BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

28.11.10

Fivefold


my body is room for injustice
where grief has carved into the battle
no somnolence must be allowed
no diminishing of the potent flows of gods
in the currents nor the winds
northern climates have bereaved me
bedazzled me wrongly
free to choose demeanor
only to choose behavior
and to fathom only ugliness
as the realm for the future



look
it’s not about races
and it’s not about class
but there are natural hierarchies
and all other systems
must be
if not suspended
at least suspected and disrespected
thoroughly
because they wreak havoc
and we know this
many times over
it’s not about any sort of distinction
that has already been enunciated
or theorized upon
nevertheless
there are inferior beings
and then there are others
look
it’s not about races
and it’s not about class
but there are natural hierarchies
that leave traces
that don’t just pass
and can no longer be denied



there is a great honor in course for the weak
– emasculation of their soul
now pirates, grieve!
plunder your own awry tower!
caskets well-received
– and immunity to hatred
and impunity
a toddler’s dream to fight off the anger
and by that win back
all the stolen awakenings
and coolly overcome frustration
blooming unto others what has blossomed
but without love
– o anger conquer me daily
as you creep back surreptitiously
into my throat agape
and yield thunder to its’ strings
for the sake of shadows
as for the subjects of light
equally



don’t bother bringing me down
I already did
nothing you can bring up
can sink me further
should you wish to waste your time
for an attempt at contempt
I repeat
there’s nothing to elicit
by yakking about it
can’t outrank Machiavelli
in learning the illicit
I may bump and oscillate
but you just dump and stagnate
we’re no comrades
this ain’t no cognate
stop showing cocks mate
or you’ll see me irate
which is quite a state
after which I’ll levitate
such is fate



different kins of blood
different kinds of flood
different knights have fled
different nights half-led
different heights I’ve laid
different types a-flayed
different taps are played
different haps a-splayed
different ops for spies
different ox’s four spites
different Oxford pies
different axe Forbes buys
different task far bites
different Apartheids

27.11.10

Lord Durham avait raison


Il n’y a qu’une ville unique, puis des bleds, et cette ville n’est à son tour qu’une cumulation de bleds adossés. Rien ne différencie les bleds de la ville, outre le stress et la prétention ajoutées, une illusion d’aller plus vite vers nulle part. Dans les bleds, c’est désolant : tout ce qu’on dit et médit au sujet dans la ville est vrai. La consanguinité a fait des ravages, aussi la religion, puis maintenant la télé. Il n’y a strictement rien en région, juste du commérage et du hockey, de la basse boisson et des jaloux, des sauvages arrogants et mal lavés, si pas du derrière, au moins de l’esprit. Ce sont les travailleurs manuels qui contrôlent tout, qui détiennent le majeur pouvoir d’acquisition – des ouvriers, des constructeurs, des arpenteurs, des bûcherons, des ramoneurs, des gens sans éducation. Les gens cultivés croulent de faim et de honte, et la culture se réduit au grattage rudimentaire d’une guitare omniprésente. Puisque l’argent est aux ignorants, ils s’en servent pour ridiculiser tous ceux qui cultivent et éprouvent encore des synapses – les nouveaux pauvres.

C’est un pays vil, cruel, plein de doux méchants, où règne une xénophobie trop subtile pour être pointée du doigt à la lumière du jour, où siège une intolérance qui naît d’une aversion à la vérité. Et cette aversion existe parce que personne ici ne veut courir le risque qu’on lui fasse savoir, avec tout le poids de la raison, sa médiocrité et son ignorance. Ils ont peur d’être mis à nu. C’est pourquoi ils font constamment preuve de méfiance envers tout ce qu’ils ne connaissent pas – ça pourrait les exposer; reste que l’ignorance, ajoutée à l’insouciance et l’arrogance, représente un cocktail fatal. Ici, ça fait des siècles qu’ils se font scander qu’ils sont un peuple indigne et sous-développé : ils l’ont cru, mais ne tolèrent pas qu’on le sache; ça doit rester un secret. Bien sur, ce n’est pas chaque individu de cette société qui est pourri, mais la plupart de ceux qui ne le sont pas, sont sortis assez longtemps d’ici pour le constater eux-mêmes, non sans abnégation et tristesse. Et s’ils reviennent, c’est souvent avec la morale sous les semelles.

