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FRANCISCO LEQUERICA

7.8.11

Stratégie de l'indignation

(Photo: Taringa!)

Londres, Madrid, Tel-Aviv, les manifestations massives et les émeutes se multiplient : l’été 2011, un ordre montre clairement des signes qu’il a commencé à s’éteindre. Il est clair que le rêve néolibéral ne va pas bon train : les États-Unis et l’Europe s’effondrent financièrement, la montée des protestations promet un apogée de la crise qui est encore au futur. Ce système ne peut plus tenir, mais qui nous sortira d’un nouveau Moyen Âge, d’une nouvelle ère de barbarie, extrémisme et noirceur? Facebook? Des pancartes et des casseroles? Jésus, Bouddha, Mahomet? Une job? Un vote? Un voile? Un voilier?

Ce sera comme la Révolution Française – en principe juste; malheureusement elle s’est fait sur le ton néfaste de la revanche, et elle a vaincu par la force et non pas par l’intelligence. Ainsi, cette victoire ne pouvait être que temporaire. Même les vielles colonies des Amériques et de l’Afrique apprennent aujourd’hui à dures peines la duperie de leur soi-disant indépendance. Que le vieil ordre (Nouvel Ordre, qu’ils l’appellent, comme si leur plan machiavélique datait d’hier) doive tomber est indiscutable : même le plus misanthrope (et j’en suis), celui qui n’a rien à cirer de la démise humaine, devrait s’insurger quand-même devant le pillage impuni des ressources planétaires que cet ordre perpètre exponentiellement.

Ce qui est, oui, discutable, est la nature de ceux qui suivront, de ceux qui montrent les dents aujourd’hui, s’ils réussissent par ces moyens populaires d’enlever le pouvoir aux rois. Cette grogne populaire ne peut rien amener de bon, ne peut que discréditer les raisons de la lutte, rendant indiscutablement service aux rois déposés, qui pourront alors se rapproprier le pouvoir sans histoire. C’est d’ailleurs ce qui arrive, historiquement, chaque fois que le peuple parle, surtout maintenant, sans soupçonner que gauche et droite sont mortes. Le peuple – cet amalgame qui n’est plus qu’un simple mot, faute de signification réelle – semble toujours renouvelé dans sa naïveté face à la possibilité de récupération de son message par le pouvoir, donc finit toujours par se faire avoir. Aucune surprise là.

Quand on remarque que l’un des porte-paroles du mouvement espagnol 15-M, Tomasz Szabelewski (polonais éduqué à Londres), a déjà été consultant chez le think-tank néolibéral qu'est la Fondation Everis (responsable de la rédaction d'un document d'allégiances douteuses récemment offert au roi, Juan Carlos I), on ne peut qu’extrapoler les conclusions les plus épeurantes, de plus en observant les répliques du mouvement dans un pays aussi louche qu’Israël. Légitime ou non, ce n’est pas la question : ce pays est louche, prône au trouble. L’Espagne l’est aussi, et pour preuve, regardons son histoire : phéniciens, wisigoths, musulmans, chrétiens, il y eût un temps où le soleil ne se posait jamais dans cet empire. Israël, Espagne…ce sont des endroits stratégiques pour le contrôle de l’humanité, ou pourquoi sinon aurait-on gardé Franco 40 ans au pouvoir, si ce n’était qu’il y avait une Guerre Froide en cours?

Obama – l’autre empire – rencontrait récemment, et notamment à la veille dudit Printemps Arabe, les fondateurs de tous les réseaux sociaux d’importance. On clame haut et fort que cette révolution a été amenée par les réseaux sociaux, par les gens directement, à travers leurs commentaires et leurs prises de position, on nous fait à croire que c’est un déploiement spontané. Ça ne peut l’être, c’est juste que le temps est bon, les vieux rois du pétrole commençaient à rendre la vie trop difficile aux étatsuniens, il fallait s’en débarrasser. Comment expliquer alors qu’on bombarde la Lybie si lourdement, sans intervenir pour autant dans d’autres situations qui ont clairement plus besoin d’aide?

Voilà la grogne avec Iran, avec Irak, avec Afghanistan : ça migre selon les projets de Halliburton, par exemple, ou d’autres intérêts de multinationales. Les gouvernements ont été forcés par les toutes-puissantes entreprises à dérèglementer en leur faveur, ce qui a amené la présente crise. La grogne populaire qui, elle, est dirigée contre les gouvernements en raison de la piètre gestion de leur situation collective, ne peut qu’affaiblir davantage ces derniers, et risque d’entrainer une chute de tout ordre civil, vide de pouvoir qui sera rempli soit par le pouvoir armé (militaire ou autre), par le pouvoir privé (multinationales et associations privées), sinon par une dangereuse alliance des deux.

On a contemplé – spécialement de la part des États-Unis – une recrudescence à la fois qu’une sophistication des techniques de la guerre, la plus notable d’entre elles étant la possibilité de manipuler amplement le climat, par moyen de très basses fréquences et d’ionisation. On se rappelle presque la chambre vidée de papiers dans laquelle se trouvait le corps sans vie de Nikola Tesla – ou sont-ils passés, ces documents? HAARP et ses possibilités ne sont plus un secret, mais reste à prouver si son utilisation est responsable de l’ouragan Katrina, du tremblement de terre en Haïti, de la catastrophe de Fukushima. Reste que la consigne de plausible deniability est ici respectée à la lettre…voici la guerre du futur.

Si le Printemps Arabe a été organisé avec un budget minimaliste de la Défense étatsunienne, son efficacité est glaçante. Si l’utilisation de HAARP se confirme en relation aux désastres mentionnés, ces opérations n’auront pas coûté la vie d’un seul soldat des États-Unis. L’occupation d’Haïti par l’armée étatsunienne n’a pas rencontré d’obstacle ni d’opposition; en comparaison, l’occupation d’Irak a coûté presque 5000 vies et au-delà de 30 000 blessés à ce jour (ceci juste pour les forces des États-Unis, car les body counts des irakiens sont exorbitants). Il est clair, surtout après le fameux 9/11, que les opérations sécrètes étatsuniennes devaient chercher à prioriser, par tous les moyens possibles, la minimisation du coût en vies étatsuniennes. Les solutions qu’ils ont trouvées pour ce problème sont aujourd’hui du domaine du fantastique, du futurisme et de la science-fiction.

Et, bien sûr, personne ne risque de pouvoir le prouver, jamais.