BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

14.9.10

Illumination 1945

H

A
N
s
s’est habitué à moi & la nuit dodécaphonique qu’ils ont classé
reste collée aux paupières
comme un voile entartete tout est devenu pourpre
la nuit des longs couteaux j’étais la moitié d’un corps
berlin est un long poème crépusculaire
tout ce spectacle est fait pour souligner la mort digne
& atteindre la liberté de me pendre à nurenberg
de m’ouvrir les veines des yeux à longueuil
une peine post-nucléaire m’est apparue
dans une latitude hermétique (der vogelgänger bin’s ich ja)
un puissant clou dans la gorge tatouée de croix gammées
ils infiltrent du personnel
non deux soldats
l’insurrection de munich est restée subversive
dans les moules des jeunesses musicales du canada
je ne suis pas un américain
mon sang est inconnu – des juifs hollandais?
les canalisations de mon encre ont parcouru au moins
deux guerres mondiales – réincarnation d’un
philosophe allemand de génie mort à dix-six ans à
grozny enterré à düsseldorf après le spectacle
de déploiement capitaliste
qui ne croyait pas au national-socialisme mais à la survie
& donc essentiellement coupable de déformation professionnelle
à l’insu de gutenberg
la parade des freaks a marché sur le bunker
a hissé un autre drapeau
pareil au dernier
je suis cet homme de düsseldorf
un fantôme automatique en quête de paix
visant haut sur les toits de vos maisons vulgaires
une danse belliqueuse
un autre billet se prépare – celui du drapeau fier
trop fier & extatique
perdu sur quatre cents piles de reichs et d’empires coloniaux
machiavel revisite l’europe et crache sur us
ce symptôme d’instabilité inévitable
ô cataclysme
vous allez apprendre la folie des rations & menstruations
de dix-neuf jours
& de lunes vides – invisibles pendant des semaines
& râ n’a pas illuminé le reich
& un troupeau d’oiseaux gammés a survolé
scheißenstraße
je restaure
& ainsi ce bloc de notes devient clairvoyance
si ça vaut la peine?
d’atteindre des niveaux primitifs de communication?
pas de fléaux peux pas répondre
drogué mon pote il s’est poussé
dans le noir
je vois des champs de concentration dans mes rêves
je vous le jure par judas
hitler est venu me
hanter souvent &
himmler criait aux souris du cauchemar
rentrez en ronronnant rentrez en ronronnant
parce qu’on a perdu la clef de l’armoire
pour cacher la flotte juive
marie madeleine était aryenne &
de mon grand sursaut j’ai compris
que les jeunesses musicales du canada
c’était un brouillon pédophile de l’armée
la plus ignorante au monde
& qui est sur terre grâce à nietzsche
& les gosses de son père non-circoncis
je vois le gaz
on porte des masques retrouvés dans la boue ennemie
la frontière qui avance & recule
comme un individu
à raison des quelques milliers de jeunes
morts dans une heure
hans prit son dernier déjeuner accroupi
sur une roche polonaise
car cette roche était polonaise
vous la connaissiez sous le drapeau autrichien?
qui est l’opérateur de cette mitraillette?
(déformons notre race)
a eu sa première éjaculation il y a une
semaine – ou à peu près quand les alliés sont débarqués sur les
côtes nord-françaises – & ses joues débordantes
de sang fleuri mourront avec le reich
n’est-ce pas tragique?
dans la bataille finale quatre soldats américains sont morts
pendant que leurs parents à NJ, NY, AZ & IL mangeaient
du brocoli (*) des mae west
le garçon est mort à l’aube je vous rappelle
c’est un philosophe dévisagé
inconnu
la terre l’a tué
le trou net d’une balle fabriquée avec du plomb à partir
de gisements dans la vallée de l’okanagan trouvés en 1712
& exploités dans une folle course d’enrichissement
des industries lourdes
est venue percer la peau tendue de ce qui avait
été offert au fuehrer
jadis si j’ai tourné ma tête vers les cimes
ce n’était que pour voir le ciel
comme se rendit compte de son crime
le criminel –
garroché devant le trou de terre vide
qui lui accueillait
la mort du rêve long de douze ans
qu’on embarque dans la plus dangereuse aventure du
vingtième siècle
je reviens soixante ans après avec soif
boire du calice
les drapeaux fustigeant par le vent implacable
dans un vide d’humains
dans un rêve de hölderlin
il a vu la fin, le bunker et la pluie de bombes
cent cinquante ans avant le jour
& il s’est demandé, dans ce même sonnet,
où était le printemps, où le fruit
il est mort avec l’allemagne que nietzsche & wagner
ont gonflé vivement
au souffle de titane
mais schumann n’a jamais imaginé la croix gammée?
hitler – ultime romantedesque?
hölderlin eût la vision & vit l’avenir

(longueuil, janvier 2000)