C’est un pays où tout le monde se laisse faire, même ceux qui ne sont pas pourris. C’est parce qu’ils savent trop bien que s’ils réagissent, personne ne les suivra dans leur quête, s’ils se révoltent, ils seront pointés du doigt et ostracisés par un psychiatre. Après tout, cela a été impeccablement orchestré depuis belle lurette, et l’état policier est prêt à éradiquer les souillures trop saillantes. Personne n’ose rien dire parce qu’ils sont trop ben, de peur de perdre ce qu’ils nomment paix d’esprit, au nom d’une illusion constante de sécurité qui est conditionnelle à leur soumission. Ceux qui peuvent s’en vont – ils ne savent que trop bien que la sécurité dans la vie ne l’est pas tout, que le risque est essentiel pour accomplir le mouvement, un seul pas en avant. Et c’est que, du plus nanti au plus démuni, ce peuple stagne. Pliée constamment au conditionnement qu’on ne lui impose que trop facilement, la populace a signé ce contrat de débile : sacrifier l’identité pour mieux consommer sans dérangement.

Celle ou celui qui dérange est expurgé du groupe immédiatement – c’est une croix à porter quand on sait que ce dérangement était essentiel pour le bénéfice de tous. Surtout, avec eux, il faut éviter les thèmes de conversation dits lourds, pour leur préférer le sirop d’érable. Ainsi, ce pays est en train de créer des martyrs involontaires, qu’il voudra bien se réclamer dans le futur, quand le dérangement sera applaudi partout ailleurs. C’est à ces gens-là donc, qui dérangent ce statu quo des imbéciles, qu’il faut dire d’abandonner la lutte. Ce peuple ne mérite pas que personne ne s’attarde sur lui : il a passé son existence à planter des couteaux dans le dos à tous ceux qui voulaient l’aider. Il faut supplier à ces gens bienveillants d’abandonner ce pays, les protéger, car il ne provoque que l’ulcère et le mépris. Qu’est-ce qu’on peut y faire donc, dans ce pays, qu’est-ce qu’on y trouve? Un petit potentiel pour le tourisme, pour admirer le paysage, presque pas de vraie gastronomie, aucune histoire réelle, composée uniquement de faits vécus sans honneur ni importance, une histoire d’autrui, enfin une littérature désespérée pour trouver une raison d’exister : Lord Durham avait raison.

On ne peut certes pas affirmer qu’il s’agit du seul pays au monde où l’on dort – mais c’est peut-être l’un des seuls qui ne s’est jamais réveillé. Il hiberne sans promesse de printemps. Pas une seule fois dans ce qu’on nomme son histoire, n’y a-t-il pas eu un moment d’autodétermination, jamais il n’a parlé par et pour lui-même. Il faut considérer que ce qui définit ce peuple est son absence même de définition, son entêtement à l’anonymat inutile, son hypocrisie de se prétendre bien-fondé. C’est un pays d’arrogants, parce que – considérant ce manque d’affirmation catastrophique – ils semblent toujours convaincus d’être aussi forts, humaine et culturellement, que d’autres peuples. Ils prétendent tout connaître, les ignorants, et réussissent à s’en convaincre entre eux, mais quand quelqu’un les démasque, ils sont troublés et se jettent dessus en meute. C’est la seule chose qui semble les souder ensemble – quelqu’un qui les confronte.

