BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

14.9.10

Culture et lithium (Cul + Li2CO3)


culture et lithium
désormais la mort ne sera
plus la même
deux heures du petit chagrin
finie ma vie dans un push-up
les jambes écartées de joie
pansement sur les pensées
sushi de jour
tranché avec soin
socrate n’en demanda pas autant
libéré
mon cours se faisait
sous-tendre par une artère
la lecture hystérique
de toutes nos positions
embrouillez, embrouillez!
l’hiver nous achèvera
en bouteilles
le gros pelleteux viendra
nous désengourdir
chaque mot qui apaise
cultivé dans la périphérie
perce et germe certes
sur toute la grandeur des toits
on aura crié
bâtardise et ennui
on se sera foutu de nos poings
bavé l’amour
jusqu’à la calvicie
péri avec navire
joufflu
quand les fantasmes
ne valent plus rien
quand mâché
tu ne fournis plus sève
quand goblin accéléré
au visage dynamité
viendra se précipiter sur ton lit
dans une vomissure de gris
on t’entendra hurler
sur la grandeur des toits
sur toute la grandeur des toits
en racontant ton histoire
à vingt ans d’ici
les frissons traverseront
tes voisins



ascension en chrome
loin de vous
où les paupières réclament
le ciel ouvert
n’est pas une tension
mais une
catastrophe
du style
à qui s’acharne
la vigueur est un cadeau
et l’enchantement
entortillé qu’il est
gobe le luxe
il est minuit sept
les bars ne valent plus
ma peine
les colonnes s’affirment
risible ce butoir
un uniforme
digne d’un cadavre
l’assaut existe
mais il tousse
le toit n’est
pas une souillure
c’est une
censure du
souffle
les chiffres ouverts
sont une enflure
et à la nuit
qu’empoigne ses milles gants
une gifle mémorable
le lest
je le jette
en désordre



j’épouse un nitrate
aujourd’hui
l’emblème chimique
j’en tire une plaque
la mitraille a tiré de moi
comme une poule par la peau
désossée, hagarde
subitement décompressée
le jour où les baumes ont
commencé à faire effet
et qu’on se fit clouer
à une machine
qui signait sur nous
un épouvantail pharmaceutique
ruisseau
somnolence surprise
turbulence reprise
que la gangrène te rattrape
que la foudre te mange
que le cri-cri
galope sur ta conscience
avec l’avidité
que t’auras eue pour un sein
ou l’autre indistinctement
la paresse se demandait bien
c’que tu faisais
ce sermon militaire
te crible du choix du choc
le destin suffoque
cette journée sèche
te représente
j’étais une racine drôlement inflammable
ces roseaux en sève m’inondent
courbes, volants
tout l’impénétrable
d’une feuille qui pense à chuter
un défi vide :
démontez les étoiles
avec une scie mécanique
va, secte aux mies!
je t’implore :
flatte mon crin maure
l’argon sur cette épaule
se dévoile ton poing nu
ardeur, l’épée
suivront, le menton digne
défenestrations, fonds de tons
que le tympan
arrache archaïque
que les mouettes, un matin
au milieu d’une miette de pain
trouvèrent les nations unies
et tout leur cortège de paix