BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

16.10.11

Occuper Montréal le 16 octobre?


Cet auctor ne cesse de chialer, et pour une fois, c’est aux anarchistes qu’il correspond de se faire blaster. Pas aux gars de char, pas aux douchebags, puis – pour une fois – pas à la police. Et non, ça m’intéresse toujours pas de travailler pour GAMMA. C’est donc sans salaire que je vais chier sur certains anarchistes.

Il y a en a un, sans gonades pour nous livrer son nom, un p’tit cagoulé qui a écrit un article anonyme sur le site du CMAQ, qui se prétend porte-parole, un chef-anarchiste [sic] sans d’évidentes connaissances étymologiques; c’est lui (ou elle) qui me fait penser ceci: un anarchiste qui utilise le nous en écrivant, ça se tient-tu aux tam-tams le dimanche?

Dans sa philippique, ce chroniqueur improvisé fait bâiller avec son emploi systématique de termes qu’on croyait enterrés avec les guerres mondiales : un vocabulaire de lutte épuisé, qui résulte particulièrement anachronique et ridicule en bouche d’un peuple presque sans histoire. Le cas est qu’ils ne se pointeront pas, ils n’occuperont pas, ils vont rester chez eux : ils sont déçus qu’il n’y ait pas de casse.

Cet auctor ne croit pas plus en la démocratie que ce pauvre anonyme, mais considère profondément arriéré d’exclure la possibilité d’une solution pacifique lorsque l’opportunité – comme cette occupation – se présente. Cet auctor n’aime pas plus la flicaille que cet anarchiste caché, mais soupçonne que ce dernier est surtout déçu qu’ils se soient montrés civiques, les flics, qu’on n’ait pas justifié sa colère avec des arrestations massives.

Cet anarchiste est perdu si la police s’avère être respectueuse envers lui : sa lutte s’effondre. C’est ce qu’est arrivé aujourd’hui. Il s’est plaint chez lui toute la journée, et comme les flics n’étaient pas assez méchants, il a chargé contre la charte du mouvement Occuper Montréal. Il trouve que c’est de l’intolérance "autoritair(e), violent(e) et répressi(ve)", que de ne pas souhaiter qu’il y ait de la violence.

Écoutez, les clowns : moi, ça m’est égal, rien de ce que vous songez à briser ne m’appartient. Mais n’étiez-vous pas des ingouvernables? Depuis quand attendez-vous, ingouvernables, le signal du peuple pour faire sauter les banques, par exemple? Vous rendez-vous compte de votre incohérence basique, de votre non-sens, de votre bac en science po’ mal digéré? Votre Trotskysme coule un peu…

Si vous voulez casser, cassez, non? Vous êtes des anarchistes, vous n’avez jamais demandé la permission, n’est-ce pas? Autrement vous ne seriez pas des anarchistes, sinon de simples criminels à l’heure de faire des casses. Et – pour être francs – vous faites quoi comme casse? Il se passe jamais rien ici, come on, vous parlez comme si vous étiez une force de frappe redoutable dont le mouvement ne peut se passer s’il veut réussir.

Pour une fois qu’il se passe quelque chose de positif, à la place de participer – comme cet auctor et au-delà de 6000 personnes (selon certaines informations) l’ont fait en cette 1ère journée – il s’en trouve toujours un pour broyer du noir, comme son drapeau. Et c’est lui qui justifie, par ses attitudes de révolution puérile, dépassée, désuète, les salaires faramineux, les actions musclées et les abus policiers lorsqu’ils ont lieu.

Au moins, les enculés qui ne se pointent jamais à ces évènements-là n’ont pas passé leur journée à chialer sur nous. Drôlement, leur absence insouciante nuit moins à notre cause que l’absence motivée de cet idiot qui, lui, partage la cause, mais ne voit pas l’utilité de sa présence autrement que par la violence. Sans doute il ne se conçoit pas lui-même hors de sa version angoissée de la lutte des classes.

Il prouve, autant que ses cousins antipodiques du FMI, que l’Homo Sapiens Sapiens peut vraiment être un animal très perturbé, prône à la morsure. Il ne se rend pas compte, ce moraliste de pacotille, que personne ne l’a appelé, que personne l’écoute, en fait, que juste un anarchiste de droite, vieux renard cabrón comme cet auctor l’écoute encore, parce qu’il en mange au ’tit-déj’, de ceuses-là.

Il ne se rend surtout pas compte qu’il représente trop l’ennemi classique du pouvoir, que sa lutte est finie, qu’une nouvelle commence, sans chats ni souris. Une lutte qui permet aux gens, justement, de se rencontrer en dehors des cercles politiques, et de se réapproprier leurs vies sans devoir choisir une couleur, un drapeau, ni un vocabulaire honteux, aussi noir soit-il. En langage humain, ce rêve s’épèle espoir.

À demain.