BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

22.6.10

Invocación para una visa


País que dejas derramadas las almas con los aceites de benzol
y que en urnas ya ni gritas ni te instruyes,
país que en cuero huyes
de las ciénagas que tú mismo te has creado
y de las grietas que albergan hinchazones
de las que se amamantan las serpientes e hígados del sol
de las que tu también te has amamantado
a borbotones
con erguida luciérnaga a tu lado.

País que ya no pisas sino truenas,
que ya te has engullido el horizonte con antenas
y con féretros de paz y aburrimiento,
país donde las penas cuestan más que le pan y el nacimiento
y las verduras se amontonan
donde las hienas cobran cada día una moneda
por ser las defensoras del tormento,
país del don de hechizos sin efecto,
país del verbo infecto,
país,
casi país,
cuadriculado.

Gatos de seis vidas, formularios y papeles
de varias páginas, de varios árboles, de ovarios
encogidos, sin dar candela al párpado.

Gritos de putas que ya no importan,
ni que los comisarios duerman en paces políglotas
ensanchándose el vientre contribuido.

Ensaladas de patos y cajas, de zanahorias en cáscara
sin que se suba la bilis a la boca uno se pone a respirar
por la boca uno se pone a resbalar

Y se amontonan los peces agrios en las callejuelas
y no estás aun presente en la consciencia de los murciélagos
en la fechoría ardiente
en el pulso y el efecto
de manchas de vidrios y aceite con los hedores
del amoniaco y de las ollas sucias.

Es este país de balas contiguas, de ratones
y de las hojas de papel seguidas
en corrido varias
hasta sacarle a uno el hipo por el cuello,
país de las miradas contrarias,
país de amonestaciones y de ruedas de tren,
del salvoconducto,
país del veto y la multa,
del que insulta,
del vaivén,
a puntapié y a puta madre.
un juez y un policía deplorable
que ni siquiera se permite ser corrupto.

País que con tu reino de especulaciones,
cuernos, toros y mordazas,
nos has tocado tanto los cojones,
país de los que duermen,
de los que toman las pastillas ya sin falta,
que ya institucionalizaste tu racismo
para que te quejes del mismo
cuando se te ve la raza.

País que me legaste un pasaporte,
para que pudiera ser un número en inglés,
un mujeriego,
un torturas,
un veneno en las raíces de mi sangre,
nada mas por haber nacido aquí,
país sin nombre,
ya desdichado,
por el que nadie se define,
por el que se calla.

Has rechazado los regalos de todos los pueblos
y te inundas del agua de tus molinos
y se te daña la cosecha
y ni te inmutas
y ya ni las alas que se te quieren prestar
las aceptas
y sacas las uñas
y las otras.

Haces muecas, se te ve
el pedazo de corderito entre los dientes,
se te va cayendo el costado aunque no lo sepas,
se te va birlando el milagro,
se te va mermando,
se te va.

Vas a ser tú,
país de los malabares ahogados,
de las lúgubres pericias y de tantos lagos que nos
podrían regar,
eso nos dijimos,
tu vas a ser, pues ya no respirábamos
en nuestras tierras
que habéis apestado
y desnutrido
como a puercos felices.

Vamos, feligreses.
Éste es el país.
Es éste.
Un país por ser.
Un país
a punto de ser
un país.

Y con dos velas
una visa
y con tres se puede comprar
una casita
donde el aire aun no está teñido de ninguna traba
de ningún color falso del fosfato
y con cinco velas
te sale un canal de aburrimiento
y una antena
pero te dejan en paz
y puedes fingir aburrirte solamente
y también te abandonan
y puedes seguir haciendo
respirar por poros abiertos como balazos
a la cumbre de los sentidos
y también te dejan tranquilo
y ni te lo dicen que lo hacen.

A cambio de una suma
respetable,
y ya para evitar
que se te pongan cuatro bombas
en tus embajadas,
porque a mí no
pero a otro se le
atraviesa un cable verde y no el rojo
o una sobrina deshebrada al obús
por allá donde no tienen nombre,
y a ver qué país

País,
para evitar palizas,
y lanzamientos de mazas
nuestras y tuyas,
fin a las cazas,
fin a las Gazas.

País,
a ver qué.

País
que a menudo rebasas las visas
dale una al wey.

19.6.10

Carnet de rêves III

Essai d’enchaînement de plusieurs rêves très rapprochés dans le temps

LE DÉCÈS ACCIDENTEL DU PÈRE DE TRENNES ET SES CONSÉQUENCES

1er JANVIER 2007

Tout a commencé quelque part en campagne, à l’orphelinat sur la falaise. C’était une vieille construction qui surplombait une falaise de plus de 200 mètres, à la façon des maisons pendantes de Cuenca. En haut de la falaise, à l’étage supérieur de l’orphelinat (qui était l’étage d’accès à l’immeuble se déroulant vers le bas), immense, s’étendant sur des centaines de mètres, il y avait donc un chemin de terre. Tout y sentait le dix-neuvième siècle, et il n’y avait rien d’autre que des arbres à perte de vue. L’orphelinat était religieux, et je ne sais plus qu’est-ce que je faisais là, mais je suis assez certain de ne pas avoir fait partie de l’établissement. Je crois qu’il y a eu une rixe entre quelques garçons, possiblement autour de quelques objets étant tombés en bas de la falaise dès l’un des balcons, suite à un jeu.

