BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

24.9.10

Pauvre, pauvre Berg...


Les dernières périodes de Britten et de Chostakovitch sont étonnamment visionnaires, ainsi que organiquement parallèles et réciproquement influencées. Elles se voient reflétées, aussi à partie des années soixante-dix, chez de plus jeunes compositeurs de trois courants complètement différents de la nouvelle simplicité :

a. Les spectralistes mélodiques (ex. Vivier, certaines œuvres de Grisey)
b. Les minimalistes et post-minimalistes, principalement anglophones (ex. Nyman, Andriessen, Adams)
c. Les compositeurs néoplatoniciens, de la lignée de Ligeti (ex. Haas, Eötvös)

Nous arrivons à une nouvelle fourche dans l’histoire de la musique – l’assimilation des techniques accumulées par différents groupes d’expérimentateurs. Le laboratoire prend fin, et ce sont des musiciens comme Schnittke (et surtout sa fin) qui l’attestent. Un peu comme la fin de Mahler – nue, à bout d’émotions. Juste des traces alors, et quelles traces restent? Nous vivons à une époque où la 3e de Gorecki et l’Adagio de Barber sont des vecteurs, définitivement cinématographiques, d’émotion profonde. Ce n’est plus le Sederunt Principes ni le When I am laid de Dido and Aeneas qui cause le pincement au cœur. Krach sémantique, en quelque sorte, qu’on récupère par ces deux vieux potes aux deux phares de l’Europe – Ben et Dimitri. Ils font la paix (et ils étaient tous deux de fervents pacifistes) avec la cicatrice qu’a laissé le sérialisme dans le monde. Le sérialisme est comme le fascisme de la musique : lisez du Boulez pour bien constater toute l’ampleur de cette affirmation; curieux qu’un juif en soit l’auteur, ça devrait tout dire. Pauvre Berg. Ça doit être lui qui crie en coulisses dans Lulu, déchirant le rideau. Pauvre, pauvre Berg.

Et pourtant ils sont si différents dans leur déploiement, Chostakovitch et Britten : Britten commence toujours avec ce qui paraît être une très mauvaise idée, indéveloppable, sous-développée. Mais écoutez le début de la Babi Yar, éminemment russe, et le début de la Spring Symphony, qui est British à mort – et c’est le même monde. Le 3e quatuor à cordes, Death in Venice, et la sonate pour alto, la 15e : ont tout en commun. C’est la même vision de la musique. Voici deux compositeurs étiquetés comme des conservateurs par l’intelligentsia de l’avant-garde européenne (et j’ai nommé le laboratoire d’Olivier Messiaen, sorte de fabrique de couleurs à la recherche de la bonne cacanne pour foutre leur peinture dedans), et qui arrivaient à la même conclusion que, disons Arvo Pärt ou Morton Feldman, c'est-à-dire : le revival de la stasis comme principal voie conductrice de la composition. La stasis était disparue, en effet, depuis Machaut et Vitry, et de Monteverdi à nos jours, c’est le mouvement qui amène la composition, même quand elle est dans un mode contemplatif.

Des compositeurs qui ont arrêté le temps, Ligeti et ensuite Vivier (et non Stockhausen!) sont les premiers en cinq ou six siècles. Des exceptions? Biber, peut être, et le Neptune de Holst. Tout le baroque est plein de faux, voilà le point : même la stasis la plus exquise n’est ici que simulée. Mais on se rend compte, par une voie complètement extérieure, par les marges, du côté de deux artisans du mouvement (oui, Ben et Dimitri, vous l’avez deviné), il y a eu une solution similaire, obtenue par une autre voie. Ligeti structure et lisse une pierre à partir de la complexité totale, du cosmos, dans ses pièces des années 60, et ces compositeurs en apparence mineurs, en apparence vendus aux intérêts politiques et financiers de leurs sociétés respectives, sont venus livrer un message qui est lui, construit à partir de la simplicité totale, de l’humain, et qui égale au même.

Les œuvres de Britten et Chostakovich livrent l’expérience d’une vie au service de la société, comme les vies de Bach ou Vivaldi, mais c’est l’aspect « en forme de testament » qui confère tout le caractère personnel à l’identité de ces derniers morceaux. Et on y trouve une ultime vérité. J’y vois, dans leur voie, comme celle de Schnittke (les 7e, 8e et 9e de Schnittke, sont les chants de cygne du siècle), une réconciliation de tous les courants des grandes musiques écrites. Une réconciliation non seulement dans le ton, (moins dans les éléments de sa facture) mais dans la notion de rôle du compositeur; enfin une envie de recommencer à bâtir avec un nouveau vocabulaire riche et consciemment assumé, dans toute son ampleur. Une envie commune de se battre contre le petit système, contre le petit monde (dans leurs têtes), et surtout contre les politiques qui perturbent l’épandage culturel, menaçant le métier de compositeur, comme si la présence de celui-ci était discutable ou mesurable dans un contexte mercantile de travail.

