BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

31.8.11

Néologismes II


A
abracadabrégé, academi-cercle, affrontispice, agricole-contact/agricolier, ahurixant, aigreluche, alambriqué, alanguisaille, albatroc (dans un stade chez mon ti-python), albinôme, Alybie, alibido, alsatiété, amateurrorisme, améliargenter, anamilligramme, appartémence, ardoigt, assiégêne (peur d’encercler), Atlixtlántique (os&Han), aubeigne.

B
balbutinement, baobabine, barbouillie, bâtonifier, bâtriste, bazarbitraire, bédurciser, beffroid, bicyclothymie, bitumultueux, blasphémur, bollaid, bottignasse, bourgêole, bourricain, bric-à-bracage, brosseille.

C
cacahuée, carêmède, carrefourchette, catholiquide, cauchemartyre, célébranchement, chasthénique, choiselet, civillain, complémenterie, compositionnement, contrathèse, contreportion, contringent, cougardien (de but), courbaturc (de la tête), cravantardise, crémacclimatation, cyberrance.

D
déchétif, déchirart, déconsidéconsidération, décourailler, délabrupt, démise à mort, démunition, Dernier Ministre, Dérobespierre, désinvolteface, désistance, détailleur, diminiche, diminuage, doctheureux, douannuaire.

E
écarrer, ecschéma, effission, égocentifuge, égoisthme, élastivillage, encyclapoeira, endufraîche, enmollance, entente à coucher, épilesbienne, équestration, étrenner (de sa mère), étripoter, euphémisérable, éveillir, évertuerie, évidentition, excavarmine, exfouillation.

F
fakir-larigot, féodalle, fermentendance, fêtôt, ficelle-ci/ficelle-là, fichute, fluctoubab, fortuitaire (fors d’Twitter), fossoihier, fragrémenter, frunctueux, funauriculaire.

G
généraisonnable, généricain, génommée, gentil-lys, gidantesque, giroueste, givraisemblablement, glamour-propre, gloridéfécation, gloutonnage, grabatardataire, grabouge, gromêler, grondélai, gropuscule, gros-Sire, guillotirage.

H
haineuf, haïssabre, hallebard(s), haltiport, hébête, héciter, hérstoïque, holocaustique, homicidre (de pomme), homogénétique, honnerds, honnêpotisme, hôtelquel, huguenœud, humidéité.

I
iambilic, impénitentation, impressentable, inadécoït, incantéton, inculte aux dieux, indépendaison, indicatastrophe, individende, inflactionnaire, innui, inspirique, instruments à miséricordes, insubordre, insurrecsionisme, intelligénital, intempête, intérimbambelle, iridessein, itinérmite, ivrognôle.

J
jaloubar, jarrettil, Jésuçe, jésusciter, joggang, jonctuosité, joœil, judiciel, jumelancolie, jupaix, juridictionnaire.

K
kermissel, kidnapperon, krachtivation.

L
laidigérant, languide de voyage, léchiâleur, Lego-lasse, légommes, lézaraignée, libre-échangisme, lieutenu/lieuteneur, linceuste, lipélule, liposucré, logarime, lomverre, luisible.

M
macchabine (téléphone public mort), machinois, maisson, manigestation, manquiétude, maquis-vive, masquéquette, matrac, méchant gregorien, miaoudire, michelou, missilencieux, missionnaireveux (je le vœue), mitorze, modérèglement (avec modéréglisse), moitiers (monde), molloffusque (coquille Saint-Jacques contrariée), monarchange, mulâcre.

N
navigalisuation, néologisimulateur, nimbénigne, nitouche-à-tout, nitraite, nivache, nivellementaire, noctampoule, noircitation, nourrature, nuitôt, numerreur, nymphomarge.

O
obscission, œuf-de-chèvre, ombilingue (j’eus maux), omertoire, Opportunisie, orfève, ouliposuction, outilleul, ovairemifuge.

P
paicible, palliaTIFF, parloterie, paroxystentialisme, patatrash, patentation, patoie (des neiges), patraîné, phalliance, pharmoirie, philanthropologie, plaintyphoïde, planturopeux, plusdre, poétiraillement, populâche, pot-pourriture, poulaide, poufiacre, précipiquer, presbytume, projeter aux vidanges, propassion, propèterie, prospérennité, prostitutoiement, prot (sans contrat), pruriche, purgâchette, putzsche.

Q
quarantainébreux, quartiste, questimoré, quoscient.

R
rappeuré, réalisible, rébarbietif, rebondjamesbondissement, regîte, règlèbe, Regretta Garbo, reffluve, refugitif, rélaidion, remisérable, rempartie, rentabileté, ressac plastique, retôt (emprunt), réverbaliser, ringarde-robe, romanarabesque, rond-poing, rouflaquête, rouspétrin, rudimensuel, rupeste.

S
salopérinée, saltimbanqueroute, sarcharisme, saunappe, scorikiki, scrupullule, scrututeur, Sentinelligan (Émile neuf cent y Nelligan), servitalité, signare, simulâtre, sincélérité, sinucitadin, soignifuge, solidarrimer, songelé, soucoupole, soulagrément, supermission, surffrage, suspensée, svandaliser.

T
tarévolver, taxognomie (dresser la liste des gnomes en vue de leur taxation), têticule, tonifiancés, tonnerfs, tragogique, trajet-m’en-foutisme, transflétan, Triangoulême, trocadérisoire, troncologie, troublasé, trouvaillant.