Alors qu’on ne les confronte plus, car ce serait triste d’échouer une fois de plus leur réveil, et d’avoir perdu tellement d’énergie à cet objet. Qu’on ne leur donne plus d’importance, qu’on ne leur lègue plus de pensées ni de créations, qu’on ne leur provoque plus à sortir hors de leur pitoyable paradis de somnifères. Qu’on taise leur existence et leur pertinence, ils n’en demandent pas mieux. Qu’on tâche plutôt de récupérer l’esprit et la volonté de tous ceux qui ont essayé, qui veulent essayer, qui essayeront. Qu’on loue, célèbre et soude ensemble ces gens. Qu’on puise dans ce qui n’est pas pourri et qui sombre au milieu de la pourriture. Qu’on convainque les parties saines de ce corps de quitter ce corps, de le délaisser sans peine, se sachant enfin libres. Qu’on ne laisse plus un seul se faire brûler par l’esprit de ces colons décapités, qu’on ne permette plus l’abus de ces efforts. Ailleurs, certainement, le vrai travail est encore reconnu. Qu’on y soit enfin.

26.11.10

Controverse


J’espère qu’on me tuera : j’aurai réussi à déranger suffisamment.

Il y a trop de haine dans la nature qui est mal utilisée. Pour autant qu’on castre au Rwanda, qu’on crible au Mexique, qu’on lobotomise aux EEUU, qu’on matraque au Royaume Uni, qu’on extorque en Italie, qu’on trucide au Myanmar, qu’on emprisonne en Chine, qu’on torture à Cuba, qu’on ignore en Haïti, on continue de se borner à croire qu’un ensemble éthique peut régir le comportement humain, et on nous éduque dans l’espoir que la violence n’envahisse jamais notre esprit. De Drancy a Auschwitz et de Guantanamo à Trnopolje, la violence a crée des choses comme Israël. On s’étonne qu’ils aient pu, les Sionistes, à force de pitié, récréer leur vengeance, mais l’histoire est trop souvent vengeance et rien d’autre. Beethoven s’est vengé de la mort de Mozart et Cocteau de l’imbécillité bien maquillée de Wagner. Alors pourquoi tant d’hypocrisie à l’heure d’inculquer des valeurs? Nous sommes faits de haine après tout, de haine utile. Il est temps de porter cette haine envers tous ceux qui l’ont cru convenable de l’amortir en eux, à tous ceux qui oublient qui ils sont. La religion n’est donc faite que pour les peureux, qui ont besoin d’une muselière morale pour guider la répression de leur haine, ou bien une justification autre qu’humaine pour porter en eux cette même haine. La haine et la violence sont des expressions de l’absurde, qui donc ne peuvent ni ne doivent prétendre avoir de justification ni d’explication. Mais l’être humain, cet imbécile légendaire, a peur d’assumer pleinement sa haine et sa violence qui lui sont innées. C’est qu’il a peur d’affronter l’absurdité de sa propre existence.

Tout part d’une série de mensonges bien appris : qu’on vit en paix, qu’elle existe, que la catastrophe est toujours un fait distant, que la vie est un état stable…Or c’est contre nous-mêmes qu’on nous met en garde, contre notre propre violence et notre propre capacité de l’infliger à autrui. C’est de nous qu’on prétend nous protéger par des législations banales; banales parce qu’elles seraient efficaces si la paix existait. La paix n’existe pas plus que le froid : le froid est absence de chaleur, la paix est absence de violence. Les législateurs qui œuvrent ainsi contre la violence semblent oublier que toute imposition d’idées est en soi un fait violent. Tous ceux qui prônent la paix indéfectiblement, oublient qu’ils portent la violence au monde, et que la violence les a portés au monde – il n’y a strictement rien de pacifique dans une naissance.

Avoir peur de la violence, c’est donner raison à la violence, car la peur est une violence distillée en émotion brute. Mais contre qui porter violence? Contre tout et tous? Uniquement contre ceux qui ont tort. Et comment prétendre désigner ceux qui ont tort? C’est simple, et il n’y a pas d’Intervention divine, ni de sens d’élu attaché à ce raisonnement : les ignorants, les insouciants, ont toujours tort, et leur ignorance donne trop de sens à la vie, efface l’absurde qui nous définit collectivement. Les ignorants doivent être violentés; toute forme d’autorité est ignorante en encourageant la poursuite de cette lamentable condition, et doit être violentée. S’il n’y avait pas autant d’entraves à la violence, on pourrait bien vivre avec elle comme on vit avec d’autres éléments de la nature humaine. Mais on nous contraint à ne pas être violents moyennant la violence (la loi est menace avant tout). Si la violence était accessible, elle serait vite démythifiée, on oublierait alors Hitler et les Sionistes perdraient leur importance; ils deviendraient aussi élus que tous les humains.

