de sagesse : je ne suis pas assez sage pour pouvoir manger le cul à n’importe qui, de même, consommer une raie. Je suis abruti et innocent, on m’avait glissé des mots par rapport à ceci, comment je ne sors pas de ma tête, comment je parle de ma tête, et franchement ma tête est cool, si vous saviez ce que ça fait en dedans. Il ne suffit pas de la détacher du corps, il ne suffit pas de l’attacher à un corps, il ne suffit pas de visser ou de dévisser ma tête. Qu’est-ce qu’elle a, ma tête?


Elle est cool, ma tête. Vous vous demanderez alors pourquoi je n’ai pas inclus dans ce bréviaire un exemplaire de ma tête, détaché ou attaché à mon corps, pour que vous le vissiez, ou pour que vous le dévissassiez. C’est que je suis innocent et abruti, mes envies de manger des raies ne m’ont pas consommé. On me l’avait dit, que je ne sors pas ma tête de mon cul, que je mange mes dents. La sagesse ne sort pas de ma tête, ça suffit.


Ventilation hagarde, je tourne mes paupières. Est-ce ainsi que je vais crever, immortel et boursouflé? Mes paupières hurlent que mon crâne a cessé de m’abriter, que mon corps veut le divorce de mon âme. Mais je ne tiens pas à mitiger les plaintes ici, ici, ce n’est pas un blog de cul. Ici, c’est du pareil au même, c’est hagard, et je me coince moi-même entre deux portes, je me heurte le genou avec la table du salon. Mais c’est cool d’être dépaysé des fois, de manger des raies, de faire fast forward, c’est idiot d’importer du café de Gaspé depuis la Colombie.


J’implore aux sages ou à n’importe qui, de même, il m’urge comme un marteau sur ma tête. En tout, ce serait plus sage d’arrêter de boire du café, parce que ça donne mal aux dents. Il suffit de se manger le corps, des vices on en a tous eu, non, sérieux. Si vous saviez ce que ça fait en dedans, c’est l’histoire de ma vie, c’est philosophiquement chargé, impressionnant. J’ai regardé ma vie en face, j’ai boursouflé du genou, on aurait dit que tout était au ralenti.