BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

26.11.10

Controverse


J’espère qu’on me tuera : j’aurai réussi à déranger suffisamment.

Il y a trop de haine dans la nature qui est mal utilisée. Pour autant qu’on castre au Rwanda, qu’on crible au Mexique, qu’on lobotomise aux EEUU, qu’on matraque au Royaume Uni, qu’on extorque en Italie, qu’on trucide au Myanmar, qu’on emprisonne en Chine, qu’on torture à Cuba, qu’on ignore en Haïti, on continue de se borner à croire qu’un ensemble éthique peut régir le comportement humain, et on nous éduque dans l’espoir que la violence n’envahisse jamais notre esprit. De Drancy a Auschwitz et de Guantanamo à Trnopolje, la violence a crée des choses comme Israël. On s’étonne qu’ils aient pu, les Sionistes, à force de pitié, récréer leur vengeance, mais l’histoire est trop souvent vengeance et rien d’autre. Beethoven s’est vengé de la mort de Mozart et Cocteau de l’imbécillité bien maquillée de Wagner. Alors pourquoi tant d’hypocrisie à l’heure d’inculquer des valeurs? Nous sommes faits de haine après tout, de haine utile. Il est temps de porter cette haine envers tous ceux qui l’ont cru convenable de l’amortir en eux, à tous ceux qui oublient qui ils sont. La religion n’est donc faite que pour les peureux, qui ont besoin d’une muselière morale pour guider la répression de leur haine, ou bien une justification autre qu’humaine pour porter en eux cette même haine. La haine et la violence sont des expressions de l’absurde, qui donc ne peuvent ni ne doivent prétendre avoir de justification ni d’explication. Mais l’être humain, cet imbécile légendaire, a peur d’assumer pleinement sa haine et sa violence qui lui sont innées. C’est qu’il a peur d’affronter l’absurdité de sa propre existence.

Tout part d’une série de mensonges bien appris : qu’on vit en paix, qu’elle existe, que la catastrophe est toujours un fait distant, que la vie est un état stable…Or c’est contre nous-mêmes qu’on nous met en garde, contre notre propre violence et notre propre capacité de l’infliger à autrui. C’est de nous qu’on prétend nous protéger par des législations banales; banales parce qu’elles seraient efficaces si la paix existait. La paix n’existe pas plus que le froid : le froid est absence de chaleur, la paix est absence de violence. Les législateurs qui œuvrent ainsi contre la violence semblent oublier que toute imposition d’idées est en soi un fait violent. Tous ceux qui prônent la paix indéfectiblement, oublient qu’ils portent la violence au monde, et que la violence les a portés au monde – il n’y a strictement rien de pacifique dans une naissance.

Avoir peur de la violence, c’est donner raison à la violence, car la peur est une violence distillée en émotion brute. Mais contre qui porter violence? Contre tout et tous? Uniquement contre ceux qui ont tort. Et comment prétendre désigner ceux qui ont tort? C’est simple, et il n’y a pas d’Intervention divine, ni de sens d’élu attaché à ce raisonnement : les ignorants, les insouciants, ont toujours tort, et leur ignorance donne trop de sens à la vie, efface l’absurde qui nous définit collectivement. Les ignorants doivent être violentés; toute forme d’autorité est ignorante en encourageant la poursuite de cette lamentable condition, et doit être violentée. S’il n’y avait pas autant d’entraves à la violence, on pourrait bien vivre avec elle comme on vit avec d’autres éléments de la nature humaine. Mais on nous contraint à ne pas être violents moyennant la violence (la loi est menace avant tout). Si la violence était accessible, elle serait vite démythifiée, on oublierait alors Hitler et les Sionistes perdraient leur importance; ils deviendraient aussi élus que tous les humains.