18.11.10

Capitaine Québec


Capitaine Québec s’ennuie fort. Coups de poing transis à droite et à droite. Puis silence. Capitaine Québec va se cogner fort-fort le jour de la Saint-Jean. Ses habitudes lunaires vont changer ; gare à la lune, elle mue ! Si les cigales sont égarées, si hors de la honte un cri vient réveiller les maçons, alors on pourra cimenter, alors on pourra nourrir.


« Ça cuit. Si il y a de quoi là-dedans il va crever »

Capitaine Québec va s’attaquer cette année à l’un des plus grands dangers du jour de la Saint-Jean. Effectivement, à chaque 24 juin, les parcs publics du Québec doivent être vidés d’abord de gens et ensuite de verres en plastique écrasés par la foule et dont les cadavres sont impunément abandonnés par leurs propriétaires. Ces actes de vandalisme envers des minorités visibles tels les verres en styromousse sont violemment réprouvés par la loi, ce qui n’empêche pas le décès d’au moins 6 450 000 verres de cette espèce à chaque année. Capitaine Québec essaiera de sensibiliser les gens cette semaine en jouant l’intégrale de Ferneyhough en continu dans le bureau du maire, jusqu’à que celui-ci déverse la somme nécessaire à payer la Guilde des super-héros Québécois.


(On se souviendra que l’année passée, la Ministre de la Pilosité, Vagina Dentata-Smîsse, a admis avoir renfloué les caisses de cette Guilde à plusieurs reprises car elle se trouvait en difficulté dans l’exercice de ses fonctions. Rappelons que Capitaine Québec était arrivé à sa rescousse avec la célèbre crise du SRAS, détournant complètement l’attention de la population avec 96,6% d’efficacité et 6,5% de croassement, ainsi que 2,7% de bifidus proactif.)


« Les professeurs, c’était leur faute… »


Ce fut au mois de juillet de l’an 237 que le Capitaine Québec affirma devant une foule : « Ne nous demandons pas ce que nous pouvons faire pour notre pays, demandons-nous plutôt ce que notre CLSC peut faire pour nous. » Ce ne fut que plusieurs siècles après que le président Kennedy déforma cette célèbre phrase québécoise. Rappelons que le Capitaine Québec avait échangé de l’information avec la France en 1534, ce qui a précipité le voyage de Jacques Cartier à la Ronde, ce qui eût comme conséquence bien connue l’implantation du premier McDonald’s entièrement bilingue au continent.

« Un itinérant battu à mort à coups de piastre »

Capitaine Québec s’ennuie fort-fort.

Fluvial-Nocturne


je ne vois pas que le carnage me survive
question d’affront
avez-vous mesuré la qualité de vos déjections?
récemment les miennes déclinent
je ne suis plus aussi bon acteur
on voit ma recette et mon squelette
je n’aspire plus qu’au repos
les os enfin tranquilles
je bifurque des courants de ravitaillement
et des piranhas rouges me pourchassent
jusqu’aux deltas froids
et puisent dans ma chair
de grandes bouchées de pus et de prurits
sacrifiées à labeur de monstre
par le parti pris des fleuves
ce sont des poissons édentés
qui me défendent



la douleur est une épine palpable
quand elle chatouille chez les autres
le museau hoche pour vouloir saluer
acquiescé, femmes sans passion
l’aridité du ventre et de la pupille
nerveuse
qui a failli se refermer d’un millième
quand cruelles leur écume grimpe
il faut les voir
moi, castré de douleur, n’ai de défense
que l’extrême hypocrisie et la psychopathie
ou la ruse à retardement
que j’estime pétard mouillé
là, ma truie, quand tu sauteras
tu verras le nœud autour de ta cheville
tu seras en laisse pour ton propre bien
j’ai tout préparé, tout calculé
j’ai bien passé le fer sur ma chemise ce matin
ce jour déjà j’avance fantomatique, sans expression
la dame de Keats à mes côtés paraît mulâtre
tu devines avec ton intuition célèbre
l’aura fatidique de calme qui s’assoit sur moi
quand mes yeux antidérapants se posent sur toi
tu trembles, mais qui me juge