Il y avait le Père de Trennes (personnage de Peyrefitte totalement dépourvu de son contexte). Il était sans visage. Il était tellement furieux avec l’un des garçons qu’il l’a forcé à s’installer sur son tracteur. Il l’a tiré par le bras et l’a assis sur le vieux tracteur ouvert, et a démarré avec un tintamarre. Personne ne savait où il l’amenait, mais il voulait clairement le punir. Il roulait tellement vite que, à la première courbe, le tracteur a débordé incontrôlablement la haie de protection pour tomber en bas de la falaise. On a tous couru derrière le tracteur avant même qu’il ne soit débarqué de la route, craignant le pire. On est arrivé à temps sur le bord pour les voir périr en bas, lui et le garçon. Ils étaient défigurés. C’est comme si ces morts avaient fait déclencher quelque peur incroyable, quelque cataclysme qui ne s’est jamais défini. On a su immédiatement qu’il fallait partir. J’étais accompagné d’autres gens, amicales certes, comme presque toujours dans mes rêves, sans être sûr de qui il s’agissait, peut-être d’autres garçons de l’orphelinat. Toutefois on est parti en camion dix-huit roues, vers le sud.

On est arrivé dans une ville nord-américaine vers le crépuscule : c’était peut-être Boston ou Philadelphie, assez ample, avec des longs boulevards et des parcs, un peu comme le premier projet de ville de Washington. Il y avait beaucoup d’édifices historiques, et ils étaient tous assez distants d’entre eux. Il y avait aussi une sensation nettement fin années cinquante dans le paysage urbain. Les lumières de la ville avaient commencé à s’illuminer. On cherchait un lieu pour stationner l’immense camion. J’ai tourné vers le quartier industriel, qui ressemblait vaguement à l’Îlot Fleuri, à Québec, en dessous des échangeurs, d’immenses poutres de ciment. Il n’y avait presque aucun trafic dans cette ville et cela semblait étrange; il commençait à faire noir. J’ai stationné le camion. En sortant j’ai aperçu un beau blond de dix-sept, dix-huit ans. Il était implacablement beau, mais il était habillé de façon assez sale, avec un veston militaire. Il rappelait vaguement Rimbaud et son intelligence était indiscutable. Il venait de se brouiller avec une jeune fille en jeans, qui était partie aussitôt vers le maigre secteur résidentiel au-delà des poteaux, où les maisons étaient délabrées, et dont chaque fenêtre était plongée dans l’obscurité.

On a commencé à parler. Il parlait aussi avec mes amis. Il s’est baissé les pantalons un peu, exhibant sa queue, assez petite et qui courbait vers le haut dans son érection. Immédiatement je me suis précipité pour lui faire une fellation. Il semblait surpris que je veuille la lui faire, mais a tout de suite approuvé mon geste. J’ai mis toute sa queue dans ma bouche, mais pas pour longtemps. On s’est dit qu’on garderait le meilleur pour plus tard. Il a remonté sa braguette et s’est boutonné. Il semblait évident qu’il serait notre guide. Alors, presque surpris, comme s’il s’en était pas rendu compte avant, il nous a dit de détacher la remorque du dix-huit roues, très urgemment. « Mais vous êtes fous, non!? », s’exclamait-il. Cela semblait une erreur primordiale, qu’on avait commis. Selon lui, on aurait seulement dû déplacer la carlingue.

La raison pour laquelle on était là: on devait sauver notre peau. Quelque cataclysme qui est resté inconnu tout le long du rêve nous menaçait. En fait, tout le monde devait sauver leur peau, mais on n’a jamais pu savoir de quoi il s’agissait, même si dans le rêve on le savait tous. Il y avait de la police partout. Je pense que la sensation du danger était associée à un phénomène paranormal, comme des vampires, ou les zombies; mais il n’y avait aucun indice précis. Tout le monde, dans la rue, avait peur. Personne ne nous parlait, et tous se pressaient vers les églises, nombreuses, dont les clochers étaient en train de sonner sans cesse depuis notre arrivée. La nuit cependant ne finissait pas de tomber. Le seul qui nous avait adressé la parole, et qui semblait soulagé qu’on la lui retournât, était le blondinet. Il semblait connaître la façon de s’en sortir, mais était également épeuré. Il nous a dit qu’il fallait dormir dans les églises, professer la foi chrétienne. Lui-même semblait complètement retiré de tout dogmatisme ou religion, et il nous assurait qu’il dormait déjà depuis des mois aux clochers de la ville, mort de peur à la pensée de pouvoir être atteignable par la menace.

On a avancé, guidés par lui, vers la rue principale par où l’on était passé avec notre camion. Cela semblait une promenade angoissante du dimanche, très semblable à la peinture de Munch sur la Karl Johanstrasse. Les gens ne se parlaient pas entre eux, mais semblaient entamer les préparatifs finaux pour un événement annoncé depuis longtemps. Personne ne nous retint. Au loin, on a laissé le camion, et l’on voyait, à chaque terrain de parking, des familles entières de rennes prostrées en groupe sur le sol jonché de plaques de glace. Personne ne s’approchait des rennes : ils n’était vraisemblablement pas la menace en tant que telle, mais il devaient être infectés, ou être l’une des conséquences irréparables de la menace. On nous assura que tous ces rennes, en apparence inoffensifs, étaient très dangereux, et que sous aucun prétexte devait-on les approcher. Les lumières des autos de police et des églises - celles-ci plus jaunâtres mais sans chaleur - contribuaient à l’atmosphère réverbérative de la ville. Le blondinet nous en signalait enfin une à notre droite (l’extérieur : l’église au coin de Mont-Royal et de Bourbonnière; l’intérieur : l’église dans le film CRAZY) et l’on y entrait. Il y avait beaucoup de gens qui s’empressaient aveuglement pour entrer aussi, comme pour toutes les autres églises.