U
unicornement, usurpasser.

V
vagabonze, vaissil (il la lave aussi), vasectoplasme, velourdeur, vendeuil, vidéodorant, vertigynécologue, vieutre, villaide, voulouer, vouvoiler.

W
whisky de fond, Windows Arrivista.

X
xénocif.

Y
yankeelomètre, yémeunier.

Z
zouavalanche.


Néologismes I


A
abandonateur, abruitissant, absynthétiseur, accaparapluie, aggravantilation, agitacteur, aguichet (emprunt), aiguijour, aimanticipation, alarmoyant, alcolite, allélugubre, amadouter, amatourisme, amphibivalve, analphabêtise, anchoix, animaux de tête, appâts-lâches, appaysager, atmosféerique, atomimique, attaschémant, attrac, aumoine, australopiteux, avochat.

B
baffe-ouille, baisemainmise, balleruine, balustranse, banquerelle, baratintamarrant, barbistouriques, baroèdre, barricasser, beaucul (merci), bergerant, bestialithium, bévue d’aigle, bibliotechniscience, bisaoul, bonadulte, brochiure, bureaucratère, buveurglas.

C
calembourson, calvicieux, cassurette, charmauvais, chaud-frette, chevallé, chiasthme, chrysantenne (parabloguique), citrouillard, commissuriat, condominant, confuzion, conjonctilente, conseptique, consulaid, conteint, continanti, coton-watché, cyanus.

D
débiliaire, décapitulation, déchant (pas un néolo, mais à relire attentivement), décorticoïde, défricage, dentrivial, dépanser, désertvir, détrempette, dexthéorité, diffuchsia, diplomagie/diplomagique, dithyrimbaldien, domptaire, doutoir.

E
ébourriquet, écogriffe, égrateignure, éléfense, élisatibéthain, embonpoint-virgule, embrio, émergéant, émigradation, empacter, empyromane, engrêve, entr’after, entréetrise, épactant, escarmouche à fruit, essaim-ciel.

F
faiblé, faggot-cité, fæcumulonimbus, faisceaudomie, falèse, familliard, fédérapage, fellaction, feuilleggeton, fiducat, filmograissie, fissurectal, floralt/ctl/del, foubercule, fripoux.

G
galvanité, gantesque, gargantuerie, garnichon, générâle, génodécider, géosynclitoridienne, gériatrophie, germinational, glisseduction, gonocoq, goujatte, graffighetti, grandélinquance, grugiforme, guerregime.

H
haltérobovin, harpiscine, hématumulte, hivernité (suit saisonnièrement l’éternité), Hochelefille-Chateauvieux, honnigaud, honoREER, hurloir, hydrôle.

I
idéalisthme, impasserelle, impérianal, importantion, importuniste, impuissens, infarctoux, infiltrappe, infinique, inflammoratoire, influide, infrastriture, infraternité, infratué, inhabiterre, in-six, insomnmaniaque, instalagmite, insultanat, interrixant, intrinmouillé.

J
jacdanse, jaguano, jeuniaiserie, jouissifflotement, jouvaincus, judadaïsme.

K
kilogisme, kungfutaise.

L
langourmet, laprimogène, larverrue, latendu, lavoirie, lémurmure, libellâtre, libidynaste, licornemuse, limassue, liquéfierté, loisirque, Londrain, lubrifrigorification, lumièvre, luxuel.

M
magharniture, mâladie/femelladie, mâladresse/femelladresse, malentente, marasthme, marguerituel, marôdeur, maroi, matrône, maturalité, messagesse, métastadzio (cancer vénitien), métayaourt, mimoire, minoune/migraine, miraclef, miradorer, missiffle, monoviparentale, morosmose, moruelle (poisson des petites allées), murinaire, mytheraille.

N
narcodolence, nargai, nauséabondance, navrombir, néfascicule, nélativité, nénuphare (bioluminescent), neuflambant, nocturbe, noirsueur, nomadelinots, nonchalala-ouu, notable à roulettes, nougâter, nuclémence, numismatraque..

O
oassis, obsermenteur, obsolaiteux, obspectacle, oestrophage, œuf débrouillé, offrangoisse, onanny, oppossaint, ordîner, orgai, organiquer, orgieujitsu, orguet, oui-allophilie, ouragagner, outrepastiche.

P
paneurone, paradogme, paralysiaque, pareine, passeoir/passis (pas pas assis), passifaune, patartes, pauvérité, pédiatroce, peintour (de France, d’Espagne…), périgloire, perséspérance, perverset, pétuvite, phytocrate, pipigisme, pituiteur, poiloufoque, poivrire, polygrotte, précocion, prétensieur, procémolle, profilactose, propriétalage (clin d’ton), propriétat, prototypologie, puruvite.

Q
qualitige, quantituber, québécoter, queril, queuequeuté.

R
rabaisoin, racaillot, rafallah, raffinesse, ramortaillement, rasuraie, rebœuf, reclos, remorsure, remou/remolle, résilence, répédant, répulsation, ribière, rigolasser, rococotier, ronflementeur, roublafard, rouspet, royaube, ruisceller, ruralpin, rustigré.

S
saboire, sacrispant, salubrillance, seduct-tape, sous-ratte, soutannant, statiodément, stipoulet, Strychnina Hagen (das), suburbannir, surdistance, synapster.