avoir le goût de suer
de germer la pluie dans les pores
de se refréner les oreilles dans les bruits
sentir l’incivilité des canins
l’olfactive au vol
promener l’âme plus vite que mach
sentir grouiller un remuement de foule
dans les cellules
ne pas cacher qu’on est faits d’eau
la boire
la suer après
pour filtrer le corps par les océans
pour digérer la terre
et ceux qui l’ont digérée avant nous
les molécules sont émues de notre cycle
les arbres l’ont cherché sous le désert
l’eau était morte dans les glaciers
ici on l’absorbe
toutes nos ressources proviennent de la fonte
tous les géants tentent
de la contenir entre leurs doigts
mais elle coule!
toutes ses formes sinueuses, liquides
ont engendré par le vagin
des peuples hirsutes, sauvages
vêtus de peau
et après progressivement livides
vulnérables sans pelage de beauté
mais progressivement aussi plus cruels
par autodéfense et délassement

dans le bois
tous les animaux
nous égorgeraient les tripes

℞: M


Aimant : Tout ce qui est axial, existe. Existe ce qui n’est pas démenti : déracinement, divorce du propos et du ton. Je dis que je bise et frappe, je jure que je frappe et bise. Ceci est un Jésus frappant, dictatorial et non-conciliateur, pour insulter la foule philistine (cf. Klaus Kinski). Un paysage sans gens pour le regarder, un fleuve préhistorique démenti des parages de la région dite. Obstruction temporelle de la volonté de continuation spatiotemporelle. Il faut croire en ces choses, le reste est foutaise, et le pape est pendable d’un condom.

Mi5 : observation sur le dynamitage de postes irréversibles. Denrée. Rebut intéressant, bien mûri, angles fuckés, paradigme de l’oralité sénile en termes psychanatomiques. Phénomènes phonétiques, migration de la signification d’une suite de phonèmes à travers la cartographie des accents. Exemple à titre éducatif : cuvelage de sourds, capelage des ours, nivelage dessour, nivel H del sur, knee-veil ash’d elf-zoo, etc., tout fonctionne toujours car la sémantique humaine est un dieu certain, qui ne peut jamais être complètement saisi. Se ressaisir et se rassasier.


Mi6 : réplique obscène du précédent, moins soignée, mais plus élaborée. On me dirait aussi que ce poème est irrégulier, que certaines portions sont excellentes, et que d’autres – complètement dépourvues de poésie – ne devraient même pas figurer dans le texte. Je dirais que non, mais c’est trop tôt pour l’aventure. Il faut gager des sauts, de squat en squat du phonème, et j’incommunique, je sors de mes oreilles et de ma gorge de longs rubans de papier, qui m’empêchaient d’entendre quoi que ce soit. Même cette ¾ putain à la course. Intensité dramatique et coupables de langues, oïl comme oc, ail comme Halak, Macay comme macaque, Macaulay Culkin comme le coq. Dans : Em cague em tots.


11-M : ( )


M-19 : dissolution de la chambre, assemblée, sourate 19, sionistes déguisés assis sur la dernière rangée d’un triple programme, triple X, munis de triple sec. Arrachement de cornée et molaires, simultané, par déchiquètement de la paroi électorale. Barrure d’épaule permanente, je jette un sort, je me vois poignardant une poupée malfamée, qui de plus possède le choléra de tout son corps. Elle n’a plus de maison et sa filleule c’est une reine de la fange. Tout ce qui n’existe pas, ne vibre pas. Pas tout ce qui est mort. Tout est inexplicable ici, sauf une profusion végétale. C’est pourquoi on se cache à temps des hélicoptères, les coups de rotor aux poumons, on famélise sur un plat de tempes, on s’invente une destination enfantine pour l’inonder de touristes. Deux ou trois raz-de-marée nucléaires, des nouveaux développements d’infrastructure épineuse et privée, un golf, des condos & chemtrails, main dans la main, et on les aura enseveli. On sera bègues, puis idiots, puis on ne saura plus écrire. Mais la main gauche aura sauvé des instincts pour le resurgissement. Sauvez les siècles par les siècles.