Dans le portique, un chahut étrange se faisait ressentir. On a sous-entendu une conversation : le prêtre de cette église ne tolérait vraiment pas les infidèles. Si nous y rentrions, on risquait donc de découvrir que nous étions pas des chrétiens. À l’intérieur, les gens se ruaient sur les bancs où des grands groupes se formaient déjà. Les gens priaient à haute voix, indistinctement, quelques-uns seuls, mais la plupart dans ces groupes qui se hasardaient aussi dans les allées. J’ai remarqué qu’on avait perdu le blondinet : il se dirigeait sûrement vers le clocher, seul, pour essayer d’y dormir. Le va-et-vient des gens, hautement transportés dans leur délire religieux, était presque insupportable. Dans les allées, dans le jubé, partout, tous semblaient s’attarder à une tâche importante, qui demandait toute leur attention. Il y avait au moins une demi-douzaine d’organistes, et les petits orgues sur lesquels ils jouaient étaient situés partout, à des endroits invraisemblables de l’église. Tout le monde chantait dans une transe désespérée: c’était comme si la fin du monde arrivait à grands pas. À ce moment, nous nous sommes mis à avoir peur qu’on nous démasque. Il me semblait que nous étions peut-être nous-mêmes responsables de la menace, ayant amené le dix-huit roues en ville. Les corps du Père de Trennes et du jeune garçon, morts à l’orphelinat, étaient-ils dans la remorque? Tout était flou : nous nous sommes mis à sortir des instruments de musique de leurs caisses afin de mieux dissimuler notre présence au milieu de ce délire. En effet, il semblait, d’après ce que le blondinet nous avait dit, que la seule issue à la menace était d’être dans les églises. Je ne savais plus dire si cette menace n’était pas moi-même, et j’attendais juste que les fidèles s’en rendent compte.

J’ai voulu sortir alors. Impérativement. Pour le faire j’ai du prendre plusieurs rames de métro. Il me semble que c’était le métro de Madrid, mais c’était tellement immense - en fait grand comme le Web, mais c’était des changements constants de voie qu’il fallait faire(et dans les attentes, Paris, Londres, NY, et d’autres métros impressionnants), et à chaque fois passer par une douane aéroportuaire, et devoir passer nous-mêmes sous les rayons et sur les rails, sans trace de bagage ni de billet, et de continuer, continuer, continuer. Toujours ce foutu métro, je voulais sortir. Il avait des espaces immenses entre les stations aussi à la verticale, or les lignes et les tracés venaient et allaient vers toutes les dimensions. À un moment du voyage, cette fois oui, dans un vieux wagon de métro (style de celui de Madrid en vigueur sous Franco) avec l’ampoule qui perd constamment sa tension pour la regagner aussitôt, avec un tremblement frêle du courant, nauséabonde, il y avait des hommes derrière des journaux qu’ils ne lisaient pas. J’étais compressé contre le coin du wagon. À un moment j’ai eu conscience de devoir prendre un avion (vers où?). Les gens, tout le long du voyage, se succédaient sans visage à un rythme haletant, en toutes sortes de directions. Je voulais sortir, toujours, mais je ne désespérais pas complètement. Impression de visage grincé, d’omoplates contractées, de malaise, de froid peut-être.

Puis je l’ai fait : je suis sorti par une trappe. J’avais aperçu une femme, d’une élégance et d’une beauté presque aquilines, habillée en costume des années trente, accoudée sur une passerelle supérieure, que j’observais selon mon train (invisible, cette fois, à cette correspondance) arrivait à une station. Cette femme m’a permis, par sa particularité, de fixer le flot débordant de mouvement autour de moi, et j’ai vu la trappe. On ne s’est jamais parlé. Tout le long du voyage j’ai été seul.

La trappe donnait sur l’extérieur. Il faisait encore nuit, un peu plus peut-être, mais pas plus que quelques minutes dans la lumière de la ville nord-américaine dont j’avais quitté l’église. Impression d’avoir voyagé très longtemps et très loin, sans avancer beaucoup. Je ressortissais d’une bâtisse à l’architecture Gaudienne, magnifique. La trappe était invisible dès l’entrée principale, qui était pleine de lumières de cinéma, avec un tapis rouge dérobé à son entrée - je n’ai pas été aperçu. Devant moi, une bâtisse de trois étages au milieu d’un stationnement. Il n’y avait pas de rennes. Il faisait quand même beau ici, une plus belle température. Derrière, un secteur résidentiel européen, années soixante-dix. J’ai marché vers le stationnement, d’un pas modéré. Apercevant une Citroën 2CV, ou deuche, jaune AZL, très délavée, je l’ai reconnu instantanément comme étant ma voiture. J’avais en effet les clefs. Lorsque tout semblait normal, et que j’avais accepté que cette voiture était à moi, et que je pouvais la prendre, mes amis sont apparus aussitôt, déjà assis dedans, tels que je les avais laissés à l’église.

On s’est débattu sur qui devait chauffer. On m’a demandé si j’avais un permis. J’ai dit que oui (tout en sachant que je n’en avais pas), mais j’ai fini par céder la place. Je ne connais toujours pas l’identité de ces amis. C’est alors qu’est passé un convoi d’adolescents irakiens, chemises blanches et vieux shorts. C’est alors que tout me semble évident : j’étais à Bagdad (j’ai su en me réveillant que Saddam Hussein venait d’être pendu). Les gars portaient des instruments comme des trompettes (les sons semblaient venir néanmoins d’ailleurs) et des grosses-caisses attachées avec des cymbales : ils défilaient et chantonnaient. L’un tenait une bannière. Un autre me parut beau, c’était le dernier. J’ai voulu oser lui toucher l’épaule pour lui regarder le visage : il s’est tourné. Ses yeux étaient verts et pénétrants. Je lui ai dit : « tu as les yeux les plus beaux que j’aie jamais vu ».