T
téléphonème, ternietzschéen, terrisible, théâpre, théorobotique, topinambourré, torchandelle, torturopéen, tourniquémander, trafilage, traveiller, trésoraison, trie-bal, trompute, Tropicadilly Cirrus, troubadormir, trouduchesse.

U
ulcire, unuitée, uriblanc, usurenchère, utilitais-toi.

V
vaisceau en plastique, vérythrée, vicieuroi, vie-râle, vipaire, voyévrisme, vulvenérable.

X
xénofolie, xylophobe.

Y
yiddichotomie, ypériple.

Z
zébrévité, zodiacritique, zonâge (de fer, bronze…), zoocratie.


30.8.11

Haibun pamphlet


The snarling kite
flirting with sadness,
in distress for the hum
of trees.

Between haibun and pamphlet, between trendsetting treatise and gullible play, most grant the uneventful with the benefit of the doubtful. Yet this is the absurd, fleeting tanka prose portion of the mixed miracle, what Ionesco is to – say - politic[sic], what the illegible poem is to the twenty-buck queen, what the mise en abyme of the prose-poem inside this haibun is to the bug inside the rat inside the cat inside the anaconda inside the 747 inside the restricted airspace, and also what Uruguay is to the Himalayan beaches:

a three-sentenced,
multilayered beauty
transferring raw energy.

28.8.11

Lettre à Kent Nagano

(image: manuscrit du Concerto pour piano et orchestre de chambre, op. 26, de l'auteur)

M. Nagano,

Vous êtes de trop bonne volonté de rester à Montréal : un chef de votre pointure ne peut que faire honneur à cette vie musicale villageoise et partisane. Mais il faut que vous sachiez qu’ici, il n’y a pas de public, il n’y a ni tradition ni volonté d’en établir une qui soit viable et équitable. Il faut que vous sachiez que la nouvelle salle, les interminables bagarres de bureaucrates, et le marketing de votre gueule monolithique de grand chef d’orchestre, n’aideront en rien à sortir le colon d’en dedans de nous, ni à le rentrer au concert. Bien sûr que Westmount aime son Mozart bien cuit, qu’Outremont s’endort volontiers dans vos concerts de Bach-Mendelssohn, que le Plateau aime Pierre et le Loup, que Carmen fait encore fureur à Brossard et sur CJPX FM; certainement que nous avons des universités coloniales et même un conservatoire, plein de profs partout avec des maîtrises à l’IRCAM et au Conservatoire de Lyon, nous avons même des compositeurs chez nous. Or au-delà des descendants d’Alexis Contant et d’un cours d’été de Messiaen (au sujet du chant du loriot à tête de Christ), la toundra est vaste.

Il faut vous dire que vous arrivez ici, monsieur, dans le rien. Peu seront enclins à l’admettre car la volonté de s’imaginer une réalité cosmopolite et de prétendre l’incarner, est très importante dans ces contrées. C’est un peuple qui aime fort peu la critique; pour lui, la critique est toujours à combattre, même quand elle est utile et/ou bienveillante. C’est un peuple qui s’adonne à une boxe light, qu’il voudrait démocratique et éclairée. C’est pourquoi on vous impose un répertoire de grands classiques pâlots, décolorés, que vous devez être las de répéter depuis votre plus tendre âge, et qu’on vous prie de mitiger l’audace, car elle ne saurait séduire. C’est un peuple qui n’a jamais cherché – outre quelques poignées d’individus stigmatisés ou martyrisés – à contredire Lord Durham. Vous devez comprendre que, si vous voulez contribuer passionnément à leur culture déficitaire, ils vous feront seulement perdre votre temps avec des trivialités syndicales et de la paperasse, du fla-fla interminable disposé en écran de fumée, puisqu’ils sont en majorité à vocation de fonctionnaire. Le ravage du judéo-christianisme, chez eux, se manifeste par cette mièvrerie quotidienne, cette conviction d’œuvrer le bien à travers le calme tendu, ce culte du faux, du trafiqué, du trituré, de la purée incolore, ce besoin de procédure qui tue l’imagination. C’est pourquoi on vous propose des feux d’artifice pour attirer les gens à vos concerts, car autrement ils ne se seraient pas déplacés.

Les musiciens de l’OSM que vous dirigez ne sont plus que des fonctionnaires, des liseurs de formulaires sur lutrin. Ils sont plus occupés à éparpiller leurs activités que vous ne le pensez, car ils doivent aussi se nourrir et c’est dur (mais il y a bien pire dans les arts!). Voyez-vous, c’est qu’ici, la classe moyenne est imbécile à souhait et son seul encouragement de la culture est l’achat, pour le salon, de paysages insipides à Baie St-Paul qui iraient bien chez le dentiste. Le pouvoir d’acquisition n’est pas du tout allé de pair avec le niveau pédagogique ni avec l’avancement culturel : ici le maçon, le ferblantier, le mécanicien, ne sait que faire de son cash. Il encourage le hockey, la F-1, mais ni lui ni le gouvernement n’ont rien à cirer de la culture vivante. Il existe des exemples : vous devez remarquer, lorsque vous créez des œuvres de jeunes compositeurs, par exemple, des froissements et des fouillis intenses derrière vous, sans doute nuisibles à votre concentration. Ça doit vous démordre depuis un certain temps, n’est-ce pas, de savoir ce qui se passe dans la pénombre de la salle de concerts; et comme il est compréhensible que vous n’allez quand-même pas vous retourner, sensible comme vous l’êtes à la cérémonie, il est parfaitement souhaitable que vous soyez informé : tout ce bruit, ce sont des gens qui se lèvent et partent, dix minutes après le début du concert, parce qu’ils ne supportent pas la musique contemporaine. Des gens sans patience ni esprit, qui dérangent une rangée entière pour sortir de là au plus sacrant, loin de ces bruits intellos qui les assaillent et brisent leur modeste rêve de condo et de vocoder à la radio sirupeuse.