Moussorgski de la Isla (jouez-moi baroque)


À mesure que je vieillis, je prends de nouveaux repères pour ma musique. Ce n’est plus Mozart, c’est Beethoven, mais ça, ça fait un moment. Et j’apprends surtout de Sibelius et de Purcell. Debussy, Ravel, Schoenberg, Webern, Barber : c’est fini, je n’en écoute plus jamais. Vivier est comme digéré. Je ne l’écoute plus si souvent. Le flamenco, surtout Camarón de la Isla, j’écoute ça sans cesse. Les Charbonniers de l’Enfer, Totó la Momposina y sus tambores. Je me rends compte de plusieurs substitutions importantes dans mes écoutes depuis cinq ans. Pour Mozart donc, Beethoven. Purcell plutôt qu’Haendel. Camarón plutôt que Glenn Gould. Sibelius plutôt que Mahler. Recrudescence de mes critères, baisse de patience d’écoute. Moins de Victoria, Varèse, Bartók, Ives, Schnittke jeune, Grisey, Machaut; plus de Falla, Szymanowski, Monteverdi, Gesualdo, Schnittke vieux, Lully, Gubaidulina, Rachmaninov. Toujours Chostakovitch, Marais, Ligeti, Biber et Janacek. Des fois Bach. Ça va revenir. Je me surprends à haïr Mendelssohn et à me trouver un amour tardif pour Schumann. Berlioz reste un dieu, Wagner reste un insupportable (jamais réussi à aimer ça). Je me surprends à écouter du Rimski-Korsakov et du Scriabine. Complète désillusion avec la musique de mes contemporains. Sensation que je ne comprends plus rien à la musique. J’amortis l’angoisse d’être oublié en écrivant des mots. Déjà, mes dernières partitions commençaient à dériver beaucoup de la technique d’Erik Satie et de Moussorgski (wrong music), mais à la fois on dirait un entêtement avec la passé. Surtout, avec Satie, et voilà le lien avec les mots – j’inscrivais de plus en plus de phrases poétiques à la place d’indications proprement musicales. Ce sont des phrases souvent énigmatiques (p.ex. like scratched Wagner, ou comme une chorale sans dieu…) qui obligent l’interprète à se poser d'autres types de questions d’interprétation, par rapport à sa prédisposition sensorielle, tendance à vouloir récréer de l’intensité pure. Ça ne peut marcher qu’en direct; déçu des enregistrements. En même temps, j’écoute toujours les mêmes morceaux, en boucle et sans répit. C’est possiblement symptomatique que ces phrases commencent à peupler de plus en plus mes partitions. Aussi mon incapacité à mettre mes propres textes en musique. Je suis en fouille de concept, à présent, mais pas de concept conceptuel, mais de changement de perspective et de philosophie. Ce sont de moins en moins les autres et leur perception qui m’intéressent; je tiens à imposer la mienne. J’ai souvent dit, surtout aux cordes, de me jouer comme si j’étais un compositeur baroque, c’est-à-dire, de me comprendre – mes gestes, phrases, lignes, sauts, ponts, etc. – comme faisant partie d’un univers agogique essentiellement baroque. Ça a souvent distrait, plus qu’autre chose, parce qu’il n’y a pas moyen que ma musique sonne baroque, alors souvent c’est passé comme une autre remarque de compositeur (les interprètes savent bien, et n’ont point tort, qu’il faut savoir en prendre et en laisser). Par contre, celle-là est à prendre – jouez-moi baroque.

22.9.10

Dialogue de siècles


Un siècle dépérit, des explications lui suivent. Autant de siècles auront crinqué des météores inhabitables, des sueurs folles dans les minutes qui lui précédaient. Celui-là fait comme chez eux, et il enlève ses bottes au beau milieu du salon de son père. Tendant son bras droit, il promène un verre jusqu’au sommet de son menton et prolonge le liquide dans sa gorge extasiée. Le vieux siècle, qui n’est toutefois pas si vieux, hume son fils dès le cadre d’une porte, inquiet et pesant. Il lui semble que ce jeune siècle est méconnaissable, qu’il ne veut possiblement pas de progéniture, en somme sa prostitution lui hante comme un foudroiement.

Tout tombe, dit-il au vingtième en déposant son verre, je ne veux plus avoir à tenir un rideau si résolu, et qui pèse comme une Sainte Inquisition. Toutes mes actions sont finales, un qu’importe est gravé sur ma raison. Ma plaie est votre plage : les filaments précieux que je vous offre sont issus de vos cornadas les plus vicieuses. Je ne suis pas un prophète mais un témoin ; foutez-moi la paix, une paix furieuse ! Vos déflagrations méritent mon silence, où la grammaire chiera la bile de l’histoire. Je ne voulais pas avoir à vivre ; personne ne me l’a demandé, et j’ai vécu. Sur la cime de ta gloire, quand tu voudras bien me passer le pommeau, je m’immolerai. Quand tu voudras me sacrifier pour exaucer les souffrances terrestres, je refuserai ta volonté ; et quand tu feras la guerre pour me défroisser, je renoncerai de me défendre. Mes paupières couvriront tes yeux, car tu m’auras légué toutes les affections respiratoires et immunitaires. Rien ne te touchera de cette peine, et déjà en flagrant despote tu secoues la tête et tyrannises, serait-ce pour justifier ma douleur. Combien de créatures honnêtes, moulées par les mains de tes ancêtres, se seront données mort à cause du déshonneur du temps. Ta caricature perverse contraste avec tous ces visages graves, ces daguerréotypes noircis et endommagés, à moitié fictifs, qui pendent le long du couloir. Tu es le premier siècle suicidaire (que n’auraient-ils pas donné ces vieux tyrans pour te vivre !), véritablement naïf devant la perspicace de ton propre père. Dix-neuf avait tort, mais il n’en avait pas fait carrière ; ton tort à toi est cuit au vif, tu en as voulu à tout le monde. Et moi, ton fils, je serai l’enfant assassiné : tandis que tu auras eu un amas de ressources pour te différencier des siècles passés, tu ne m’as légué que ces armes mortes, que j’ai rejeté de mon corps perplexe, et qui ne m’assureront jamais de survie possible à l’étreinte de ton joug.