LA SCÈNE AVEC LA COMTESSE ET XOPHE GOTYÉ

30 DÉCEMBRE 2006

J’étais dans un bordel circulaire, immense. C’était un immense couloir en cercle de trois mètres de haut par deux de largeur, gothique, entièrement en velours kitsch boutonné et drapé, aussi les murs et le plafond si haut. Il y avait des portes, immenses aussi, contreplaquées en or et décorées de toutes sortes de statuettes gothiques. Le cercle était si immense qu’il n’y avait pas moyen d’avoir l’impression d’avancer en avançant. Ça devait prendre dix minutes d’en faire le tour. Je me sentais comme un nain. Je savais que chacune de ces portes-là donnait sur un sauna, que j’étais bel et bien dans un bordel. Soudain, j’ai aperçu des hommes en petite tenue, une serviette couvrant le sexe, qui marchaient derrière moi dans le couloir. Comme par miracle, je suis tombé sur une section du couloir destinée à l’escalier de service. Celui-ci contrastait vivement avec le faste dont je venais d’être témoin : il ressemblait vraiment à un escalier de service dans une facilité de l’armée, et faisait un bruit résonnant et épouvantable, en métal. Au terme des escaliers, il y avait un autre étage, identique au précédent. Tout se répétait alors, jusqu’à ce que trouve un escalier menant sur le toit. On aurait dit le toit de la faculté de médicine de l’université McGill. On était clairement dans un grand centre-ville, plus haut que les autres gratte-ciels. Il y avait une piscine. Allongée sur un canapé de plage, à côté de l’eau, la célèbre Comtesse Maya von Schönburg m’accueillait avec ses lunettes fumées. Debout, à côté d’elle, avec l’air hautain et même diabolique, en robe de chambre, nul autre que Xophe Gotyé. Il fumait un long cigare de femme avec un porte-cigarettes. Il m’a dit simplement : « je t’attendais ». Je me suis senti devant un tribunal, et j’ai eu peur.

Carnet de rêves II


6/7 JUILLET 2008

En bas à gauche de mon lit il y a encore un bout de doigt luisant puis je ne reconnais pas ma chambre, elle doit être rendue médiévale. La chaleur est suffocante, je cherche à reconnaître la fenêtre horizontalement, mais soit ma tête est irrémédiablement tournée, soit je ne suis pas au bon endroit, et je dois chercher un autre réveil. Si mon cri est réel, il me réveillera. Comme d’habitude, il ne décolle pas, il reste dans ma gueule comme si mon appendice vocale avait été sous-développé, comme si j’avais demandé de lui un labeur trop distant de ses possibilités. On se retrouve peut-être dans des grottes ancestrales, où les substances sont lumineuses comme le krypton sacré, et là on se livre à la recherche du capitaine perdu. Je ne sais plus c’est qui ce personnage : on ne le trouve pas, c’est su. Mais partout il existe une terreur incroyable de celui qui vit 5000 ans, un Styx qu’on ne peut pas endurer : là où les autres créatures se meuvent trop vite car elles n’ont pas de véritables viscères pour les alourdir. Ici le désavantage est le nôtre. Je reconnais, dans l’entre-rêve, la cuisine de l’appart de mon enfance en temps réel, délabrée et obscure. L’équivalent aurait été de se retrouver tout à coup dans le bureau qu’on a fréquenté à tous les jours pendant la journée, mais le soir : tout est pareil, mais tout est transformé, permuté à la dérive des symboles. On ne s’attendait pas à être soudain ici. On ne connaissait pas cet angle aux affaires banales du quotidien, que maintenant elles se voient projetées dans une intemporalité prime, dans un désastre annoncé. Plus jamais pourra-t-on les voir comme avant.

Carnet de rêves I


FIN AOÛT 2004

Je suis dans un camp d’entraînement Romain vraisemblablement, et ma position là-dedans est peu définie, mais on dirait que j’étais le conseiller philosophique, artistique, ou vénérable de toutes ces troupes de jeunes hommes. Il y avait devant moi une troupe d’éphèbes, torse nu, prêts au combat, et qui venait de recevoir des ordres d’un général ou autre haut cadre. Là ça a été à mon tour de parler. Une centaine de têtes se sont tournées vers moi, il y a eu un silence. J’ai commencé par dire que je savais que la forme physique était importante mais que je n’avais pas poursuivi cette voie dans ma vie. Après j’ai pensé à dire que eux par contre ils avaient tout compris, et que par conséquence ils étaient extrêmement beaux. Au moment où j’ouvrais ma bouche, je me réveillai.


13 SEPTEMBRE 2004

J’étais remué dans mon rêve initial, dont je n’ai plus de souvenir, par la conscience que l’imprimante chez nous était en train de passer plusieurs feuilles à chaque impression, par erreur, et qu’il était impossible de l’arrêter.

CUATRO (1998)


1

Ya no fumes más, me dijo el explorador, plagado de ópio. Es que tengo la carne fría que me está estudiando la anémia, y como no me hace falta ni tensión ni parecer veo un límite estereotípico que me emociona. ¡Qué grande eres! añadió el médico, parece que tuvieses un plato de técnica a tu servicio. No hay de qué, le repuso el aviador, e immediatamente se fragmentó la explosión, que duró (intermitentemente) varios segundos desconectados. Hizo falta un hombre (y medio niño) para poder levantarme de aquel sucio tejado de lujo (que estaba anunciado como si fuese gris, pero que en realidad tenía más tendencia a un sabor parecido al del melon pasado de cuatro semanas) y bajarme al parque, donde estuvimos viendo pasar a viejos con poderosas espadas de imponente hierro. Veo que se te viene el mundo encima, me dijo una atleta horrorosa que por allí pasaba y yo la repuse que jamás me recuperé bien de aquella hemorragia interna que me había salido en una uña del pie, un día caluroso y lluvioso – con olor a sal. Y aún más, quiso besarme y yo la agarré con fuerza del cuello y besé su pesado pene hermafrodita. Después llegó la primavera, y en un abrir y cerrar de ojos, se me fue el sol y me quedé sin aire.