Alors, M. Nagano, ne soyez pas assez naïf comme pour voir une différence entre ceux qui partent, ceux qui restent, et ceux qui jouent sous votre bâton. Ils sont tous de la même caste. Les uns ont des études en musique, les autres ont du cash pour se faire voir en société et ferment leurs pactes secrets dans les entr’actes, et ceux qui n’ont ni cash ni études musicaux partent, généralement. On dit qu’il ne faut pas généraliser, mais au Québec ça frôle le ridicule. Pour sauver l’arche, il faut ajouter qu’il existe un pourcentage infime d’esprits de l’art, toujours attentifs, toujours ostracisés par la majorité, dont l’incidence demeure négligeable ou même imperceptible pour l’instant. Ne soyez pas de cette minorité et gardez votre vie, votre art, intacts. Séchez Montréal. Boycottez Montréal. Abandonnez l’OSM et ses chicanes de fonctionnaires. On ne sent pas, chez eux, l’enthousiasme véritable, spontané, viscéral, explosant-fixe (A. Breton), spirituel, engagé, imaginatif, grandiloquent, pionnier, anarchiste, immatériel, inextinguible (C. Nielsen) de toute activité artistique digne de ce nom. Autrement dit, si leur dolences étaient crédibles, ils feraient un grand bobo réel au gouvernement et joueraient dans la rue. Il y a des gens avec plus de talent qu’eux au Québec, avec plus d’études, de culture, et d’envie, qui mangent moins qu’eux. L’art ce n’est pas une job. Tout le milieu de l’art-survie, institutionnalisé jusqu’aux dents, mélangé avec le caractère de base de ce peuple – vide et fermé –, est comme un cancer pour l’art.

La chimio c’est l’art dans la rue, hors des institutions. Venez nous voir, on a besoin d’aide. Nous ne pouvons compter ni les poseurs avec leur cash, ni les docteurs en musique, ni les impatients parmi notre public. Personne ne nous encourage, outre nous-mêmes, nos amis, nos familles… Nous sommes les grenouilles-prince de la nouvelle musique, à prendre ou à laisser. Chaque bisou, une symphonie, french opéra. Déversons ensemble, monsieur, l’art dans les rues, dans les maisons, une dictature de l’art par-dessus la pauvreté, la haine, la violence, l’ignorance, l’arrogance, le mirage politique et syndicaliste, la division et l’impatience, un monument fait d’art seul par et pour tous, un semblant de futur.

Sincèrement vôtre,

Sara Falcon Blend

26.8.11

Falbalas fall-ball

« Les services de police et de sécurité incendie de Montréal partagent les mêmes valeurs qui sous-tendent la pratique d'un sport : la détermination, le courage et la volonté de se dépasser. Nous sommes donc heureux d'accueillir ces Jeux à Montréal. »
– Marc Parent, directeur du SPVM.


Être policier serait maintenant un sport. Voilà qui explique tout : les bavures, les baveux, les bavardages, les badauds, les bafouilles, les bassesses, les balivernes, les balles…

Montréal vient de gagner la course aux Jeux mondiaux des policiers et des pompiers en 2017, contre les villes de Toronto et Chengdu (Chine). La course aux quoi?

Les pauvres pompiers – on n’a rien contre eux…

On équivaut l’assombrissement du populo, la caricature pathétique du sport de masse, l’usurpation de l’étiquette culturelle par les sports, la célébration aveuglée et hooliganesque d’une compétitivité uniquement physique, la culture décorative et hédoniste, faite de vacuité et de paraître, la charge de consommation débridée et la conséquence transcontinentale, meurtrière qu’entoure chaque manifestation sportive de grosseur industrielle et médiatisée, bref un insulte à la palestre, un abîme entre Sparte et Nicolet – on équivaut tous ces dénominateurs néfastes de l’in-civilisation à rien d’autre que l’exercice policier.

Il fallait donc se méfier de tous les falbalas fall-ball para-policiers de baseball d’amitié de voisinage, cheval gentil, fête d’enfants avec clown inclus, Ronald pervers, Reagan ou McDo, etc. Bon…on le savait, mais maintenant ils l’admettent. Ça scintille.

Les temps regorgent de signes clairs, et de mains dans les yeux.

La détermination, le courage et la volonté de se dépasser : très Nietzschéen, trop remâché, trop has been, probablement politiquement incorrect dans une métropole à grande population juive.

ENTER : Tous ces adolescents mats, ingrats, dits cadets (remarquez la rime en ts, cochonnets) qui s’approprient la métropole, leur conditionnement policier, le drame de la rappropriation de leurs âmes fraîches et de leur peau fruitière tendue du fessier comme de l’avant-joue limpide. Ils n’ont pas sorti de l’apprentissage (et qu’est-ce qu’on pourrait avoir envie de les câliner, de les sortir du gym et du skate chrétien) qu’ils prétendent déjà endoctriner leurs aînés sur la voie publique. Sans expérience, ils sont la honte. Qu’ils soient capables de se raser d’abord!

