BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

22.2.11

Ciencia ciega (post-coplas en forma de embudo)


1

por qué se cuela en mis sueños de gabardina seca
nunca lo supe a ciencia ciega
está en los huecos que deja el ave en el cielo
es colador del universo y velo del mundo
bajo las cúpulas azuladas y las bóvedas
es el yeso de un imperio sin caídas
por su aspecto se han captado los susurros
y en su nombre tantos se han quedado mudos

por qué sucumbo a un techo de luz rasgada
no puedo decirlo paz adentro
es príncipe lobezno y su ofrenda de mar
es agua caliente sorprendiendo a la fría
como cuando David toma su fronda
y apunta con el círculo perfecto
y atruena en las laderas del imperio
el aire apuñalado por el cuero


2

bacano eunuco
sobrado estiércol de la tos
con fruta alguna
vertiendo hipnosis con la voz
atropellado
del beso eterno hasta la hoz

ya verás cómo me apago
poco a poco
como un musgo transportado en
el Siroco
un zumbido hasta los fines
del barroco


3

O ser espeluznante de la laguna
que se unta los muslos de aceite perpetuo
que rebuzna apátrida y lame
dame la lengua de otros para el futuro
dame los vocablos perfectos

O rocío escuálido
gangrena amorosa del cuerpo presente
verbena llorona desenvainada al alba
cuenta la triste historia p’a que la oigan los niños
cuenta otra vez el cuento de la prehistoria


4

se hacen pactos entre museos
y se cambian los cuadros feos
se subasta el excedente
entre la gente presente

pero todo este dinero
que paga el rico heredero
no va al artista en cuestión
quién murió de inanición


5

hurgo cerraduras ajenas
cerebros y persianas
ventanas por forzar

busco maremágnum contiguo
mercado eléctrico
sin canjear


6

cosas prietas se hunden en la noche
es un puerto y las corrientes lo saben

de los canales sale un humo fétido
y se oye decir que es la mar hedionda


7

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The Tunisia Effect : brève diβertation aphoristique sur la futilité des voyelles et des consonnes


J’atteste du vice; mien et d’autrui.

En ville, on ne peut que souhaiter son trou, le soir venu, son trou de fortune où jouer à être heureux. On ne peut qu’admirer avec fascination cette hâte du mouton pour revenir au troupeau, de la vache pour se faire renfermer dans l’étable pour la nuit.

Le pari est perdu pour les créatifs, riz et toasts, riz et toasts, jusqu’à ce que la calotte de glace se détache définitivement du pôle.

Tous les visages sont penchés sur la terre et dans le fiacre il y a les œufs pourris des économistes de marché les plus prestigieux, ceux qui ont joué à la prestidigitation avec tous les comptes et avoirs, tous les comptes et les non-rendus.

Mais n’oublions jamais que la chair est despotique : ça fait partie de notre honte, mal en point à en haïr une planète.

Les Trabelsi dans un hôtel de Montréal? …D’Arcy McGee est toujours l’unique, le seul. Il en manque d’autres. Je ne parle pas, je ne parle plus.

Tout le monde ment un peu, certes, mais tout le monde me ment, au moins un peu.

Il demeure indispensable qu’une forme de prière soit exaucée de façon tangible, et non seulement de minces preuves qui chatouillent et agacent. Ces preuves de pacotille sont peu de chose. Je suis de l’un de ceux qui considèrent avoir trop donné pour le peu qu’ils ont reçu. Je suis de ceux qui cherchent les miracles brûlants/béants/cute/explosante-fixe, et je cherche à confirmer qu’il y en ait au moins un d’indiscutable. Le fait qu’on soit prêt à mourir pour une idée ne prouve pas l’idée. Bref, petit conseil, au(x) dieu(x) – dans le futur, si vous voulez être pris un peu plus au sérieux, eβayez de nous gâter sur une échelle mensurable.

Au sommet de l’incertitude, toujours le goût d’écrire pour moi.

Rituels urbains : attendre, à l’intersection de deux rames de métro, que l’autre métro arrive. Derniers métros tous deux, les portes ouvertes pendant cinq minutes. Personne ne parle – le temps qu’on paβe dans des appareils qui ne bougent pas; le temps qu’on peuple des trucs sans les utiliser le moindrement. Tout le monde collé en permanence à leur i.pod, incapables pourtant de reproduire, au Québec, le désormais célèbre Tunisia Effect.

Volontairement, manquer au rythme général. Être l’arythmie au cœur du système. Manquer de rythme non pas par mégarde ni par manque d’observation du phénomène rythmique environnant, mais tout à fait pour la raison contraire : par une analyse constante, accrue et approfondie – empathique au plus idéal – des rythmes autour, arriver à s’en priver.