2

Róbatelo todo, si para que llegue a darme epilépsia es necesario que pase toda una generación (cuarta, quinta, sexta llamada al servicio de caballeros) no veo inconveniente en que me lleves a volar, le dije al aviador. Hace tiempo que no vuelo, añadí nervioso, como si fuese aquello una cumbre helada de montaña. Supe también que el aviador tenía hambre y fue por eso que quise serle fiel a sus grandiosidades. Me hacía falta tambien un pensamiento superior (¿me entendéis? de grandes alturas) y por eso subí. El aire tambien faltaba por allí, pero quiso ser tumba de mis dolores porque se interpuso una serpiente de colores que nos persiguió aproximadamente cuatro minutos después del pesado despegue. El aviador no tenía miedo, pero yo temía sus tentáculos hambrientos (porque podían haberme devorado). ¿A donde vamos, aviador? El hombre me repuso sin palabras que visitaríamos al explorador, en un murmullo (muy suyo) de exaltación. La serpiente se perdió a medio paso, vi el parque, la ventana que se abría y cuando llegamos a la nube ya pudimos caminar solos. ¿Ves? me dijo el aviador, ¡ya no nos hace falta el aeroplano! y el peso fue disminuyendo hasta hacerse insoportable. ¡Que belleza, que gritos! ¿Acaso de aquel vértigo infeliz y desapreciado iba yo a hacerle caso a mis pesadillas? Me tumbé con las rodillas al revés y el aviador bajo un brazo y le mordi la nariz al expresivo explorador. ¡Cuantas ganas tenía de verte! me espetó – algunos minutos más tarde ya me había enamorado de él.


3

Escalamos. Tengo un ciprés a mis rodillas, un fruto a la altura del menisco y un tumor de pecho. Me resulta agradable conversar con el viento, porque responde vicioso, en un trabajoso intento de aprender nuestro estúpido idioma (cuatro años antes el viento había aprendido a silbarme pero yo no le comprendía porque el médico siempre me hacía sombra). Después tuve un intento de convertirme en cómodo sillón aéreo pero fallé porque las copas de los árboles son (han sido y serán) extremadamente aparatosas. A dieciseis mil metros chocaron mis colmillos contra rocas y obtuve un dolor a cambio (aunque primero, durante algunos ssegundos, el dolor temió hacerse presente) que el explorador mitigó con pan muy seco. Le prendió fuego y me exhortó que me lo comiera ardiendo. Gritaban las llamas del dolor pero el aviador no estaba atento, y por un descuido se convirtió en su propria antítesis. ¡Cómo me duelen los pulmones! chillé desesperado mientras el explorador quemaba más alimentos. Su respuesta fue tan tranquila que por un momento creí que era el médico. Disfruta del olor del destrozo y la ceniza, cíñete fuerte al estómago. En mi desmayo inminente creo haberme preocupado por el aviador, que siguió escalando para escapar de si mismo. Histérico, se detuvo por encima de nosotros y rotó sobre un eje invisible – fue así como consiguió canalizar la segunda explosión.


4

El despertador me había alistado en la marina hacía cuatro años, pero la muerte instantánea del capitán de navío por hundimiento voluntario solo consiguió su póstuma expulsión de la milícia. Cuando recuperé el conocimiento, hacia las cuatro de la mañana, vi el mundo comenzando su loca carrera suicida y quise ser parte de aquello, pero estábamos ya por entonces muy alejados ; escalábamos en silla de ruedas. La tercera explosión detonó al aviador voilentamente, se movía en convulsiones y llantos mientras se despedazaban sus trozos astillados de madera de aviador. El explorador intentó quemarle pero fue demasiado tarde – su antítesis pudo con él y le dejaron la cara rosada y solitaria, con un sudor frío que emanaba de sus zapátos de deshollinador. La caída comenzó lentamente, y el tiempo se paraba a impulsos retóricos en los cuales nos lamía la sed. Su plegaria, la del explorador, fue la de llegar a la cima – pero éramos pocos y estábamos a punto de implotar de paciencia. El tiempo se detenía cada vez menos paulatinamente, cada vez más oscuro y pronto la realidad fueron latídos absurdos de movimiento seguidos de pausas de tensión retenida y silencios abominables y ensordecedores. A cámara lenta, paso a paso como una semilla enroscada, el explorador se dirigía hacia mi pero no podía hablarme porque el tiempo se detenía y le interrumpía. Se ahogó en rojo de gritarme en silencio y emitía rayos y avisos de peligro en esos instantes de paralización que mis rodillas no podían soportar más. Caí desmoralizado, el explorador cada vez más cerca. (La antítesis del aviador debía de haber alcanzado ya la cima). A saltos, me incendié de dolor, los bolsillos me lloraban: al fin la carne se me consiguió calentar. Comprendí momentos antes del coma que la última explosión me pertenecía. Era ya carnaza caliente y estertórea – mis venas se inflamaron como tubos de alta presión y perdí la visión a 44.4 grados de mi eje posicional. No podía entregar mis ojos – las espadas de los viejos me apuñalaban hacia afuera en estiramientos y encogimientos de multitudinarias fracciones de segundo.

El sonido de la cuarta explosión nunca llegó a mis oídos.

11.6.10

Fragmentos de una válvula de escape


1.) Pienso en el paso desnudo,
sin aceras ni lujúrias,
solo auguros
que rasgan con tus garras
de pan duro
mis ásperas caderas
y tu fruto.

2.)
Amarillo rompe el viento
con holgura de ciprés
ensimismado;
corta velas con soltura
de sastre erudito.
Posée desaforado su
poder maldito
– la hormiga que
llena mi vientre.

¡Disuélvete en mi corta acidez,
en mi fatiga de comunicación!

Amarillo, mi diente enfermo,
moribundo de corona a raíz
de malos tratos;
grave infección.

3.) Tengo un callo en el pecho
un vientre anudado y doliente.
Un clavo me arde en la frente
cual moneda de la suerte.

El caos invade mis brazos
se rompe el silencio en sollozos,
y allá donde son más libres
oigo sus perros ladrar.