STOP : proposer l’absorption orale de cigüe aux responsables pour « athéisme » et corruption, de la jeunesse comme tout court, Accurso et cours d’eau, jeunes qui sèchent les cours. Envoyer un athénien, indignado si possible, pour clouer ça à la porte de la Bête Noire; adjoindre aussi la facture pour plusieurs accessoires musicaux, peinture, une bonne caméra et une éducation gratuite.

EXIT : plusieurs gang de grues, de pègre, de cailles, espèces diverses de singe habillé, cravatés mafieux concomitants : bobye crack.

On peut prévoir un début de recrudescence policière fin 2016. Pas de Cosa Nostradamus dans ces rêves, pas de boule de crystal meth : la police va chasser tous les clodos et les macs dans des actions musclées; musclées parce que – en effet – ils auront tous fait beaucoup d’entraînement en vue des jeux. Pseudolympiques, rien de moins.

Le pauvre Pierre de Frédy, baron de Coubertin – on n’a rien contre lui…

Allons, lobster-boys & poster-girls, qui va s’épater de leurs muscles? Pour qui vont-ils manifester le côté festif du sport dramatique et télé-réaliste qu’ils pratiquent au quotidien, dans les drains dangereux-ses [sic] de Montréal? Même nous – les citoyens sans activité criminelle – nous archi-contre-saint-ciboirisons de leurs push-up. Sérieux, c’est ri, eux.

Soit – dans une ère d’apparences bien ciselées et de contenu absent, la multiplication de jeux olympiques et méta-olympiques dans toutes les sous-catégories imaginables est devenue une marque de commerce ou symptôme de ce même vide. Espérons seulement que les recherches contre la dystrophie musculaire, le cancer, le SIDA, la fibrose kystique, et j’en passe, reçoivent de juteux dons.

Or si la compétition sportive est de nos jours aussi noircie par les dopages, la fraude, la triche, la notoriété criminelle et le marketing, de vouloir s’en rapprocher, sous quelque prétexte que ce soit, constitue un acte de démence auto-diffamatoire. Qu’en plus cela se fasse sous l’effigie de la fonction policière, voilà qui détient de la migration de mandat, en mononcle opinion.

Sans doute, après celui-ci et d’autres articles pareillement énoncés sur le ton de la philippique à l’égard des sus scrofa armatum, l’officier GAMMA responsable de suivre ce blog se demandera pourquoi je leur en veux tant, à l’instar du why do they hate us so much? provenant d’une voix en off amerrrricanne, lors des images classiques du naïnnilèvenne, oui, peu de temps après les chapelets de ômaille gode’ (sans doute une référence au célèbre bottling de Dijon).

Vraisemblablement, n’ayant pas compris la question, il ou elle manquera la réponse, que voici sur son support on voit sise...

Lorsque je verrai des policiers participer à des évènements culturels, s’intéresser à la relève artistique, et cesser de prétendre la vigiler, ils se mériteront un peu plus de respect de la part d’un servidor. Entre temps, si tout ce qu’ils prétendent c’est défendre et instaurer une culture de masse nuisible à l’âme humaine comme à son hôte – la terre – faite jusqu’au firmament de tounes de crap avec l'attitude incluse, je n’embarque guère.

Je n’embarque pas dans cette guerre, et dans aucun jeu, d’ailleurs, du cochon et la souris, même olympique, aux limbes piqué.

24.8.11

Freudian barnacle


We see here a barnacle’s palm-like cirri emerging from a woman’s exposed vagina, as if wanting to feed from thin air. This arthropod, a cousin of the crab and the shrimp, has lodged in her genitalia, hence the distinctive smell. It is a heavy case of vagina dentata, with crustacean overtones. The animal is sessile – that is to say, it does not move in its adult stage – but has evolved from a free-swimming nauplius: a one-eyed larva with only a head and a tail. At some point, between tides, the larva has become a cyprid, somewhat resembling the head of a human spermatozoon, slowly building a chemical acrosome around itself; and then, before metamorphosing into a young barnacle, it has chosen its spot.

She feeds them with frequent plankton baths from the waist down, while she reads about them in the foam, turning pages with her nose; they were born from cyprid sperm. Like the parasitical sacculina barnacles climbing into crabs’ crotches, these creatures have no plan of leaving, and they even modify their host’s character to the verge of sex change. At the end of their larval stage, they had indeed secreted a form of glycoproteinous cement, fixing their bodies to the anterior wall of the vagina, at the ectocervix. Now she seems to have nervous ferns fanning her intimacies, and the pulsating tickles make her giggle, gag and stir.

She feels pregnant but the creature has long been born and it shall live inside her until its death. It is a great relief, after losing all her children to their own birth and subsequent adulthood, to know that what’s within her shall not leave. No penis would ever stay inside for long enough, for it had to come out, at some point; besides, by body ratio, the barnacle’s penis is way longer than that of any other animal, and it will never leave. For toppers, the barnacle is a hermaphrodite, in every sense of the word, so – she thinks – it understands. And so long as she feeds it, it will become larger and larger, scooping up the plankton with its cirri, and giving her orgasms in her bath.

