BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

20.3.11

Code-étoile


1
un code étoile où nagera l’atout
une autreté allure elle aura tout
à l’heure demeure le fruit fancy inachevé
haché et vexé d’incisif ainsi si meurt
logera dans la cavité du crâne plissera
l’eau sera jet et pli de gel et planera
si nécessaire là qu’à viser étroit et lâche
pissera comme vache près de ces rats
arpentera arrepentida l’écharpe et le châle
disparaîtra Argentina por los poros des pores
et si malgré la blessure elle parvient
à sécurité à bienfait sur s’éveille la cure du mal
fait par le blé sec vient s’écurer la veille
déité en circonvallation sollicite fruit
achevé de surcroit crédit sexué
moratoire avalé des redits sur croix
chetif diffamatoire en sol de cirque con
s’excuser des famines decir que con sexo
se arrepienten los poros el oro y el soportal
para cual Paraguay e Argentina



2
je ne suis pas une 2 CV je suis une Mustang parkée
en double qui cherche le trouble de plaque en plaque
gare à qui voudra crever mes pneus faire justice pour
soi dans l’horizon des chars brisés gare à la frimousse
maussade qui traverse la pire intersection nos bêtes au
magistère les bœufs devant ouvrant les avenues et les
parcs de piété je serai le char mal parké au moment où
passe une manif qui le déchiquète je ne suis pas un 2W
je suis celui qui sort péter la gueule de celui qui a osé
scratcher son char laisser sa trace sur la portière avant
je vais au gym je respecte moyennement ma blonde je
n’ai jamais eu d’hémorroïdes ni le tétanos depuis que
je suis jeune j’aime les chars trop les chars trop pour
permettre qu’on détruise le mien un jour de gym quand
je m’étais parké en double pour m’entraîner mais que
venez-vous me dire sur les quotas sur les impôts sur la
brutalité policière qu’est-ce que vous dites sur la justice
sociale je n’y comprends rien d’ailleurs arrêtez de chialer
et cherchez une job vous n’avez qu’à faire comme moi

12.3.11

℞ : exigez B


1
Il est impératif d’écouter les vocables qui s’émiettent hors des lèvres néceβaires.
Finie la brunante, fini l’aspartame, finie la Sainte Vierge pro nobis peccatoribus.
Un siècle et quart, on n’en demande pas plus, un avion pour Cuba, sans impaβe diplomatique, deux cents litres de pétrole.
Paix : peux-tu, pépère? Je te parie que ça popotte sans punition, la même chanson.
On demande que soient libérés tous nos frères et sœurs et que le Reichstag soit à nouveau brûlé par les écologistes, on veut des bananes, on veut des croûtes de chou.
Crudivore aberré. Cri des bérets d’ivoire, charge maligne, peuple-débris.
Un tôle pour Rome, les empereurs arrivent, on vend des pinottes au parterre, chacun son pigeonnier, on aurait dû garder Halak.
Soucoupe, soucoupe : la vocalisation est indispensable, les putes s’agglutinent autour de la Mercedes, on put voir un herpès circulant en sens contraire, les phares tamisés.
T’a misé so far so good, soucoupe, soucoupe.
Les chaloupes chavirent au virage achalandé, se font lécher par l’eau riche, les rapides achalent les lâches, les vaches observent.
C’est serviable, tous accourent, 132-6, communiquez.
Qui se souvient de ton nom si tu n’es pas un joueur de hockey ou un chroniqueur syndiqué ou bendon une pute aβainie au CLSC, pis des conférences de femmes, pis des conférences sur les gais, pis des parades de mode pour autistes, pis des défilés de la fierté néolibérale, pis des gârrochages de peinture s’es murs de la Colin Powell m’enterre à Ottawa.
Elle évita Perón de justeβe, de juste un trou d’eau. Elle entra vers la justice et la justice lui ouvrit sa porte.


2
To baise or not to baise, dans un IGA, le matin pompé su’es ner’s au comptoir des caiβes, en portant sous le bras votre tout nouveau cadavre d’animal électrocuté et mécaniquement séparé, vous apercevez le lascif emballeur boutonneux qui vous le manipule vers un sac en plastique, pis vous exigez à lui lécher la croupe uniquement dans vos fantasme-mères. Vous avez chaud aux tempes. Votre regard devient fuyant et votre pouls s’accélère. Vos pupilles se dilatent. Vous ne comprenez pas pourquoi vous devez payer 5 cennes pour le sac. Après tout il est en plastique. Mais votre femme ne doit rien savoir que vous matez les culs des adolescents parce que c’est mal, et c’est proscrit par Dieu, la loi de la Colin Powell m’enterre à Ottawa, par Fidel Castreault, par Kadhafi, par Hirohito et par Bob Marley. Pis vous le savez que vous n’êtes pas fif, vous êtes malade, mais vous vous contraindrez toujours à ne pas toucher aux délicieuses feβes laiteuses et tendues comme le vert d’une jeune tige que vous côtoyez à l’achat de chaque caiβe de 24. C’est pour ça que vous buvez en ostie, pour ça pis afin de ne plus bander, pour perdre l’intérêt, pour pouvoir oublier tout ça. À bout de forces, yeux rouges de venin internet et luxation de poignet obligeant, vous tombez presque dans un coma et vous manquez de chips et de bière pendant une pause du hockey. C’est là que vous réuβiβez à envoyer votre femme au dépanneur à votre place pis c’est elle qui finit par se taper le jeune commis. Il était avide de jeter son foutre quelque part, mais vous étiez trop occupé à gérer votre surmoi comme une entreprise commerciale. OK : exigez B. Bouche bée.