L’horreur a dépeint sur les visages, le sang de ces millions de joues a été délavé sur le sol gras qui s’infecte d’un acide irrépressible. Des yeux arides ne scrutent plus, ne reconnaissent plus leur nourriture – et ainsi leurs souffles s’éteignent, mistrals mourants et siroccos ouverts en canal. Ce siècle est le fils de Saturne : le malheur s’empare de lui la bouche ouverte. Son ciel décapite la terre. Dès ses oreilles saignantes regorge un fantôme nasillard, condamné au feu le jour comme le papa de Hamlet. Les bruits du progrès nous noient et l’on songe à une aube interminable. Sur ces visages gavés pend la honte ; sur ces autres la mécanique est rentrée en phase terminale ; sur ces tierces, l’espoir paraît émaner du ridicule. Des états d’arrestation planétaire, suivis de langueurs, évanouissements et vomissements de lave.

La fièvre est aux pôles, et la mode aux abris nucléaires depuis mille lunes. Le plus grand bonheur de petits et grands est un nain de foire aveuglé par la chimie et l’histoire. Des rubans magnétiques enregistrent ses plus graves exploits, et télédiffusent le sirop lent et chaud qu’est la mamelle du monde.

J’ai ici une pierre : elle ne sert plus qu’à poser pour une photographie éternelle, sans fermeture de l’obturateur. Autrefois cette pierre fut une arme, et quelquefois son angle de mort s’est fait sculpter. La civilisation a toujours cherché une mort plus efficace, des blessures plus nettes et stratégiques, et la plus de distance possible entre l’arme et celui qui la déclenche. Un jour donc, cette pierre s’est fait devancer, parce qu’une arme plus puissante l’a réduite aux silices, et qu’avec elle, une philosophie a été conduite au silence.

20.9.10

Cagoules


S’asphyxiant derrière leurs cagoules, les manifestants se font appréhender et lyncher unanimement par l’ordre, le pouvoir, l’argent, l’inopinion publique et la reine des anglais. Ô mais quel déplorable paquet d’hétéroclites, bougeant en apparentes débandades, au langage entrecoupé, aux cicatrices fraîches! Partout une mode s’impose, de porter des cagoules, de s’habiller en noir, de parler de résistance. Même les cigarettes roulées d’une certaine marque, celle préférée des manifestants, ont connu un véritable essor des ventes. Partout où la vraie contre-culture avait réussi à faire passer son message, celui-ci a été intégralement récupéré par les machines d’oppression. Dès la révolution par l’image (comparable en importance avec les âges de fer ou de bronze), les humains sont devenus des sésames ouverts, et l’immédiateté de l’image a permis les plus remarquables viols collectifs de conscience. À travers ce pouvoir, une quelconque image de la résistance a été créée, romantique et un tantinet insipide, qui a permis l’assimilation de la lutte à la machine elle-même.

En tant qu’activistes, quelles que soient nos convictions politiques et sociales, on a l’obligation d’informer, on a un pacte éternel avec la vérité et doit la divulguer du simple fait de notre condition humaine. Où est donc passée cette soif immémoriale de la connaissance? A-t-on cessé de croquer des pommes? Bien avant que les machines prennent le contrôle, et que cela nous semble issu d’un scénario de science-fiction, on est devenus nous-mêmes des machines. On a troqué originalité par mode, inspiration par efficacité, humanité par virtualité; et c’est ainsi que les nationalismes sont devenus un cirque, que l’érotisme a disparu et que le sexe a été banalisé, et aussi que les rapports humains ont pourri par l’arrogance et la peur, que les sciences deviennent des divinités, les arts des marchés et des outils pour subjuguer une population mondiale, et d’atténuer leur curiosité, et de leur imposer une fausse sécurité.

À la merci des océans médiatiques qui catalysent les préjugés populaires, la résistance perd sa crédibilité à chaque manifestation réprimée, et prend refuge dans les petites places qui assurent sa survie du moins à échelle locale. Nonobstant, l’infiltration est omniprésente dans chacun de ces petits cercles subversifs qui se disséminent dans toutes les contrées; aussi l’intimidation et la terreur font partie des méthodes choisies par les oppresseurs pour réduire nos voix libres au silence. Un aperçu de la formation de ces cercles immanents (tout comme celle des sociétés chrétiennes persécutées par l’empire Romain, ou des résistants français et étrangers pendant la République de Vichy) indique l’émergence d’un insondable degré de spiritualité dans l’engagement, une disposition à mourir pour un rêve idyllique devant un regard moqueur, et une rage de plus en plus sagacement contrôlée.