22.8.11

Jack Layton n'est pas mort


Il y a toutes sortes de politiciens; rarement, des êtres humains entrent en politique. C’est un espoir énorme que Jack Layton a planté au Canada : celui de voir une nouvelle caste de politiciens honnêtes rentrer officiellement au pouvoir, pour faire face aux racailles qui sont de mise dans ce jeu funeste qu’est devenue la politique. Jack Layton a tenu à cœur à cette réingénierie fédérale de l’éthique humaniste et de la clarté, et il a payé avec sa vie la dureté de sa tâche. Dans sa dernière lettre aux canadiens, il rappelle le triste fait que personne n’est à l’abri du cancer, mais insiste que la lutte n’est pas finie même quand le chef tombe. Lorsqu’il aurait pu abandonner la vie politique pour soigner sa maladie, et sans doute contre les indications de tous ses médecins, il s’est battu avec honneur et acharnement jusqu’au succès de sa cause. Parce que son jeu était parfaitement propre, il s’est mérité la confiance du peuple et le respect de ses adversaires. C’est pourquoi, lorsqu’il quitte, il laisse toute une nation dans un deuil unanime. Or Jack Layton n’est pas mort : seulement, il a été le visage le plus connu de cet espoir ainsi que son représentant le plus dévoué. Ce respect qu’il a eu pour les gens lui reviendra, fera gonfler la vague; déjà, rien ne peut l’arrêter. Consciemment, il a ouvert la voie pour que – comme c’est le cas d’Evo Morales en Bolivie – un autochtone devienne enfin Premier Ministre du Canada.

Petit cours d'économie agressive


Ça ne donne à rien de battre l’argent. Ce n’est même pas le fait qu’il soit inanimé, qu’il ne puisse pas expérimenter la douleur qu’il cause. C’est juste qu’il ne se casse pas, que ça ne sert à rien d'essayer, dans tous les cas. Essayez de donner un coup de poing à un billet de banque, à la sale gueule d’encre qui se trouve dans son centre, pour voir : elle vous sourira toujours indemne. Aucune pièce de monnaie ne casse sous l’agression; pile ou face, personne n’a réussi à piler sur sa face. Aucun montant ne se démonte d’un marron en plein menton.

En fait, frapper la monnaie c’est ce qui la produit. Le plus qu’on en frappe, le plus qu’il en a. L’argent est tellement masochiste qu’il se reproduit dans la violence. Dans les temps du troc, on pouvait tuer la vache, pourrir l’orge, brûler l’étoffe, verser le vin et casser le pot. Aujourd’hui, la plupart des devises n’existent même pas physiquement, mais elles réussissent toutefois à régir chaque aspect de nos vies. Ainsi le dieu des monothéistes. Puis, comme la queue de la salamandre, si par un acte extrême quelqu’un réussit à blesser l’argent, il repousse : c’est tout dans son intérêt.

Il est commun de voir une pièce de monnaie plus vieille que nous, que nos aïeux, survivre à ce qui nous tuera. Souvent, quiconque nous tue, semble également enclin à protéger la monnaie qu'on porte sur soi. On sait qu’elle peut entraîner la blessure ou la mort, mais on ne peut – pour autant qu'elle ne garantisse surtout pas notre sécurité – se passer de l'avoir sur soi, près de soi. Une pièce peut sembler indestructible, mais elle fond à la chaleur; non pas celle de l’été, mais celle de l’été atomique et des rayons gamma. Les billets aussi flambent, nous prouve Gainsbarre, et pas sous le soleil exactement. Si le climat continue à se réchauffer de la sorte, l’argent fondra, mais nos fondements, nos fondations, se seront déjà effondrées depuis longtemps. Ah, nos dettes minérales!

L’argent est fait de paradoxes qui nous font le haïr et le désirer à la fois. Dans l’amour-haine, on peut chercher à frapper l’argent, et ainsi causer sa multiplication, comme pour les pains et les poissons. D’ailleurs, ce miracle n’était autre chose qu’une démonstration bancaire avec les pièces de monnaie du temps, clairement moins résistantes à la furie humaine. La vie serait facile, si ce n’était de l’autorisation spéciale que ça prend pour pouvoir défouler sa rage sur l’argent. En effet, seules quelques institutions et banques ont le droit de frapper la monnaie. Les autres citoyens, invalidés au sujet, se font plutôt frapper par la monnaie, et par les intérêts chers à la monnaie.

Plutôt que de vouloir donner une raclée à l’argent, il faut apprendre à doser sa rage envers lui en l’aimant un peu moins à chaque jour. On commencera par bouder une sortie, puis deux, les achats, les commissions, puis on cessera de l’aimer complètement, sans violence. Par ce processus de dévaluation, l’argent tombera en dépression, n’attirera plus personne et se suicidera du haut d’une corniche sur Wall Street. Pour symboliser sa mort, tous les marchés afficheront le rouge de son sang sur leurs écrans à défilement; or, d’autres devises plus fortes prendront leur place, frappées à mesure.

Quand il est question d’argent, comme c’est le cas de ce court (Forrest) cours, il est trop normal de ne rien comprendre. C’est le but. Autrement, l’argent tomberait réellement, ou du moins ce serait la fin de son exploitation brutale des ressources naturelles et humaines, ses expropriations, ses défonces, ses meurtres, ses prises d’otage, ses airs, ses paillettes, ses bijoux, ses cossins, ses faux seins... On a beau frapper l’argent, il se tiendra toujours débout. Apprenons donc à vivre sans lui, apprenons à vivre. Si nous comprenions, ce serait fini. Si nous pigions, ça cesserait. Si nous captions, ça arrêterait sec.