4.) :

¿Me pertenece acaso esta
bala perdida?
¿Y esta luz? ¿Y este
tremendo deseo de
desequilibrio?
¿Tan inminente es mi ablución
que no tengo derecho al castigo?
¡Aquel que yo me imponga,
y no el tuyo en desasosiego!

5.) Creo en las metas imbéciles.
Tiene más trivialidad mi ombligo
que el resto del mundo.
Compadeceros de mi, que yo solo
daré patadas al aire,
encerrado en mi microéxtasis.

6.)
Se rompió el aire
y no pude respirar.
(VOY A MORIR ASFIXIADO)
Se marchó el hambre
y me quedé en el Edén.
(VOY A MORIR DE ANÉMIA)
Se rompió la mente
y olvidé como llorar.
(VOY A MORIR APAGADO)
Se marchó el cierre
y treparé a las cumbres.
(QUIZAS MUERA ASESINADO)


7.) Espero un ataque cardíaco mañana.
Me prometió que vendría
sobre las diez (diez y media).
¡Ay de él si no me sobreviene!
A cuchillazos limpios
(aunque manchados
de mermelada)
atraparé su fugaz dolor
y atacaré su corazón.
¡Ven aquí, maldito héroe!
Respeta tu condición.

8.) La rubeola, atormentada por
el voyeurismo microscópico,
se enfada y envirulenta.
Fuera del laboratório
mitiga su sed; viciosa
peligrosidad a mil aumentos, o
segmento de hermosura,
armonía de elementos.


9.) EL COHETE CAYó EN EL RíO
Y NO EN LA LAGUNA. STOP.
LA FUERZA HIDRáULICA LO
TRANSPORTó SIGILOSAMENTE
HASTA EL PUNTO EN QUE
LO ENCONTRASTEIS. STOP.
EL FUEGO QUE EMITEN SUS
TOBERAS SE VUELVE MANSO
EN EL AGUA. STOP. ALTO
EL FUEGO. STOP. PARAD
EL RESCATE. STOP. EL AGUA
COMETE INCESTOS INCESANTES.
STOP. EL AMOR ES A
VECES IMPOSIBLE DE
ROMPER. STOP. VOLVED
A VUESTRAS CASAS. STOP.

10.) Apoteósis de guerra púbica.
(ADOLESCENTES CONFUSOS,
LIGERAMENTE ENTRAÑABLES)
Soy culpable de tristeza
(sin sal).
Emerge su cabeza calva
en otro universo vírgen.
LA PAZ CONSIGUE ALTERARME.
Mi vício es ya casi canino,
afilo mis dientes día a día.
Mi vacío supone sospechas,
graves tendencias al odio.
UN ESPíRITU NACE DE PIES A CABEZA
como un ciprés extranjero.
Dejádle ser, que no crezca.

11.) PASILLOS INAUDITAMENTE INALCANZABLES
SOLLOZOS TIMIDAMENTE AMENAZANTES


12.) Soy un arma. Quiero ser mil hombres a la vez.
Diez mil. Diez mil millones : ¡mi propria
revolución!
Aún respondo a mi nombre.
Soy un arma.
(EXTRACCIóN)

13.)
ANATOMIA FRACCIONAL DE LOS
FELINOS AMAZONICOS (que gustan
de algunas zonas en particular, más que
de otras zonas).

INCIPIT :

Deja ya tu traje de gato nocturno y háblame.
Sé que eres estéril como las mariposas
Híbridas. No preocuparse.
NIL DESPERANDUM.

14.) Me hueles a perfección
a protección de mis abusos.
Fumémosnos un Habano.
Hacemos las paces
y luego me fusilas
con la conciencia
inciertamente tranquila

9.6.10

Rima de las balas


Cuando vuelvas tu vientre lleno
Sobre mi espalda desnuda
Abras cumbres, inmortalices asco,
Venzas barreras oscuras
Sientas frentes imantadas a tu pena
Abrazaras la espada
Abrazaras la fiebre que te dieron.
Contacto : vicioso contacto
Como un cigarrillo que no se apaga
Por más que lo aplastes.

*
Crece, lento atardecer de lluvia
Las luces certeras arrebatan
El hambre cada mañana, se pierden
En un nudo de corbata.
Osar es solo comenzar:
El mundo es una boca de ballena,
Una urna de cristal en la que entran
Tierra y aire, agua y pena.

*

Aun estas caliente de electricidad –
me la pasas por los dedos, la corriente
me traspasa por las palmas,
tus cabellos erectos como ciudades,
en contemplaciones tus pupilas y las mías
se contraen y dilatan once veces
por segundo, en un ritmo loco de
complicidad. Ahora entiendo que
no te han robado el alma, sino que
se escapó, morada, por el enchufe.

*

Penetran balas
– me atraviesan como en Dallas.

Huelo fuego
– suelta efluvios como el miedo.

Sueltan lastre
– evitamos el desastre.

Caen bengalas
– es la rima de las balas.

Soy bendito
– mas prefiero ser maldito.

Cuento voces
– más que en bodas hay arroces.

Pinto cosas
– balas, fuego, hombres, rosas
y hasta mujeres hermosas.

6.6.10

Jésus de Vienne


En peu de mots, résumer la kabbale. Arriver à une poésie traduisible, non seulement en nombres qui s’équivalent, créant des rapports cachés qui se révèlent à l’étude, mais aussi encourager une sorte d’étiquette qui favorise l’énigme comme la propagation des croyances. Rien d’exclusif, ni comme le Pic de la Mirandole, rien de dogmatique, ni de déiste. Mais un tout qui permettrait de rapporter toute l’expérience d’un groupe de sens défini, ce serait déjà une percée, une bataille gagnée contre la noirceur qui hérisse et se défend.