Compte rendu de notre jeunesse, notre plus grave crise a été causée par notre fâcheuse susceptibilité à l’image, les idoles, maîtres spirituels, routines et préjugés historiques, notre manque de volonté. Face à ce cocktail Molotov de l’effacement de la personnalité, il nous est dû d’identifier les rites et les formes qui caractérisent les démarches des sociétés humaines à travers le temps connu. Ces rites et formes sont constants partout et en tout temps, et se répètent encore aujourd’hui. Toutes les divisions sociales, de classe et politique, les caractéristiques particulières de chaque religion, les différences globales de langue et culture, n’en sont à ces rites que de l’artifice et l’ornementation.

Par perquisition, les rites de nos pires individus ont été réalisés au nom de ceux et celles que l’on ne peut pas trouver, car ils gisent dans la foi. Par augmentation, les mêmes rites, segmentés et démembrés, sont devenus des nouvelles civilisations, sous d’autres noms de par ce même démontage. Par ségrégation, l’on a chanté nos différences plus que jamais, à cause du complexe d’infériorité que nous a légué l’évolution, quoique les rites nous unissent toujours malgré nous.

Les jeunes parents de ce nouveau siècle, qui ont été tabassés à pelle et matraque depuis belle lurette, ont compris la complicité que comportait le silence, les signes irrévocables d’une coupure des sens avec leur centre, une vague de finale pour notre conception accumulatrice de l’histoire. Aujourd’hui on se mêle de ce que nous avait jamais concerné : la légitimité de nos gouvernements décapités au crédit des américains, si subtilement couronnés par les déchets de la morale chrétienne, du déclin de l’or et de l’Europe, par la bombe…

Ce parricide socioculturel est source de démolitions et de barbaries partout sur la planète. En ce nom, une culture succédanée et uniforme, sorte de saccharine éthique (qui a joué le rôle trompeur d’une libératrice par d’autant plus de manigances d’action subconsciente), nous est imposée quotidiennement sans que nul ne mette en question l’absence d’opposition à une telle invasion. Cette résistance est pourtant bel et bien là, mais ses plus infimes actions (souvent enfantines, faut-il l’admettre) ne vont pas sans invoquer une réaction d’oppression démesurée de la part d’une autorité autoproclamée, et dont la loi justifierait sa violence.

C’est uniquement avec noblesse que la résistance peut assumer son rôle : dans l’honnêteté et la transparence des motivations et des intentions, dans la clarté et le flair froid jusqu’à la dernière heure. Inspirés par une flamme, où la plupart n’ont trouvé que le découragement qui leur a mené au choix de l’inconscience, notre ferveur se doit d’animer précisément ceux et celles dont le rêve s’est le plus éloigné. Témoins d’un déraillement social de proportions gargantuesques, on a d’abord à justifier la légitimité de notre voix, à trouver l’assurance et l’amour nécessaires qui viennent à être l’essence de notre moteur. Dans notre tranchée, échapper au conditionnement émotionnel que nous impose l’oppresseur, en est déjà tout en défi, faudrait-il encore qu’on gagne des batailles contre lui, et d’arrêter entre nous toute rengaine. Que nul ne s’ébranle devant la grandiloquence : soit nous gagnons, soit tous perdent.

Macondo 252 (after)


Octobre qui s’en souvient.
Mon sang est un Macondo 252 qui ne peut pas être bouché.
Quand on est d'la race des pionniers, on est fait pour être oublié (Bozo-les-culottes).
J’arbore le trait de la tuerie et en sors affaibli (mais je comprends rien! Ta gueule).
Tout le Golfe du Mexique, je connais. C’est une flaque d’eau noire, merci papa.
Toutes les flaques d’eau noire sont dans mon sang, et je me coule en elles.
Je suis comme un désastre, si je n’avais pas endommagé ma caméra.
Je broute. Le boom-boom continue. Cauchemar : c’est populaire.
Cauchemar : des gens acceptent d’être populaires.
Cauchemar : moi, seul avec mes mamelles.
Je gobe des lanternes et la nuit j’émets des lueurs et des feux-follets.
Les ombres se collent et disent que j’ai du talent. Je songe à les écraser.
Je m’en vais au diable avec ma culture encyclopédique.
Je coule et coule.
Instoppable Macondo 252.
Construire comme ça ne devrait pas faire saigner. Je crois en la violence.
Je suis triste qu’on m’ait pris ma place, j’ai foulé la cheville d’un autre.
50 Cent m’a pris ma place, le DJ, le bloggeur, la pétasse du Vieux-Montréal.
Prennent ma place les ignobles. Les nobles bâillent.
Trop fort, ta gueule. Ils me le disent. Va t’habiller.
Émerge seul, casse-toi. Seul avec mes mamelles.
Octobre qui s’en vient.
Mon sang, je ne le veux pas ni de nuit ni de jour.
Je ne savais pas que la vie, c’était ça.
Si au moins quelqu’un pouvait s’asseoir et me dire pourquoi.
Ce n’est plus possible, ça marche plus, ça ne fonctionne guère.
Ça doit être à cause de Jésus, la Wii et le libre arbitre.
Les adolescents, conséquemment, n’apprennent plus rien.
Don Bachardy, ce n’est plus faisable, ils sont trop cons.
Ça fait trop peur, le pas-de-choix.
Ils me le disent.
Évidemment, le choix rétrécit le cerveau.
N’importe quel petit cute est plus cute que moi.
Il constitue un meilleur repas populaire. Boom-boom.
À la sortie des after, le DJ, le bloggeur, la pétasse du Vieux-Montréal.
Ils chantonnent tous du 50 Cent. Ils aiment ça, les atrophiés.
Je ne veux pas de crucifix, mais les apôtres étaient tous des adolescents.
Jésus avait la trentaine, il les draguait en Galilée, dans les after.
Jean Baptiste a trouvé que le petit cul avait du talent, il a voulu le serrer.
Serrer tight son petit cul, arpenter son torse juvénile avec sa langue bifide.
Les ombres se collaient à lui comme un puits de pétrole.
Jean Baptiste et Jésus. Macondo et Cavanillesia Platanifolia.
Il faut absolument voir comment la perversité ne m’habite pas du tout.
Qui s’en souvient?
Ta gueule.