Je suis un gars qui a de belles jambes, mais je crois sincèrement que le haut de mon corps est appelé à disparaître.

Quelques-uns ont une casquette sur l’âme.

Davos et les réseaux sociaux. Ma fuite de Twitter, ma moinerie à moi. Et moi, petit moine, je tombe à l’eau. L’incroyable que voici. Réunion nocturne – ils veulent des noms.

Arriver à contrôler tous et chacun des aspects quantiques et métaphysiques de notre corps. Si nous sommes électromagnétiques, sachons au moins l’être. Dans la vie, il ne suffit pas d’être fier de quelque chose.

J’ai rêvé que Lula était mort. Que je l’apprenais en disant – putain! Lula est mort! Je trouvais ça étrange. Mais non…heureusement, Lula va bien! Ce matin, aucun média n’a manqué à sa tâche quotidienne de trahir mes rêves.

Ô DSM, la trahison – réelle ou imaginée – tu ne la connais point. Moi et des idiots comme Saddam Huβein (el burro delante…), nous en avons monopole. Tu as quand-même fait figurer l’homosexualité dans tes rangs jusqu’à ta 4e édition. Fait que ta gueule! Tu n’as pas le champ trop large…

Partie d’ancêtres, patrie de cèdres. Pouvoir d’acquisition des électriciens, des ouvriers, des colmateurs, des toîteurs, des idiots syndiqués qui retournent chez eux allumer la télé, des chauffeurs de truck et d’autobus, des mécaniciens…Ne pas chercher l’absurde, c’est dépaβé, voyons : être réaliste!

Thèse : parenthèse de parenté.

Expliquer l’atome à une cucurbitacée. Tous les progrès de la science et les rouages de l’économie me paraiβent outrageux et ridicules. Que ne peuvent-ils JAMAIS se taire?

Je ne survivrais pas dans aucun de vos mondes, dans aucune de vos natures. Et de quoi se sert-on comme combustible, ici?

J’affiche mes intentions comme vous affichez vos achats.

Parlant de preuves irréfutables de notre existence, je viens de payer 3$ pour le métro. C’t’y aβez?

J’exècre absolue et abyβalement l’attitude des jeunes hip-hop. C’est peu dire : ils sont lamentables comme présent et comme futur et ‘l’histoire m’absoudra’ (F. Castro, 1953).

Tout ne peut pas être bâtard. Tout ne peut être qu’un cortège. Tuvalu et Montserrat. Nous sommes autant à mourir de l’art que des cendres des soufrières et des marées qui bouffent le corail. La civilisation est un artéfact foncièrement expérimental.

21.2.11

Métacarpes et phalanges de la révolte


1

moi auβi je veux une fauβe révolte arabo-persane
direct ici oui dans le bureau du bien-être social
fac ça s’est parfait de et par toutes les méthodes
pathos éros et thanatos glutamates impoβibles
fatum capable sans disgracier ni faire fautes [sic]
ni alourdir (que je suis près de la fuite de ma vie)
et qu’un pantin de bureau se montre scaphoïde
(non-dit tarsien) qui se saoule au Purell® [sic]
devant moi tout cunéiforme tout pisiforme ô
qu’une fonctionnaire fille de rongeur me respecte
trop souvent enfin je rêvaβe in situ à saisir couça
violemment leur col laid et bleu pour dire ô
c’est pour dire que (moi auβi) je veux ma fauβe
révolte arabo-persane jetée avec l’eau du bébé
je tirerais de leur collet coβu couça c’est pour
faire des bleus à sa tempe étampée au plexiglas
fac t’es pas ben alitée toi ma moubarak nidée
ô tabarnak tu vas tout m’écouter dire faire oui


2

le code criminel et moi étions tangents
étions étiolés de vitriol tous les deux
nous savourions une même mécanique
sans le savoir

le code criminel m’a ensuite attouché
dans mes parties spirituelles et intimes
comme un prof de ballet malséant
dans ses pensées

le code criminel a secoué mes malaises
parrainé mes haines et mes immondices
siégé grand train sur ma peur de monarque
au grand tournant

le code criminel est devenu mon acte unique
et je me devais de le dévaliser de ses denrées
de son biorythme endiablé aux barreaux durs
aux murs barrés

le code criminel allonge son flexor digitorum
me désigne et décapite toute notion tangentielle
et de commun accord on se fait la guerre
je deviens criminel


3

j’imagine une famille ailée
pour les jours de fête et de noces
dans toutes les normes du mystère
et pour les autres jours blêmes
je constate mon appartenance
à une fédération de résignés
badauds sans ampoule ni chèque

je salue un orchestre d’air
un vent qui me prend par les talons
qui me soulève sur son métacarpe de vent
qui pouβe ses phalanges sur les villes
et donne des coups de poing à l’océan
sur ce vent je me découvre à nouveau
sur cette fanfare je m’entends parler

je sais que cette main est naturelle
qu’au moins ses doigts savent me contenir
dans la parcelle de mon corps
un frôlement de brise ou bien
l’ouragan qui précède mon débarquement
dans ce monde hostile et mièvre
où je me dois absolument d’oublier ma famille

