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FRANCISCO LEQUERICA

6.8.11

Blesse qui peut (suite d'images)


Économie de cauchemars, écrit sur l’interrupteur de la lumière dans la chambre d’un enfant. Dans la salle de bain, auprès du robinet – économie de soif. Sur le frigo – économie de faim, et ainsi de suite...


Un homme met un haut-parleur à sa terrasse, dissimulé derrière un arbuste touffu qu’y trône, et régulièrement diffuse le chant d’un oiseau femelle ; et les mâles virent fous et chantent et tournent autour de la terrasse, nuit comme jour, sans réussir à apercevoir la femelle ne serait-ce qu’une seule fois. L’homme est heureux d’avoir constamment des oiseaux à sa terrasse, et s’en réjouit ; mais sans le savoir, il est à l’origine d’une légende – que dis-je – d’une religion, parmi les oiseaux.


Une tempête de neige digne d’un imposant changement climatique s’abat sur Séville le jour des festivités de la Semaine Sainte : on sort les vierges à l’intempérie. Les costaleros – ceux qui sont chargés de monter les lourdes statues sur leurs dos boursouflés d’hématomes et de les promener soigneusement en ville au pas des harmonies – gèlent de froid. Ils glissent sur la glace, perdent l’équilibre, s’enfargent dans la sloche. Les doigts des musiciens accusent bientôt des symptômes d’engelures, et ils arrêtent de jouer. La vierge finit en mille morceaux dans le banc de neige, ses cierges mouillés. Après – une panne de courant sévit dans la ville. Le lendemain le cortège reprend, ayant substitué à la vierge un cadavre congelé.