19.9.10

Toute la science gicle


Lorsqu’il n’y a plus rien à dire, les gens s’empressent de commencer des échanges bienveillants, anodins, réglés par la peur. Aussi, j’ai prêté mille fois des affaires qui ne me sont pas revenues. On pourrait me recommander de ne plus rien prêter, mais cela serait un compromis. Aujourd’hui, dès que ça se tait, je m’empresse d’inculper. Moi aussi je suis coupable, et je veux goûter à la lame de la guillotine. Je ne dérive pas, il n’y a juste pas de référence dans votre langage.

Je me fais trop facilement traiter de fasciste. Simplement, aucun mot du lexique politique (ou humain, si vous étiez capables de tuer la politique en vous) ne saurait vous être utile pour ma description idéologique. Seulement ce mot n’existe pas encore et je vous mets au défi de le trouver. Mais si vous le voulez, je serai, pour vous, un fasciste : puisque aucune autre référence n’existe dans l’histoire ni dans votre immédiateté pour définir quelqu’un qui a les idées formées (et non pas des anubis hirsutes), c'est-à-dire qui ne suit pas le troupeau, et qui se plaît à communiquer ces idées – alors voilà. On m’a déjà traité de tout, ça m’est égal, et je n’ai pas de temps à perdre pour expliquer à des connards que je ne suis pas un fasciste (que le fascisme, c’est dépassé, qu’il y a de pires loups aujourd’hui que ceux-là).

Déjà il n’y a plus grand monde qui essaye de communiquer avec moi. Je suis soulagé que toutes ces pleureuses aient cessé de rappeler chez moi constamment, pour être surs de ne pas devoir porter mon suicide sur la conscience. Ça me fatiguait de me sentir la victime chérie, le battu héroïque, et c’était bel et bien là le comité pour le revival du larron crucifié à gauche de Jésus Christ (parce que la droite, c’est quoi la droite?), à qui j’avais affaire. Ce n’étaient que des opportunistes et ça me plaît que ce téléphone soit calme des jours durant. Secrètement, je garde le compte des jours de la semaine. C’est peut-être, à part ma douche, ma seule discipline.

Je me souviens de Darragh, un garçon profondément désadapté, mi-iranien et mi-britannique, avec qui je suis allé à l’école. Au début, il me harcelait. Mais on finit par être amis : enfant, je devais tout régler. Une fois il m’a montré sa bite, j’ai dû croire que c’était mal – aujourd’hui je pense qu’il devait être homosexuel. J’aimerais aujourd’hui qu’on me présente ce terrible marmousin, en offrande, car je commence à considérer que j’en mérite bien une. Au fond, Allah, ça me tiendrait occupé. C’est ce que j’ai le plus aimé du sexe : ne plus devoir écrire. Tout pouvoir dire autrement. Maintenant je suis coupé et je chie des mots qui ne sont même pas à moi. Je les reconnais chez les autres, à chaque fois qu’on se parle. Et pourtant je ne les comprends plus, même si je les reconnais, et que souvent, je dois les utiliser.

Le mal et le bien, ça fait longtemps que j’ai oublié ça. Oublier ça libère. De la loi, des croyances réelles. Je ne suis jamais allé au bout (il y en a qui me contrediront probablement) car je ne suis qu’un vulgarisateur. La science, la science, la science. À chaque fois que vous vous masturbez, toute la science gicle. Et c’est sur l’industrie pharmaceutique que ça pleut le plus torrentiellement. Écoutez, le jour où mes selles me sembleront bien sentir, je les mangerai. À Angoulême il y a un château, j’y ai été. Vous voyez, vous vous dites m’avoir perdu (du chinois, double Dutch), mais les mots y sont toujours, les mots, vous les reconnaissez. Peut-être comprenez-vous mieux maintenant?

