BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

26.8.11

Falbalas fall-ball

« Les services de police et de sécurité incendie de Montréal partagent les mêmes valeurs qui sous-tendent la pratique d'un sport : la détermination, le courage et la volonté de se dépasser. Nous sommes donc heureux d'accueillir ces Jeux à Montréal. »
– Marc Parent, directeur du SPVM.


Être policier serait maintenant un sport. Voilà qui explique tout : les bavures, les baveux, les bavardages, les badauds, les bafouilles, les bassesses, les balivernes, les balles…

Montréal vient de gagner la course aux Jeux mondiaux des policiers et des pompiers en 2017, contre les villes de Toronto et Chengdu (Chine). La course aux quoi?

Les pauvres pompiers – on n’a rien contre eux…

On équivaut l’assombrissement du populo, la caricature pathétique du sport de masse, l’usurpation de l’étiquette culturelle par les sports, la célébration aveuglée et hooliganesque d’une compétitivité uniquement physique, la culture décorative et hédoniste, faite de vacuité et de paraître, la charge de consommation débridée et la conséquence transcontinentale, meurtrière qu’entoure chaque manifestation sportive de grosseur industrielle et médiatisée, bref un insulte à la palestre, un abîme entre Sparte et Nicolet – on équivaut tous ces dénominateurs néfastes de l’in-civilisation à rien d’autre que l’exercice policier.

Il fallait donc se méfier de tous les falbalas fall-ball para-policiers de baseball d’amitié de voisinage, cheval gentil, fête d’enfants avec clown inclus, Ronald pervers, Reagan ou McDo, etc. Bon…on le savait, mais maintenant ils l’admettent. Ça scintille.

Les temps regorgent de signes clairs, et de mains dans les yeux.

La détermination, le courage et la volonté de se dépasser : très Nietzschéen, trop remâché, trop has been, probablement politiquement incorrect dans une métropole à grande population juive.

ENTER : Tous ces adolescents mats, ingrats, dits cadets (remarquez la rime en ts, cochonnets) qui s’approprient la métropole, leur conditionnement policier, le drame de la rappropriation de leurs âmes fraîches et de leur peau fruitière tendue du fessier comme de l’avant-joue limpide. Ils n’ont pas sorti de l’apprentissage (et qu’est-ce qu’on pourrait avoir envie de les câliner, de les sortir du gym et du skate chrétien) qu’ils prétendent déjà endoctriner leurs aînés sur la voie publique. Sans expérience, ils sont la honte. Qu’ils soient capables de se raser d’abord!

STOP : proposer l’absorption orale de cigüe aux responsables pour « athéisme » et corruption, de la jeunesse comme tout court, Accurso et cours d’eau, jeunes qui sèchent les cours. Envoyer un athénien, indignado si possible, pour clouer ça à la porte de la Bête Noire; adjoindre aussi la facture pour plusieurs accessoires musicaux, peinture, une bonne caméra et une éducation gratuite.

EXIT : plusieurs gang de grues, de pègre, de cailles, espèces diverses de singe habillé, cravatés mafieux concomitants : bobye crack.

On peut prévoir un début de recrudescence policière fin 2016. Pas de Cosa Nostradamus dans ces rêves, pas de boule de crystal meth : la police va chasser tous les clodos et les macs dans des actions musclées; musclées parce que – en effet – ils auront tous fait beaucoup d’entraînement en vue des jeux. Pseudolympiques, rien de moins.

Le pauvre Pierre de Frédy, baron de Coubertin – on n’a rien contre lui…

Allons, lobster-boys & poster-girls, qui va s’épater de leurs muscles? Pour qui vont-ils manifester le côté festif du sport dramatique et télé-réaliste qu’ils pratiquent au quotidien, dans les drains dangereux-ses [sic] de Montréal? Même nous – les citoyens sans activité criminelle – nous archi-contre-saint-ciboirisons de leurs push-up. Sérieux, c’est ri, eux.

Soit – dans une ère d’apparences bien ciselées et de contenu absent, la multiplication de jeux olympiques et méta-olympiques dans toutes les sous-catégories imaginables est devenue une marque de commerce ou symptôme de ce même vide. Espérons seulement que les recherches contre la dystrophie musculaire, le cancer, le SIDA, la fibrose kystique, et j’en passe, reçoivent de juteux dons.

Or si la compétition sportive est de nos jours aussi noircie par les dopages, la fraude, la triche, la notoriété criminelle et le marketing, de vouloir s’en rapprocher, sous quelque prétexte que ce soit, constitue un acte de démence auto-diffamatoire. Qu’en plus cela se fasse sous l’effigie de la fonction policière, voilà qui détient de la migration de mandat, en mononcle opinion.

Sans doute, après celui-ci et d’autres articles pareillement énoncés sur le ton de la philippique à l’égard des sus scrofa armatum, l’officier GAMMA responsable de suivre ce blog se demandera pourquoi je leur en veux tant, à l’instar du why do they hate us so much? provenant d’une voix en off amerrrricanne, lors des images classiques du naïnnilèvenne, oui, peu de temps après les chapelets de ômaille gode’ (sans doute une référence au célèbre bottling de Dijon).

Vraisemblablement, n’ayant pas compris la question, il ou elle manquera la réponse, que voici sur son support on voit sise...

Lorsque je verrai des policiers participer à des évènements culturels, s’intéresser à la relève artistique, et cesser de prétendre la vigiler, ils se mériteront un peu plus de respect de la part d’un servidor. Entre temps, si tout ce qu’ils prétendent c’est défendre et instaurer une culture de masse nuisible à l’âme humaine comme à son hôte – la terre – faite jusqu’au firmament de tounes de crap avec l'attitude incluse, je n’embarque guère.

Je n’embarque pas dans cette guerre, et dans aucun jeu, d’ailleurs, du cochon et la souris, même olympique, aux limbes piqué.