BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

12.11.10

Populo pain-blanc


à bout de ce pays et d’essayer de comprendre les crachats qu’il m’offre

étranger qui doit sans cesse se corriger pour ne pas contredire

les codes que les imbéciles se sont inventés pour éviter

de devoir un jour devenir intelligents

constamment dérouter et s’excuser d’avoir voulu faire son chemin

quand il n’est autre que la nature et la logique infaillible

constater qu’il n’y a que mépris déguisé en interdiction de mépriser

il n’y a que des ineptes

des technocrates qui se font aider par la banque

des médiocres et des banaux surfant sur des bulles de crédit

seuls les ignorants et les ignobles ont une job à vie

seuls les cons peuvent réaliser leur rêve

tout le pouvoir d’acquisition est dans les mains des idiots

il faut avouer que c’était une stratagème de génie

qui surpasse définitivement le mien

ici on te dit chiâleux si tu parles avec des phrases

qui ne sont pas faites

ici Lord Durham a tellement bien fait sa job

qu’ici

le monde y sav’ même pas c’est qui

mais ils se disent que ça doit être juste un autre

criss d’anglais [sic]

pour le privilège que vous avez eu que je dédie

douze ans et plus de ma vie

à ce pays qui se veut province à tout prix

que j’apprenne et adopte votre

criss de langue [sic]

que j’injecte enfin un peu de bon sens

et de bon sang dans votre paysage

de rochers escarpés et plaines sur l’électrocardiogramme

pour ce privilège vous n’avez même pas dit

merci

vous ne méritez donc même pas

que je prenne le maquis

(c’est quoi prendre le maquis?

entends-je rétorquer cette bande de chèvres de troupeau)

pour vous

si enfin vous le voulez, crevez américanisés sans même pas

avoir eu une chance d’avoir une identité à la place d’un

complexe d’infériorité socioculturel

c’est pas mon criss de problème [sic]

je n’ai pas à payer pour vos inhibitions culturelles

à chaque fois que je fais sonner mon noble carillon

nous sommes à une époque de merde

où tout acte de noblesse ou d’honneur

est considéré comme risible

jusqu’à temps qu’il y a des gens qui se font tuer

alors il y a toujours des connards qui tiennent des chandelles

dans la rue avec des minutes de silence dont la TV

ne montre que huit secondes

alors il y a toujours des petits médiocres

parmi ce peuple de pains blancs

aberrants parce qu’ils n’ont pas assez honte pour se cacher

avec leur allure de nous sommes fiers d’être ordinaires

et qui disent : c’était un

criss de malade [sic]

et la TV parle alors d’un déséquilibré

alors que ce sont eux qui ont été déséquilibrés

vraiment

des cons

ma mère me disait

que ces gens-là souffrent et ont leur punition en quelque part

mais non

c’est ça qui est le plus enrageant

je me rends compte de plus en plus, et c’est irrémédiable, que

ma mère se trompait :

ces gens-là sont immunes

ils ne se rendront jamais compte de leur fait pathétique

leur fait

ils croiront toujours avoir eu raison parce que

eux, ça va bien

parce que tout le monde le pense

alors ça devient clair que c’est moi qui va souffrir le plus

que c’est moi qui va payer le prix de leur infection

que la plaie c’est moi qui la porte sans pansement

que c’est moi leur criss de malade

leur [sic]