18.9.10

Alzheimer (ma tête)


C’est comme l’histoire de ma vie en fast forward, un doigt sur la mannette. Sauf que tout est au ralenti. J’ai un mal de bloc impressionnant – non, sérieux. Il m’urge de me fracasser la tête avec un marteau, je viens d’écouter un film troublant, je viens de me cogner le genou sur la table du salon. Je suis encore avec le film dans la tête et le mal de tête dans la tête et mon mal de genou me paraît idiot, de m’être cogné c’est idiot.


Tout le film était philosophiquement chargé, profond, comme ma vie en fast forward mais au ralenti, puis en me cognant je suis sorti de ma tête trop vite, j’ai regardé mon mal de tête en face, j’ai regardé le genou. C’est peut-être aussi que j’ai trop bu du café, du café de Gaspé, voilà je l’ai plogué, j’implore du cul de l’âme de revoir ce film au ralenti sans avoir mal à la tête. Je suis aussi importé de Colombie que le café de Gaspé, le dépaysement occasionne des maux de tête, de genou, du cul, de l’âme et du doigt sous le marteau. Non, sérieux, c’est idiot : c’est comme l’histoire de ma vie.


Ce sont les dents de sagesse : je ne suis pas assez sage pour pouvoir manger le cul à n’importe qui, de même, consommer une raie. Je suis abruti et innocent, on m’avait glissé des mots par rapport à ceci, comment je ne sors pas de ma tête, comment je parle de ma tête, et franchement ma tête est cool, si vous saviez ce que ça fait en dedans. Il ne suffit pas de la détacher du corps, il ne suffit pas de l’attacher à un corps, il ne suffit pas de visser ou de dévisser ma tête. Qu’est-ce qu’elle a, ma tête?


Elle est cool, ma tête. Vous vous demanderez alors pourquoi je n’ai pas inclus dans ce bréviaire un exemplaire de ma tête, détaché ou attaché à mon corps, pour que vous le vissiez, ou pour que vous le dévissassiez. C’est que je suis innocent et abruti, mes envies de manger des raies ne m’ont pas consommé. On me l’avait dit, que je ne sors pas ma tête de mon cul, que je mange mes dents. La sagesse ne sort pas de ma tête, ça suffit.


Ventilation hagarde, je tourne mes paupières. Est-ce ainsi que je vais crever, immortel et boursouflé? Mes paupières hurlent que mon crâne a cessé de m’abriter, que mon corps veut le divorce de mon âme. Mais je ne tiens pas à mitiger les plaintes ici, ici, ce n’est pas un blog de cul. Ici, c’est du pareil au même, c’est hagard, et je me coince moi-même entre deux portes, je me heurte le genou avec la table du salon. Mais c’est cool d’être dépaysé des fois, de manger des raies, de faire fast forward, c’est idiot d’importer du café de Gaspé depuis la Colombie.


J’implore aux sages ou à n’importe qui, de même, il m’urge comme un marteau sur ma tête. En tout, ce serait plus sage d’arrêter de boire du café, parce que ça donne mal aux dents. Il suffit de se manger le corps, des vices on en a tous eu, non, sérieux. Si vous saviez ce que ça fait en dedans, c’est l’histoire de ma vie, c’est philosophiquement chargé, impressionnant. J’ai regardé ma vie en face, j’ai boursouflé du genou, on aurait dit que tout était au ralenti.

17.9.10

Indes du Nord


Le liquide est constant et les voitures se déversent; personne n’a pas de voiture. On est passé des Hermines aux dix-huit-roues. Je suis sans voiture au gel comme au dégel, ni pneus d’hiver ni transport en commun. Je suis coincé, plus loin que Chandler, dans les creux de la 132, avec la baie au cul, l’automne aux portes et sans le toutou que j’ai oublié à St-Jean. Tout ça parce que j’ai oublié les rites de la colonisation : Jacques Cartier, ses matelots, la 132 et la Reine. Se verser semblable jus dans le gosier n’a pas de classe, mais le paysage est splendide. Je n’avais pas su comment assimiler, coloniser, exproprier le Forillon, je n’ai pas vaincu les glaces. C’est sur que les palais des autres ne goûtent plus à ma bile, mais je vomis dans les algues lisses, dans les vapes d’antan. Cy-gyt qu’y croit, et paf dans la croix. Elle est où? Ça, personne ne le sait. À Douglas ils veulent que ce soit de leur bord; en tout cas c’est passé le banc de sable, l’immense phalange de sable qui s’avance dans la baie, délimitant l’océan ou presque. La baie a duré. Plus que les arches du Rocher-Percé. C’est toute la glu de l’Atlantique qui vient ici se faire épave et microbes, c’est toute la crasse de l’Europe qui a mis le pied sur cette plage, clamant haut et fort qu’au nom du roy, les pierres mangeaient de la marde.