Or nous devrions comprendre tous en même temps, pour que ça marche…

19.8.11

Microbestiarium


Le gruba (gradotardivus acidoporfibus) est aussi fort de ses ailes qu’il ne peut se nourrir d’autres aciers que les martensitiques. Le gruba est nocturne et ferromagnétique. Son ton nasillard est utilisé pour le sous-marinisme amateur. Ça brasse, oh, dans la cage à moitié le mystère se dope de sel. Qui dysfonctionne, comme le gruba, apprend la crise. D’autre part, il vient. Le gruba est aussi fort qu’un ornithorynque compulsif, qui mange ses œufs crus et ses mangues au plaisir perce-oreilles. Il ne reçoit pas le lundi, ni le dimanche soir. Ça passe le verrou près de sept, et vérifie l’alarme. Adieu, lieu – s’écrie le gruba, c’est écrit. Grand et féroce, l’acné pyrrhique absout la fantasmagorie initiale : autant en porte l’auvent.

L’orseil à raie (criticolandis esperantafobicus) est un petit mammifère généralement ovipare et mégalomane. Il peut se reproduire par parthénogénèse ou photocopie couleur. Cravaté de noir et de fuchsia transvasé, il est au frigidaire ce que le Nuage en Pantalon. On ignore à ce jour s’il est de gauche ou de droite, monarchiste ou anarchiste, homosexuel ou homophobe, et s’il a besoin de lunettes. Tout amour en lui est paresse. L’orseil à raie quitte régulièrement le nid à temps pour ne pas tomber dehors, ce qui est – en tout cas – un soulagement de taille comparable au Groenland, pour la communauté. Dispersés en Asie, notamment par moyens lacrymogènes et tasers, ils sont généralement en extinction au Groenland. L’orseil à raie, nous le disions déjà, est un petit mammifère généralement ovipare et mégalomane.

Le nimmil minéral méridional (postillonosaurus silvesterstallonicus) est un animal animé, ni méat ni mal à nier, l’ami a miné l’aminé à mine, laminé la mélanine en millièmes, limé l’âne imam, aimé le nez mini à l’âme, halal à l’émis l’a mis en lama mais là, allez, mie me lit lames, mille lies, nihil à Milan, émail miam, mi-mallé mime à maman, Nîmes à niais, la mamelle mêle El Al à lamelle, et à l’in ennemi las. Le nimmil s’immole à Lima, liminaire. Selon la légende, il s’immisce en science, scie sa messe, cesse sa mise à cent, assène l’asthme à scient sous cime, sain d’essence, dessine sans dessein l’essaim amassé, simiesque. Nul ne saurait dire s’il recule ou s’il avance, mais le nimmil est sessile.

L’incisoir pakistanais (albinobifidus fecochromus) se développe à souhait sur les versants équestres des grandes plaines d’Abraham. Il se déguise en anglais pour conquérir la femelle, au cours d’une danse surannée et grandibrocante. Composée presque exclusivement d'enchevêtrements de cuivre et de soufre, l’incisoir ouit et choit au choix de choux chélous. Son museau, hybride et polluant modéré, ne s’inscrit plus au tableau de la décence désarmée. Il coule, défend Languirand, et son chant clame : OOOOOOOUUUU, OOOOOOOUUUU. Dans les conférences de presse, l’incisoir fait son devoir de passer gazette, de voir l’aut’ journal de Montréal, déserter l’SRC. Bien que des spécimens aient survécu quelques secondes en laboratoire, l’incisoir est trop attaché à ses souliers pour survivre la sauvagerie qui s’en suit en zoociété (gracias Quino).

L’abribuse (malaka spinacopitas noctiluca) est un dypthoréidé analgésique secondaire, de la famille des implants buccaux, considéré en péril affamant d’extinction du narguilé. Son directeur de programmation, bel et jeune belge, croasse publiquement. Sabotage nocturne d’apesanteur, ses mandibules profèrent des injures douloureuses, et peuvent mordre. Comme c’est le cas pour son cousin, le tant-craint barracuda, les dents du directeur de programmation sont acérées et sont recouvertes d’un puissant venin anabolisant, utilisé en réanimation cervicale et pour l’émasculation psychovasculaire. Le reste, ils peuvent me sucer la Grèce.

Chanson désorientée


perdre l’orient
désorienté
l’orient est désoxydant et
l’occident est désorienté


perdre l’orient
quel accident
perdre le nord
quel augure fort
perdre le sud
à dessouder
perdre l’occident
désoxyder

perdre l’orient
désorienté
l’orient est désoxydant et
l’occident est désorienté


perdre la nuit
le jour
perdre le jour
le lit
perdre la vie
la mort
perdre la mort
sufi (suffit)

perdre l’orient
désorienté
l’orient est désoxydant et
l’occident est désorienté


perdre conscience
latence
perdre sommeil
pareil
perdre connaissance
naissance
perdre ignorance
sommeil

perdre l’orient
désorienté
l’orient est désoxydant et
l’occident est désorienté


perdre mémoire
choir
perdre l’oubli
cri
perdre raison
son
perdre folie
lis

18.8.11

Pajarillos y pajarracos


apenas se oyen crujir
rastros de silbos prohibidos
casi todos hijos del plural
enjugados del ayuno frágil
de esos montes parpadeando
de laderas repletas de cuervos
en ortopédica alternancia

gritos de semáforos
codeando el códex
mandando un télex arrasador
importunando gorriones
con guerras electromagnéticas
barítonos nucleares
secuelas de sal y de aceite