M(iG)-29 : désensibilisation de l’ouïe interne, cilles et bacilles, colonne de pression simultanée à échelle décentrée. Beauté du planage, le cancer n’attend pas pour les pauvres, aucune façon de prolonger la vie pour ne rien faire avec. Charisme incomplet, longue, décence de la part de la direction générale de bonification du conflit armé éloigné et du centre commercial accessible, de la patoise, de la pivoine, et de la pâture. Une panthère à l’œil, il est difficile de ne pas s’avancer sur la proie. Pro conseil : qui joue de la harpe, finit par la désaccorder. Avoir le numéro près du téléphone, pour quand il faudra raccorder l’instrument. Bien ranger dans un endroit hors de la portée de politiciens, sucriers, ballasts, eunuques-grenouille et danseurs classiques. Il est nécessaire de se vacciner contre le tétanos en cas de chinchilla.


M-30 : écoute, le corne de Lopez de Hoyos figure à l’assaut, deux cliniques, 1500 heures d’attente et Club Stella. Deux attaques directes en cours de biologie. Je sais, j’attendais l’autobus, le dos lourd de livres.


M-39 : écolo, transit fascinant, régularité et remplissage.


M-40 : école, route directe, dite moins dérangeante, dite de la façade existentialiste de tout atave, agave, agape, égide et augure dans le règne des doux. Migration poétique sans conséquence BP. Ce mal ne provoque aucune marée noire, mais bon nombre d’idées noires. Opération pour extraire la déliquescence de la vie, pour réduire le taux de délit, pour dégainer, sur le rut, l’épée d’un roi ascète, pour se faire déclarer fou.


M-50 : moins connue, figure au rang de relique future, nombre d’attentats.

Narrations insolites


de narrations insolites semées dans le glabre
c’est de cela qu’elle doit être faite
de peine marsupiale
d’opprobre
un doux péché de débloquer les muses
un tremblement de leur briser le cou d’un crac
c’est sur cela qu’elle se concentre
elle est cérémoniale sous les architectures
elle sait se rehausser d’elle-même
c’est de cela qu’il est question
elle est réponse

les deux folles dans le jardin :
de quoi sont-elles faites?
pourquoi elles ne montrent pas les dents
quand on les mord?
c’est une fatale infante qui me reçoit
déjà le soir a débuté
qu’il feint s’étendre par le massage céleste
c’est par ceci qu’on le reconnaît
il porte émeraudes
à son apogée sur la terre
les oiseaux se repèrent par milliards

une morsure certaine
c’est ceci qu’il laisse
une couche de peau a cédé aux incisifs
la tâche est de fous :
ramasser toutes les billes
avant minuit
ou l’épiderme se fermera à jamais
à ce bang
à ceci peut-on le reconnaître
oyez
ce bang

bang
et à quoi ça sert?
si ces folles du parc ne me regardent pas
si ce n’est pas de la folie
je suis devenu indigne de la pluie
je la génère au lacrymal
synthétique prosthétique
fluvial
un dispositif normal
au bris d’un large barrage
le jet affolant

15.11.10

Aus de major colorit


amb la meva paciència
amb la meva virtut
no he aconseguit res
ni tan sols se m'ha posat un ocellet
sobre d'una espatlla
m'han enganyat rastrerament
m'ho he cregut tot d'un cop
sense sacrificis

és evident ara que la lucidesa
no serveix per a res
que tota la serenitat del món
ni tan sols és necessària
per morir de peu
amb paciència
amb virtut
convençut de la futilitat

viure portes endins
ja no m'importa
he atrapat una mica millor en aquest camí
alguna cosa que atrau ocells
sobretot els de major colorit
aquells que reconforten
per la seva mera bellesa
allò que condemna a no morir

es gratifica només el deliri
es fa tant saber
el que puja i baixa una devise
i mai es coneix
l'estat del meu producte interior brut
els alts i baixos de la meva passió universal
ni els greuges del meu gènere
els estils possibles del martiri contemporani

amb la meva futilitat
amb la meva greuge
no he perdut res
però tampoc he accedit a la veu
i se l'ha endut el remolí
els he enganyat tot aquest temps
millor que a mi mateix
segur que no em passa res