Je ne veux pas interrompre les courants, ni rompre le trafic en traversant le pont, mais je suis Chic-choqué d’être ici, sans Jacques. Quartier de sans-abri, il n’y a pas de ça ici : il y a un hôpital, des voitures de police, des formulaires de l’arctique, tous frais qui sentent l’encre bonne. Je m’abstiens de vie sociale par pudeur urbaine; je crains le mal de mer et des montagnes. C’est le berceau du Québec, c’est l’artefact qui a débuté notre fait français, et c’est pour cela que je n’écris pas en basque ni en micmac, je bric-à-braque des banques de sperme d’outre-mer, je suis le saumon des rivières généalogiques, j’explore une langue-lave. Le trafic qui se rompt s’appelle hiphop pas rapport, port de navire de plaisance, aisance de la plaie du bourgeois et de la pauvre madame qui travaille dans une fabrique de poisson pas d’assurances, sous-payée depuis vingt ans. Elle est comme ce matelot qui pensait revoir sa mie : heureusement il nous reste quelques chansons à répondre, et nous pouvons répondre d’elles. Je vois des descendants des matelots, casquettés et unicellulaires. Mais ces organismes survivent aux glaces depuis 1534; il ne faut pas leur en vouloir. Ce n’est pas que je m’ennuie de Sartre, de Schwartz’s ou de Siouxsie and the Banshees. Ce n’est pas que je m’ennuie d’Espinete et Don Pimpón, du commissariat d’Egham avec son flic poisseux (plouc vaseux), ou du Parking le jeudi soir. Je n’ai pas de char, je récidive, je persiste et signe, comment veux-tu que je m’assoie au volant de quoi que ce soit? Je vis l’impuissance de la route, tout est médiocre qui se dégage de mon semblant de mouvement. Je récrée l’immobilité en différentes postures, voilà tout. Il n’y a pas de mystère.


Ce n’est pas la faute à Andy Warhol, quand-même, que nous soyons des colons. Mais nous devons nous calmer car nous sortirons un jour du i-III-vi-IV et du I-iii-vi-IV et du guitarrisme prévisible de feu de camp. Nous serons scouts de l’Amérique, nous prouverons que nous ne sommes pas des retardés, le gouvernement fera marche arrière et Hubert Reeves sera notre Aurobindo. Je ne dis pas qu’il faille absolument cesser de se nourrir de viande, mais arrêtez de fréquenter les McDonald’s internationaux, tabarnak. Nous sortirons la tête haute je vous le dis Marie bain de sang, aujourd’hui comme jamais je connais ô Québec la différence entre le passé composé et l’infinitif, aujourd’hui, quelque part entre Chandler et Ste-Anne-des-Monts, dans la baie de Gaspé encore coulée comme un fjord dessiné de mémoire sur des centaines de kilomètres. Je vous le dis, nous sortirons la tête haute, comme un frisson, dans la conquête coagulée, dans la craque à l’air de la terre, dans les Indes du Nord, dans le détroit du Ha! Ha! Je suis coulé de la Dartmouth, je suis coulé de la Saint-Jean, je suis coulé de la York, je suis coulé la tête haute, comme un frisson.

16.9.10

Sources orientales (Outgames)


Juste avant le départ, il y avait eu l’histoire d’un gars de Vancouver, né à Macao dix-huit ans plus tôt, et extrêmement tendu et sérieux, qui travaillait l’été à Montréal, aux Outgames, où l’on s’était connu parce qu’il courait infructueusement après S.. Culturellement il semblait très développé, mais là ça devenait impossible d’avoir même une aventure. On s’est vu plusieurs fois et ça ne cliquait que peu, et finalement je lui ai envoyé un courriel lui reprochant de m’avoir écarté sans être clair, toujours avec des demi vérités. Il s’est excusé diplomatiquement en me traitant de bohème, ce qui fut tout un coup haut en couleur, avec son anglais de McGill, que j’égalerais amplement si ça m’intéressait le moindrement de m’exprimer en cette langue. Il faut mentionner une anecdote néanmoins : elle est survenue la dernière nuit qu’on s’est vu, après une promenade quelque peu sur les nerfs au Parc Lafontaine (il avait eu une journée difficile en rencontrant des gens dysfonctionnels, ce qu’il était incapable de gérer), lorsqu’on s’est assis sur un banc. La lune était pleine et il m’a raconté ce qu’il croyait être des légendes chinoises sur la lune, qu’il avait entendues de son grand-père. C’est le lendemain qu’on devait traverser la frontière étasunienne, S., et moi. Il m’a raccompagné à la maison, mais sachant que je devais dormir tôt, lui ayant dit, il a quand même voulu que je le raccompagne chez eux passé minuit. J’ai essayé un bec, mais le sien était aussi froid qu’un caillou. Sur mon chemin de retour, passé minuit, j’ai décidé de parler aux dieux, si ce mot a encore lieu, du moins justement par manque de vocabulaire, j’ai décidé - disais-je - de me livrer encore une fois à la coïncidence en la provoquant d’une pensée. Ce soir-là, marchant à travers le parc Lafontaine de retour vers ma maison, je me suis senti la force. Il ne me paraissait pas possible que l’expérience de C. puisse être dépassée. J’ai dit : je vais faire de mon mieux avec ce que tu (sic) m’as donné, à chaque instant. J’ai voulu une sorte de réponse, impérativement j’ai voulu la trouver. Sur la rue Marquette, que je prends rarement à cette hauteur-ci, quatre boîtes de livres à côté du bac de recyclage. Le premier bouquin que je vois est marqué : La lune, mythes et rites, dans la collection Sources Orientales des Éditions du Seuil, 1962. La lune est toujours pleine, le lien est fait - on m’écoute. Je tourne dans le bac, le deuxième livre c’est le Guide Foddor’s 2000 pour la région du Nantucket, Martha’s Vineyard et Provincetown : précisément celle qu’on projetait visiter. S. m’avait demandé de faire une recherche pour des Bed & Breakfast à Provincetown avant de partir, et je ne l’avais pas fait puisque j’avais raccompagné le gars chez lui, dans sa délicatesse banale. Sans effort, c’était maintenant possible. Toutes les chambres pas chères étaient déjà surlignées d’un trait fluorescent ayant perdu sa luisance. Je me bourrai les poches des livres (nombreux, excellents et en bon état), revins avec un sac, et pris le reste, au moins une vingtaine. Ceci et le voyage ont aiguisé mes sens, et au retour j’ignorai complètement le gars de Vancouver et me remis à peindre une dernière semaine, avec toute l’intensité possible. Après ce fut la rentrée scolaire - le moment tant convoité l’année précédente fait volte-face, et ça devient insupportable d’aller aux cours, de voir les gens. Je veux partir, mais je dois de l’argent. En honnête imbécile, je suis resté seulement pour rembourser les dettes que j’avais contractées envers mes proches pendant un été libre. Je suis resté aussi un peu par paresse, mais surtout par curiosité. Je croyais avoir trouvé un nouveau moteur de vie étendu sur ces plages de Sainte Irénée, sur les étendues liquides semées de pierres arrondies et d’oasis d’algues, désirant monter bien plus haut que Bergeronnes, qui n’était que la petite porte du Nord. J’étais sûr que, porté par le traversier vers un paysage bien plus réaliste, l’art qui germait en moi allait fleurir beaucoup mieux qu’altéré en cette ville tiède et pleine d’encre nocif. Pourtant, il pouvait aussi ne pas être aussi tard que je le pensais.