Ne pas devenir de nouvelles Hypaties, garder, garder. Regardons la dodécaphonie comme l’histoire d’une religion : la Trinité, ce sont Schoenberg et ses deux premiers élèves, Berg et Webern. Schoenberg était juif, converti, donc Saint-Jean était Mahler. Jésus de Vienne de surcroit s’est fait tirer à mort par un soldat allié (ou centurion contemporain) dans le beau décor alpin; il s'agit donc du martyr dodécaphonique, point d'arrivée et de départ de toutes les pensées. Anton von Inri. Mais Boulez est comme Théodose – pas content d’adhérer, il punit les païens. Adorno est un Paul de Tarse tenace, assoiffé d’un pouvoir illusoire, Stockhausen est le néoplatonicien, le Saint-Augustin ou mieux Maître Eckhart si l’on veut, Nono pourrait être une nonne, et Messiaen pourrait bien être lui-même, déjà à moitié saint et à moitié fou, mais en vérité un païen déguisé en siècle.

L’antipape est définitivement Ligeti, et l’on danse tous en rond.


C’est qu’ils n’ont pas fait de la musique, ces rêveurs, ils ont crée une utopie sociale musicalement réalisable. C’est une musique sur le papier. Ils ont hiérarchisé la musique au maximum (cf. Modes de Valeur et d’Intensité) en prétendant rompre une hiérarchie naturelle, païenne (les systèmes tonal et solaire s’assimilant) qui est celle du spectre électromagnétique. La musique dite spectrale n’est qu’un essai de réconciliation déguisé en schisme hérétique : les séries fondées sur des tierces, Berg, et Ravel, étaient très mal vus dans les années soixante et soixante-dix, en culture franco-allemande. Il faut rappeler que ces totalitarismes ne sont arrivés en Europe qu’après la guerre mondiale et la complète banalisation du rôle de l’art dans la société.

Mais comment, en 350 ans, a-t-elle fait, sans Twitter, sans télé, comment a fait la religion chrétienne pour s’étendre aussi vite? Sans doute les juifs, qui n’étaient pas très prosélytes, n’avaient pas le goût de faire entrer n’importe qui dans le judaïsme, mais au moment où la chrétienté devient chose ouverte à tous, c’est la première religion ouverte comme telle. Une vague énorme, qui déferle jusqu’à nous jours, s’est forgée, dans les mots surtout. Des mots parlés, des mots écrits, des mots transcrits, des mots interprétés, des mots mal interprétés. On parle du téléphone arabe, et c’est ça la Bible, ou n’importe quel autre cadavre exquis.

Or récréer ça, aujourd’hui, c’est peut-être possible dans un temps réduit, dans le temps d’une vie, dans le cadre d’une œuvre d’art, ou d’une exposition. Mais les gens ont changé, et les histoires analogues aujourd’hui sont les tendances, les potinages sur Facebook, et à l’époque c’étaient les miracles de Jésus. Et aujourd’hui le temps de concentration est minime, parce qu’on est toujours distrait, on a toujours mille choses à faire, il reste toujours peu de temps…Il faut croire qu’un phénomène cohérent ne soit plus en mesure d’accaparer l’attention de la masse.

Aux États-Unis, pléthore de petits groupuscules religieux, des fanatiques aux moutons, tous très impressionnables, incultes de leur propre histoire et crédules jusqu’à la moelle. Des fois des scènes du Convulsionnisme parisien de la fin du XVIIIe se recréent au beau milieu d’une plaine de maïs, et sur un réservoir, une girouette tournant sur le couloir sans fin du vent, d’un océan à l’autre, amenant les odeurs mêlées de l’est. Pléthore, multitude aussi de ces émissions de téléréalité, de ces groupes sirupeux, de ces modes passagères, de ce culte de la jeunesse vide, de la façade et de la superficialité.


Ne sont-ils pas aussi des lieux de culte, que ces appareils et ces écrans que l’on regarde videment? D'un culte électromagnétique, fait de neurones qui cuisent? Ne sont-ils pas des dieux, que ceux et celles que l’on voit apparaître immatériels, dans notre salon? Il y a un peu de tout ce fourbissement du pouvoir qui est sous-jacent dans cette escroquerie de l’art-minute, de l’art marchandé, du divertissement et du spectacle. Et rentrent en jeu tous ces téléphones cellulaires aux milles fonctionnalités inutiles, qui nous ont éloignés de la plante, de la terre, de la mort, du feu, de l’air, du soleil, de la lune, et des éléments qui assurent notre subsistance. À ces bestioles digitales, c'est à elles qu'on s’accroche pour mieux voir le champignon exploser en direct, grillant au passage la maison du voisin, et rendant la nôtre radioactive.

Comme le Roublev de Tarkovski, je me demande à quoi bon essayer d’œuvrer, bien ou mal, tout court. C’est, pour Jean Leloup, devrais-je partir ou bien rester, ou devrais-j’enfin tout laisser tomber?, et pour Sibelius la 8ème symphonie brûlée à Ainola. C’est, pour le Christ, le regard au Père sur la croix, et pour Staline, la dernière grande purge de ’53, inachevée. Pour Orson Welles son Moby Dick, pour Pasolini une plage à Ostia, pour Isadora Duncan un beau foulard, un beau piece of paper pour Sir Neville Chamberlain; bref, ne pas devenir de nouvelles Hypaties.


Devenir des Homères, garder, garder.

5.6.10

No te cures...