14.11.10

Verí per a tots


tant t'has disculpat
de ser la llibertat enverinada
que en el carisma inútil se't va la pau
com un ressort
i se't s'ahuecan els càntics de perill

no se sap si la mar va voler es lliure
o si va cometre algun error amb la seva vastitud
l'únic que se sap és el isme
i el coratge que el constreny
enfonsant el seu bec de terra més enllà

ningú s'ha adonat
que el verí batega en les nostres temples
com un codi copte o rúnic
que la por impedeix al temps
engolir vius

no donis l'altra galta demanant disculpes
esquartera lloc
tots els motors del bé han fracassat
i els desesperats s'amunteguen
per baixar de l'abisme

s'han fet bocins de albors
s'han ensorrat en arc de sant Martí plens
totes les explicacions
i només queden els propòsits i els dubtes
penjats a assecar

perquè els somnis no es demanen
ni es preguen a ningú
ni són ni de la seva pròpia estela
sinó que es propulsen ells mateixos
i li sobrevenen a qualsevol

és una democràcia de la bogeria
que instiga a l'hipotàlem
beneït cansament
beneït verí de guerriller per a tots
per als que sàpiguen aprofitar

Atròfia de la clorofil


duresa i proves
d'un tardor accidentat contra els meus ossos
mai m'havien eviscerat
amb tan poca elegància

les llampades creuen la plaça llisa
fogonades de neons veloços
es perden i callen després
torna l'aldarull conegut

s'investiga la mandra de tants pins
en no despullar les fulles
de tants rubors incerts
percebuts entre aquestes persianes

s'estudia la possibilitat
d'un canvi tècnic de déu
i d'una reapropriacion dels canticos
arboris i pagans

però triguen les campanes
no s'escolten ja
han caigut massa tardes
desplomades al mar

intel ligència i suïcidi
aspectes del retrocés de l'ànima
vergonya dels animals
atròfia de la clorofil

mai s'havien pres tantes precaucions
amb la certesa del meu infart
miocardi i espera
Αριάδνη estirant el fil

13.11.10

Jefe de nadie


el jefe de nadie se despabila
y gesticula con sus brazos impávidos
porque ha perdido un mundo
y se le escapan hasta los cuervos
que crió
ha lucido peores trajes
y se ha desmoronado en mejores circunstancias
pero ahora es ahora
celda de anhelo

el jefe de nadie no hizo pericias
izó banderas que nadie vio
el mañana también pesa
se arrejuntan balas pungentes contra él
son monumentos de aire que ha erguido
y ahora lo sabe
y antes de postrarse se promete de nunca
tener que morirse en ese lugar
aunque eso le tenga en vida

el jefe de nadie estaba seguro
tan seguro que ahora se avergüenza
pero sin sonrojar
ni acaudalar sus vicios bastos
una serenidad horrible le sorprende
ahora que los cabos están atados
y la soga al cuello
y con ella marcha todavía
persiguiendo los cuervos que crió

el jefe de nadie deja escapar un grito
de trombón malherido
y se le agrietan sus sienes
y se le moja el jersey
y lo único
que se puede escuchar como respuesta
es el cántico absurdo
del cielo cansado de estas semanas
ese cielo ya se lo había advertido

el jefe de nadie no muere
pero se va muriendo siempre
con un lapislázuli colgado del cuello
a modo de escarmiento mortal
en la cabeza van zumbando las voces
de todos los que le dieron por vencido
los tiradores de toalla
y los que no escuchan música
sino un auto-tune pegado en el ano

el jefe de nadie se consola sabiendo
repitiéndose
que él también tiene el privilegio de ser
un fracaso
pero que al menos él lo sabe
al menos él conoce la delicia necesaria
de la tortura de un cráneo experto
al menos él sabe ser
soportal de los que duermen