s=ch & ch=s (merci RBO)

ainsi:

au passage de ses cuisses

un bruissement lisse se détache

une caresse chuchotée de Thrace

qui chevauche et triche

devient:

au pachasse de ché cuiches

un bruichement liche che détasse

une careche suçotée de Trash

qui sevausse et trisse

Slogan-o-manie


Ce n’est pas la peine de déchirer un trèfle, ou de faire une greffe de feuille au commun des trèfles.

Ce n’est pas la peine de passer sous un escalier si celui-ci ne s’écrase pas sur nous.

Ce n’est pas la peine de regarder le corbeau dans les yeux quand on peut regarder la télé dans les yeux

Il suffit d’une mince malchance pour que l’embonpoint se déclenche.

Un pianiste de ballet sans sa gomme est comme un bateau sans sa sirène.

Regardez les barbus – ils n’ont plus de lèvres!

Slogan absolutiste pour les présidentielles irakiennes : Soulevons le réel avec le poids émotionnel.

L’ouragan est pressé de se pousser dans le vent et de se presser contre la poussière.

L’imberbe s’abreuve d’eau maculée.

Inutile de mourir encore, vous avez bien réussi la première fois.

Gardons le cercle.

Panneau de signalisation routière : Attention, orgasmes sur 2.5 km.

Panneau de signalisation aéroportuaire : Incontinent(e)s s’abstenir du vol.

Panneau publicitaire : Les imbéciles ne lisent pas ceci.

Menu : Filet de bave dans son jus, servi avec coulis de choix, 23 $.

Menu : Lorgne à la Bruxelloise, servi avec ses treize chats, 37 $.

Le pire, ce sont les ongulés.

Si la finalité de ceci est cela, alors ça.

Très souvent les cloches pendent pendant des siècles.

Uriner, c’est d’ennuyer sa vessie.

Son tronqué ne survit point.

Les satellites turcs sont les derviches de la planète.

Cent-vingt-sept crucifix par seconde.

Importer des autochtones.

L’économie portugaise et la choucroute : voilà qui définit l’ataxie de qui réunissent ces syndromes.

Le gouvernement a établi un poste d’observation météorologique en enfer.

Les coqs sont les couteaux suisses du grenier.

Un coq s’avère pratique lors de l’ouverture d’une bouteille de vin.

Simplement insérer les griffes dans le petit étau rouge, et attendre de ne plus avoir de main.

Plusieurs ingénieurs chimiques miniaturisés ont séjourné dans mon colon après un repas copieux, ayant pour but la recherche et le développement de nouvelles énergies renouvelables.

Si le lait caille, il caille à dos.

Mets-moi ça sur moi (la ballade du surmoi sournois).

Même si les cyprès changent d’angle, ce sont leurs racines qu’il faut observer.

L’opprobre est plaisante pour d’aucuns.

Mentir tue, mourir ment.

Mentir tue, je m’en tire-tu?

Qui vit dit vrai, qui dit vit vrai, qui dit vrai vit, qui y vivrait, dis?

Déployant jambes, gauche, droite, gauche, droite, g…

Stockholm c’est loin.

Page par page, les parages propagent le passage de rages.

Du Beethoven c’est assourdissant.

À la question moins de jus et plus de fruits v/s moins de fruits et plus de jus, vous avez répondu plus de vitamines et moins de sondages.

Il faut des nains, il faut des nymphomanes. Faux, man.