No te cures los besos
aunque aflijan de alma adentro
y te calcinen de deseo

Ni huyas de las heridas
del fervor ardiendo ni de sus musas
que arañan al amar

Ni finjas que no es bóveda
la que alcanzas
ni dejes de ascender hacia ella

No te olvides de mí en un sueño
ni te despiertes con sudor frío
de los que sienes empapa de augurios

Ni marchites de rubores
compitiendo con crepúsculos
por la lujuria de las sombras

Ni crucifiques la esperanza
ni adoptes en tu rostro
la expresión de las aves sin vuelo

Pero empuja
graba la mente ajena en el lento
aletear de las pestañas

Pero enjuga
recopila tus lágrimas y da de beber
a millones de sedientos

Pero ensancha
abre las alamedas de Allende
los Caminos Reales de Colima

Pero estira
la pasión como una sabana abierta
que la acaricien brisas del mundo

Pero enciende
el fuego de las lunas crecientes
tatuado en la punta de las espadas

Pero espera
pues tan solo un silencio
predispone a la dicha

Tentations Ferroviaires


j’aime et c’est tout
et c’est une horrible ivresse

le monde s’éloigne en pataugeant
de ma noyade

sa difformité bleue et courbe
sur mon museau fourbe
se dresse

*
en sifflotant l’hymne orné de ma mort
défaite du mystère
compréhensible chute s’en suivit

j’avais treize ans et j’
apprenais la mort

(l’esseulement de l’âme dans le temps)

*

pas deux autobus passent
que je me décourage
de porter des abcès béants

le mot décourage
contient la rage et la cour
le décor enragé

dieu (on le sait)
n’est pas sympa
comme une fonctionnaire
que je tuerais

*

milite quand la peur impasse
que trouble-fêtes s’empilent
que bines manquent

mais aussi si tout fonctionne
car c’est louche

*

dis
pour cet immense péril
du demain
les mots nécessaires
et ferme
ma conscience

*

plusieurs mètres de mèche
plusieurs litres
apprenez prolétaires si vous
n’êtes pas messies rampants
à me faire dégueuler
plusieurs kilos d’ammonal
de foisonnants dégâts
plusieurs engins à fabrication artisanale
ont été trouvés
ont été trouvés
ont été trouvés
ont été trouvés

*

ici les gens sont corrects
donc au diable votre loi
je fais comme je veux
essayez donc de m’en empêcher
ostie

discours adolescent?
regardez plutôt mes autres poèmes
gang de ploucs

*

moi je ne donne pas de petit aumône
aux pôvres
je m’en sacre éperdument s’ils souffrent
je souffre aussi
qu’ils se fassent étriper

*

quasi accosté sur le ciment vomi
je quête l’aube claire de mes tressages de gars
et de souhaits idiots

je quête l’aube idiote de toutes mes forces
et si un feu de circulation s’éloigne de ma cadence
j’y vois signe et augure

et si un feu s’allume sur le vermis de ma demeure
qui portera l’eau ardente?
qui sauvegardera le trésor?

*

orthèse câline
massant et corrigeant
massant et corrigeant
un jour tu verras le pont
que t’as fait démolir
par jeu

*

j’imagine que ça va être plein de connards
donc je n’y vais pas
ne serait-ce que j’en tue un puis

il va falloir que je donne des explications
à d’autres connards


*

quand ton gouffre solitaire
tu l’empiles sur les costaux des autres
l’approche de chaque métro
est une tentation de déchiquètement ferroviaire

franchir le quai d’un bond
avec un plié sur l’anacruse

autant de jointures ivres et morcelées
crâne ruisselant
des morsures de métal jusqu’aux os

attention
nous devons interrompre le service
pour une durée indéterminée
sur la ligne verte
à cause d’une intervention ambulancière

comme quoi
il est vrai qu’il ne se passe rien dans cette ville

*

garde une douzaine de mots
et regarde où ça nous mène
le pire qu’ils peuvent faire c’est
de réduire notre mobilité
mais qu’est-ce qu’une frontière
quand la nuit enveloppante peut
nous transporter de l’autre rive

on ne finira pas

1.6.10

Ahuyento de un globo


Mancho abdómenes cual un grillo
invicto bajo la yerba hecha de fuelle
como en un puerto poniente bebo sal
y como un perro en guarida
hurgo los huesos
pero no se puede poner nombre
al catéter del tiempo usado
al cuentagotas que alumbra los gritos
con empujones en la obscuridad
ni a las palabras que se ostentan
un día con todo el mogote en alarde
y al otro cuerno abajo
careciendo del sano orgullo
del que cumple
y con esa vanidad de barro
que no puede ser soportal
de ningún monumento
y sentado entre ellos me aburro
en la mira de un dardo ajeno
sentado al aviso
de traqueteos del tren que no llega
a las cuatro de la mañana
y si los cangrejos hambrientos se desgañitan
a pinzarme y se tragan mis pullas
no me muevo mas de aquí
de este anden estúpido que no quiere
equivocarse
y si soy un trapo de nervios
que se quiten las señales y las vías
y estos inhóspitos pedruscos
y los fogonazos de viajes torcidos
que se apartan los unos de los otros
en el morro y en la esquina de la noche
gobernando con tinta
pero la manilla ha doblado los relojes
más allá de la decencia del crepúsculo
y hay que irse ya
me digo
mira el cielo una última vez
te pertenece
te persiste saber qué vez será
e
insistes trazando un hilo entre tu sabiduría
y el arte en las almas de los demás
en sus casas del futuro
sentados en sillas que fueron nuestras
triunfarás
con los fierros que te sujetan
con las grietas apretándose a las paredes
fosforesciendo
los impunes han florecido
sus bibliotecas de Alejandría arden más
y otros las ignoran
como se queman los tejados de la ciudad
y que el humo de los fieles nos quiebra
en la garganta el polvo negro
desencajando arterias
pero huyendo por las tejas sueltas
excavando cielos sobrevivimos
izando al parecer uno de los primeros
globos de sonda eternos
sin leyes
salvo la de la flotación absoluta
al tanto de nada
sin depredadores naturales
allí a setenta y cinco mil pies
donde pacen vacas aéreas
donde atónitas interrumpen su rumiar
e inmovilizan sus mandíbulas
y nos miran dos instantes
con ojos de vaca llena
y vuelven a hincar las cabezas
masticando nubes

Y sigo subiendo en este globo