BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

17.2.11

Pour ceux qui connaissent le Bourdon


Les Fictions du Bourdon
1. Projeter des photos sur son corps, ou des extraits du Coran occidental : le code pénal du Canada. Cf. Théo Van Gogh. Body-painting : des graphiques et des chiffres…body-counts, coût de l’éducation, coût de la défense, nombre de policiers à Montréal…

2. Reconstitution CG. Idéalement, il faudrait avoir une maman scandalisée qui appelle le 911, puis un inspecteur de police épais qui essaie de faire la morale au téléphone avec deux beignets dans les mains, les pattes sur la table, et le combiné coincé entre l’oreille et la clavicule:
« C’est parce qu’il a 15 ans… »

3. Un cours plate où il s’endort. C'est le prof qui haït son métier. Il se dit que son prof c'est toujours une femme, ça le lasse: il se casse. Il a d'autres cycles, d'autres tournures à dialoguer. Il retourne chez eux par la track de chemin de fer. C'est un moment d'illusion sans espoir (Camaron de la Isla).

Dialogues possibles du Bourdon
« Je ne peux pas me permettre d’être un public. L’art est un accessoire, un bonus que je ne peux pas m’offrir parce que je dois les rembourser pour quelque chose que ne me sert à rien. J’ai des rappels à tous les jours. Dès que je rentre dans leur banque ils savent que mon compte est aussi mince que la lame de leurs regards. Des épines y poussent. Ce ne sera pas moi qu’ira cueillir leur rose. »

« Si j’étais le public, je les enverrais chier, mais mes oreilles sont fermées et leurs langues sont liées. Je sens la mousse impure franchir le méat de leur société de luxe. »

« Pourquoi personne ne peut me valoriser pour ce que je suis vraiment? Je sens que la plupart des vieux ont oublié leur jeunesse, et que la plupart des jeunes espèrent ne jamais devoir devenir vieux. Parce que rien de ce que je vais dire sera valable à leurs yeux, je n’ai que deux choix : devenir ce qu’ils espèrent ou bien ce qu’ils craignent le plus. Pour l’instant je m’abandonne au repli de mes drogues quotidiennes, et je me dis qu’au moins je détiens le temps, et que mon seul pouvoir sur eux c’est de le prendre.»

« (à la CBC?) Tu es frontalier et tu décuples les blessures. Tes morsures idiotes n’ont plus d’effets sur mes sens clos. Je me suis cloîtré et bien que je ne croie pas aux martyrs, je vais me laisser classer parmi tes pires carnages. Je connais ta réaction et voici ma philippique. »

« (IMAGE : Tour CN pendant la tempête) Babel est aux prises avec la tempête. C’est que l’Art change de masque. Voici la fin du divertissement. On débranche. Vos idoles tombent. Ce ne sera plus une femme exploitée que vous adorerez, mais vous vous tournerez vers vos enfants à nouveau pour leur expliquer, pour les enrichir, pour les exalter. Vous cesserez leur esclavage. Vous cesserez la peur morale de l’érotisme, et à nouveau vous rendrez le sexe utile. À nouveau vous rendrez la beauté possible. À nouveau vous nous rendrez notre beauté. Le possible, c’est nous. »

« Euriproktoi. (dix. Aristoph.) Vos fards sont horribles. »