17.2.11

Pour ceux qui connaissent le Bourdon


Les Fictions du Bourdon
1. Projeter des photos sur son corps, ou des extraits du Coran occidental : le code pénal du Canada. Cf. Théo Van Gogh. Body-painting : des graphiques et des chiffres…body-counts, coût de l’éducation, coût de la défense, nombre de policiers à Montréal…

2. Reconstitution CG. Idéalement, il faudrait avoir une maman scandalisée qui appelle le 911, puis un inspecteur de police épais qui essaie de faire la morale au téléphone avec deux beignets dans les mains, les pattes sur la table, et le combiné coincé entre l’oreille et la clavicule:
« C’est parce qu’il a 15 ans… »

3. Un cours plate où il s’endort. C'est le prof qui haït son métier. Il se dit que son prof c'est toujours une femme, ça le lasse: il se casse. Il a d'autres cycles, d'autres tournures à dialoguer. Il retourne chez eux par la track de chemin de fer. C'est un moment d'illusion sans espoir (Camaron de la Isla).

Dialogues possibles du Bourdon
« Je ne peux pas me permettre d’être un public. L’art est un accessoire, un bonus que je ne peux pas m’offrir parce que je dois les rembourser pour quelque chose que ne me sert à rien. J’ai des rappels à tous les jours. Dès que je rentre dans leur banque ils savent que mon compte est aussi mince que la lame de leurs regards. Des épines y poussent. Ce ne sera pas moi qu’ira cueillir leur rose. »

« Si j’étais le public, je les enverrais chier, mais mes oreilles sont fermées et leurs langues sont liées. Je sens la mousse impure franchir le méat de leur société de luxe. »

« Pourquoi personne ne peut me valoriser pour ce que je suis vraiment? Je sens que la plupart des vieux ont oublié leur jeunesse, et que la plupart des jeunes espèrent ne jamais devoir devenir vieux. Parce que rien de ce que je vais dire sera valable à leurs yeux, je n’ai que deux choix : devenir ce qu’ils espèrent ou bien ce qu’ils craignent le plus. Pour l’instant je m’abandonne au repli de mes drogues quotidiennes, et je me dis qu’au moins je détiens le temps, et que mon seul pouvoir sur eux c’est de le prendre.»

« (à la CBC?) Tu es frontalier et tu décuples les blessures. Tes morsures idiotes n’ont plus d’effets sur mes sens clos. Je me suis cloîtré et bien que je ne croie pas aux martyrs, je vais me laisser classer parmi tes pires carnages. Je connais ta réaction et voici ma philippique. »

« (IMAGE : Tour CN pendant la tempête) Babel est aux prises avec la tempête. C’est que l’Art change de masque. Voici la fin du divertissement. On débranche. Vos idoles tombent. Ce ne sera plus une femme exploitée que vous adorerez, mais vous vous tournerez vers vos enfants à nouveau pour leur expliquer, pour les enrichir, pour les exalter. Vous cesserez leur esclavage. Vous cesserez la peur morale de l’érotisme, et à nouveau vous rendrez le sexe utile. À nouveau vous rendrez la beauté possible. À nouveau vous nous rendrez notre beauté. Le possible, c’est nous. »

« Euriproktoi. (dix. Aristoph.) Vos fards sont horribles. »

Les apprentis indignes (quelques notes cinématographiques)


Au Québec, comme presque partout, il y a défaite culturelle, fatigue historique, paupérisation des milieux de création. Pourquoi? Et pour cause de quoi ou de qui? Celle-ci sera une investigation entreprise par ceux précisément dont on ne voulait plus rien entendre, dont on exigeait une attitude sommaire et sans surprises. Mais on exigeait aussi de nous la perduration d’un labeur sous-entendu, soit l’évolution historique de la musique. Conflit. Priorités et responsabilisation individuelle. Combien de parmi nous se sont jugés incapables de l’une ou l’autre de ces responsabilités acquises? Les générations précédentes ont pulvérisé celles qui à leur tour les précédaient, mais de nous un mot de trop n’est jamais toléré. Au point qu’on est rendu, la perte d’une carrière est une préoccupation plus volumineuse que la prise de responsabilité historique pour la plupart des créateurs et des créatures, qui conséquemment se taisent.