þ@шer


Thatcher = þ@шer
(þ= th)
(@=at)
(ш=tch)



il est des sens où l’on prend parole
il est des trous par où on voit le jour

j’ai tant des vies en moi
exceller c’est effacer ses traces

il y a tant de vies en nous
tant de mouvement s’entreprend
si peu subsiste



ça ne m’affecte pas ton boilean logic
oups
win 32 fuckfuck de la
santé à rabais
marihuana et sucre
terrible il est mort de boucane
de boucane tragique



autoconsommation
last call
sensible aux tristes bornes de lumière
on s’anthropophage
on se polymorphe
docteurs et loupes
on se microscope
on pleut on neige
on s’agit
on faut
on faut se comprendre

12.11.10

Populo pain-blanc


à bout de ce pays et d’essayer de comprendre les crachats qu’il m’offre

étranger qui doit sans cesse se corriger pour ne pas contredire

les codes que les imbéciles se sont inventés pour éviter

de devoir un jour devenir intelligents

constamment dérouter et s’excuser d’avoir voulu faire son chemin

quand il n’est autre que la nature et la logique infaillible

constater qu’il n’y a que mépris déguisé en interdiction de mépriser

il n’y a que des ineptes

des technocrates qui se font aider par la banque

des médiocres et des banaux surfant sur des bulles de crédit

seuls les ignorants et les ignobles ont une job à vie

seuls les cons peuvent réaliser leur rêve

tout le pouvoir d’acquisition est dans les mains des idiots

il faut avouer que c’était une stratagème de génie

qui surpasse définitivement le mien

ici on te dit chiâleux si tu parles avec des phrases

qui ne sont pas faites

ici Lord Durham a tellement bien fait sa job

qu’ici

le monde y sav’ même pas c’est qui

mais ils se disent que ça doit être juste un autre

criss d’anglais [sic]

pour le privilège que vous avez eu que je dédie

douze ans et plus de ma vie

à ce pays qui se veut province à tout prix

que j’apprenne et adopte votre

criss de langue [sic]

que j’injecte enfin un peu de bon sens

et de bon sang dans votre paysage

de rochers escarpés et plaines sur l’électrocardiogramme

pour ce privilège vous n’avez même pas dit

merci

vous ne méritez donc même pas

que je prenne le maquis

(c’est quoi prendre le maquis?

entends-je rétorquer cette bande de chèvres de troupeau)

pour vous

si enfin vous le voulez, crevez américanisés sans même pas

avoir eu une chance d’avoir une identité à la place d’un

complexe d’infériorité socioculturel

c’est pas mon criss de problème [sic]

je n’ai pas à payer pour vos inhibitions culturelles

à chaque fois que je fais sonner mon noble carillon

nous sommes à une époque de merde

où tout acte de noblesse ou d’honneur

est considéré comme risible

jusqu’à temps qu’il y a des gens qui se font tuer

alors il y a toujours des connards qui tiennent des chandelles

dans la rue avec des minutes de silence dont la TV

ne montre que huit secondes

alors il y a toujours des petits médiocres

parmi ce peuple de pains blancs

aberrants parce qu’ils n’ont pas assez honte pour se cacher

avec leur allure de nous sommes fiers d’être ordinaires

et qui disent : c’était un

criss de malade [sic]

et la TV parle alors d’un déséquilibré

alors que ce sont eux qui ont été déséquilibrés

vraiment

des cons

ma mère me disait

que ces gens-là souffrent et ont leur punition en quelque part

mais non

c’est ça qui est le plus enrageant

je me rends compte de plus en plus, et c’est irrémédiable, que

ma mère se trompait :

ces gens-là sont immunes

ils ne se rendront jamais compte de leur fait pathétique

leur fait

ils croiront toujours avoir eu raison parce que

eux, ça va bien

parce que tout le monde le pense

alors ça devient clair que c’est moi qui va souffrir le plus

que c’est moi qui va payer le prix de leur infection

que la plaie c’est moi qui la porte sans pansement

que c’est moi leur criss de malade

leur [sic]