3
Surprise étanche, à commiβion, tout le texte soufflé depuis les couliβes.
Ni avarie, ni conseil. Un bromure, un mercure, l’autre ricane sur Mars.
Clown à retardement, pognaβe grise, tignaβe glauque, groβe liaβe.
Stupeur de cliquetis, claquette, cliquette, glougloute du Veuve Clicquot.
Allaite et renifle, un rot de travers, une envie de téter qui se traduit avec l’âge.
Sarriette, origan, impatiences et bégonias, toutes dans une salade qui tue.
On s’aβoit la déguster à table avec le mécanicien, le médecin, la ballerine.
On perçoit Mickey Rooney parmi les convives et on le salue, impertinents.
Il répond qu’il est né a NY, vous qu’à LA. Vous goutez aux asperges, elles
sont délicieuses. Quelque chose dans elles vous fait penser à une odeur
douillette d’anus que vous fouillaβes avec le nez, que vous flairaβes de la
narine esbahie, un Camembert entre les jambes, un Brie de condition féminine,
le lendemain en piβant une pestilence d’orifice hospitalisé vous remonte au pif.
Personne ne vous avait dit que les asperges laiβent des séquelles
surtout pas votre femme en avalant. C’est que, riches en vitamines A, B, PP,
phosphore et manganèse, elles contiennent du 1,2-dithiole, un hétérocycle
aβimilé par l’organisme et rapidement excrété par les voies urinaires.


4
À la lenteur des frappes aériennes s’ajoute mon bijou,
le terminus de la pensée muette de désir.
Les blocs tombants me fendent l’épine
sa yo se voyous ki fè m 'fè sa yo,
mwen yo, mwen pran
d’une fois pour toutes.
C’est l’apesanteur prophétique de l’époque et
mwen avèk yon crobarre
qui défend les derniers épileptiques.
Dife mou pwopaje,
le feu cristallin s’abreuve de nous,
san w santi, la dicton ki fin granmoun
ak mwen wè se yon revenan.

Je ne réalise que trop tard que j’ai porté – en esclave –
plusieurs océans, et que mon dos est un exploit.
Do sa se pou mwen.


5
Balancier, mœurs de scoliotique, de cyphotique, de lordose géniale
et de fragment de mammouth dans la cervelle.
C’est de nos repas frugaux que le futur est fait.
Méfiez-vous de la paβerelle d’absolutisme qui s’installe, jour oui jour non,
dans le hall d’entrée de Berri-UQÀM, prête à recruter.
Un abîme : une ville. Un slogan de beurre et gras, une phrase
décisive en stucco plâtré, une poche de gaz et j’en paβe.
Abhorrez le luxe : si l’idée vous vient, empiffrez-vous de biscuits
et de crème anglaise, jusqu’à titiller l’œsophage de dégoût.
Vous serez forts, la crème est bonne, le foutre est bon, seul un
garçon peut suffire. Le reste est maternité et luxe.
Le reste reste.


6
Parade d’autrui(s) : (Kola Román + bokata de tortilla), impoβible d’acuponcter,
souhaitable d’enricaner, sédentaires s’abstenir.
Conjonction d’astuces : liber des graines sans souci de si sa suce ici.
Et si ça ce sait, qu’est-ce qui rime avec gardien ?
Abat-jour bat la nuit, à bas le jour, ABBA la nuit, dégarni à trente-cinq,
citoyen speedé, lightsticks et ticket.
La migration vers les bars du Grand Est: des putes pour les chômeurs
sans internet. Des travelos prenant les Travellers’ Cheques,
chiquant la chicorée coin Champlain sans faire de chichi aux fifis. Ça change
de sexe ou ça vexe la fange, ou ça se rixe dans la Gange, le Rif ou le Nil.
Nul ne se laβe de se prélaβer sans ceβe aux sirops délicieux du vice,
Bien loin des grecs et étrusques, des berdaches et uraniens, c’était une
secte vouée à la sexualisation de l’argent. Ça joue au cash-cache-sexe.
Je ne sais pas si les odeurs demeurent transmutables.
Chanvre et futur. Garçons conscients. D’avions plein le ciel.
Et de la musique. S’il vous plie. Je tends à jeter tous ces ronds de jambe
en l’air. Mais l’adage frappe avec un grand battement, et ça se centre.