Faire le saut. Sauter dans le vide là où l’on se saura à coup sûr condamné, reprouvé, et chassé. Comprendre que toute tentative subséquente d’essayer de gagner leur respect et leur reconnaissance aura été infructueuse. Comprendre que c’était perdu d’avance, que c’était une agréable perte de temps, une perte de temps endormante et consolante, sécurisante mais ô combien précaire en vérité. Les premiers exemples de l’ONF, dans les années 60 et 70, sont toujours pertinents. Décoloniser, rapproprier, déboulonner leur holding de rats. On a tout le nécessaire. Le Cocteau d’Oka, le Milhaud du Mile End, le Satie de l’Estrie, l’Auric du Québec…

Trip LSD au bureau de passeports. Les écoles. Mamans surprotectrices. Chauffards. La marche à Montréal mais en caméra cachée. Des fausses alertes à la bombe, des machines toutes-puissantes, Finale 200X, Flight Sim, Twitter, Facebook, YouTube, Ta Mère...montrer les bogues inexplicables de toutes les bébelles, les signes finaux. Paradoxe, on signe avec des bébelles. C’est-à-dire, le sens de la responsabilité historique contemporaine. Non pas de parler videment du fleurdelisé et de martyriser des vieux catholiques français, mais d’inclure en un rêve possible tous les agrégats de la réalité. Et d’écumer notre haine comme des chiens galeux vers la pupille en paroxysme, de pousser la gloire généreuse de l’illumination, de HAÏR LA FAIM, de tourner la haine vers son propre bien.

En avant la fanfare. Les activistes? Qu’est-ce qu’ils ont fait sinon une participation festive du spectacle? Mais c’était déjà un premier pas. Faire participer à d’autres. Mais les aspirants ont absorbé toutes les ressources; des apprentis indignes. Les Cégépiens profanateurs, des ulcères d’État qui ne sont que l’État eux-mêmes. Que font-ils? Commencer le film en suivant des kids de riches à la sortie de leurs écoles privées. Poser naïvement des questions, mais en faisant attention parce qu’on n’a « pas le droit ». Ruelle derrière le Collège Français, qui est la prolongation sud de Waverly. Planquer caméra vers Waverly, Collège Français…attendre.

Montrer la mauvaise musique, le mauvais art, les gens qui croient avoir quelque chose à dire. Montrer à quel point leur piédestal est possible, à quel point leur fausse humilité dégouline sur l’estime de tout un peuple. Montrer à quel point c’est une honte : rentrer dans les écoles et se familiariser avec la médiocrité et l’image. Oui, exposer l’imposture.

Un abrasif se porte à nous tous en nous lui préférons le succédané. Ne voulions-nous pas admettre depuis des siècles que l’art était mort, vous considérez-vous la continuation logique de ce délire, est-ce que c’est de l’art ce que vous faites et pourquoi? Faut-il donc le défendre contre les crédules, ceux qui ne sont pas maîtres de leurs perceptions, ou est-ce que ça leur appartient?

Une cosmogonie montée sur la démonisation des artistes en temps-réel. Sorte de recyclage de notre amertume, de la rage et de l’impuissance. En bref, du CHAMPIGNON. Plusieurs références : Alex Jones, F for Fake, Gus Van Sant, Nanook, arrestation de Henry Cowell, meurtre de Tchaïkovski et complot anti-Vivier, les lettres Vivier, le cas Gesualdo, le cas Cherze, culture samizdat et anticapitalisme, passivité et à-plat-ventrisme du Québec moyen, insulte de la politique, Budd Dwyer...

Obama. Il faut le placer, non pas le vendre. Le faire figurer en arrière sur You tube. Non pas le vendre. Mais définitivement ne pas parler des autres. Jamais. Ils parlent tous déjà d’eux. Bistouri, hein?

Le pardessus. Je le porte, tu le portes, un étui te porte, et nous le portons tous. À ta porte, par-dessus, l’indignation est féconde mais je ne suis plus indigné ni je ne fais partie de rien et je ne cherche qu’à vivre, fictif pour eux mais réel. Je serai car je suis. Je suis parce que je commande ma perception, c’est moi qui l’anime, qui la dirige, qui lui donne vie.

Décors : il faut définitivement nous amener à la CN Tower avec tous les autres touristes comme une aberration déclarée depuis le départ, comme si l’on était des sortes de jackass esthétiques, les véritables « experts », qui chevauchent les deux cultures mutantes, comme je viens de le faire en disant jackass esthétiques. Démasquer les experts. Haïr la faim. Six raturés à divers degrés. Six tannés de la fièvre et jaloux. Le luxe qui appauvrit, les buffets remplis à Toronto, d’osselets et d’ocelots.

Documenter EL DUENDE, en partant de Lorca, et jusqu’en Asie. À Toronto j’ai frenché Glenn-Gould, il faut que ça reste.

Documenter le terrorisme Dada qui s’ensuit.