(ensimismémonos más o menos
o pavimentémonos de pavor)



pajarraco aquel embiste
angustia llegando a pista
apesta, le gusta y basta
embuste que engulle alpiste

tal vez lo reduzca a barba
ya tan lejos del final
hace ese giro en manual
y aminora lo que estorba

pajarraco haciendo eses
se traga cien metros de asfalto
cayendo desde muy alto
desde hace varios meses

importuna turbio en puerto tibio
y por toberas parte rubios tímidos
letargo de aspartamo e híbridos
(pues chato, no veas que alivio)

carajo, cara al pajarraco rico
descarado con la selva y la sartén
se le ve que le va a quedar fetén
la pelea allá en lo alto con un mico

estudia el vacío y se lanza
vicisitud de silicio al ¡qué va!
saludo de espina contigua
declaración de tardanza

quisquilloso alado y sinvergüenza
apostillado de los síntomas absurdos
aquellos de derechas y los zurdos
guarda los ataúdes de experiencia



en cuanto aprenda a ciegas
el pulso sin destronar de mis llagas
honoraré mi estancia en el diluvio

dobladillo suelto (picado por los
pajarillos, casi hípicos) me carcome
el pulso con la tracción del trasero

ay granuja ay canalla me hirieron
con semisoviético trasfondo o
griego pasado de fecha que viene

a ser lo mismo llegamos a ser lo
mismo que ayer, muriendo o vivos,
a estos actores no se los cree nadie

la estertórea granulación de la noche
sobre los distintos tejados es manifiesta
y secar come mi dobladillo hípico en el

impulso en la atracción del mismo ser
llegamos muertos o viviendo soviets
canallas o hiriendo a griegos granujas

granulando el pasado trastocando el fondo
anochecer suelto picando actores distintos
pajarillos estertóreos (se lo van creyendo,

todo)



un retiro certero y husmo el humo
del cañón de mi carne
bailo desplegado entre baúles
que no pueden abarcar
mi contenido de avispas

saqueo las luces y los lazos
de maravilla y corte
me lanzo de asco en ancho
canto y pío doce
luego vuelo

condenado en el agua
muero en la cumbre de un beso
sollozos soy yo
yeso frío y alud de hambre
hueso allozo



alguien robó aire
y le puso la tapadera

al respiradero

y por el desfiladero
alguien borró baile

16.8.11

Les pianos mourants


Combien de pianos ne sont que des meubles, réduits au silence? Chez combien de ces instruments s’est éteinte la voix par souci décoratif? Combien de propriétaires de pianos s’en servent-ils réellement?

C’est un drame qui se joue dans les salons des riches, autant que dans les bars des pauvres. Partout où la civilisation a touché à sa fin, on peut apercevoir un vieux mastodonte, de bois et de métal fait, ignoré dans un coin sombre, condamné à se passer de sa nature alchimique, à n’être enfin que la mince somme des matériaux qui le composent. Ces pianos sont comme les vieux garçons, qui ne s’attendent plus à que quelqu’un veuille leur mettre la main dessus. Sur leur corps, souvent, trônent nombre d’objets ostentatoires qui ne peuvent aucunement défier la beauté dont seul un piano est capable. Parfois, il y a une plante pour tenir compagnie à l’instrument – car il souffre. Il n’est pas inanimé comme une mauvaise reproduction en plâtre et en miniature du David de Michel-Ange, ou comme n’importe quelle autre aberration qui reposerait sur lui. Ces objets-là ne trahiront jamais, chez leurs propriétaires, d'autre chose que le mauvais goût, et c’est bien parce que seulement quelqu’un qui est dépourvu de critère esthétique, justement, pourrait se passer d’un piano lorsqu’il ou elle en a un.

Pour les pauvres pianistes pauvres [sic], qui doivent se servir souvent de ces pianos faute de meilleures ressources, le drame est double. Quand ils demandent s’ils peuvent jouer, ils se font répondre que le piano est déprimé; si jamais on ne leur laisse jouer dessus, ils font en personne le constat de cette dépression. Car le piano est dur, crispé, désaccordé, décoloré, glauque, malade en phase terminale – son double échappement s’est échappé par terre. On n'a pas pris soin de lui: l'instrument a des fissures dans la colonne vertébrale, imbattable d'harmonie. C’est comme un vieux qui ne veut plus qu’on le promène dehors, qui n’attend plus qu’un coup de hache, qui se cache, du coup. Mais plus le pianiste est pauvre, plus il est en manque de son instrument, et plus il insiste avec le bouche-à-touche. Il se peut alors que l’un de ces pianos revive, le temps d’un prélude, forme-sonate, ragtime ou blues, ses vieilles gloires oubliées, reconnaissant à nouveau le cadeau du toucher, revivant le périple des marteaux qui dansent, chapeautés de leur feutre.

Dans le bar, c’est une autre musique qui enterre le pianotage : video killed the radio star. Dans la maison, il y a un stéréo, il y a une guitare, il y a un ordinateur pour jouer à être un vrai compositeur avec des faux sons. Tout est enregistré, reproduit, amplifié, diffusé – rien n’est pur, de bois et de métal. D’autres temps courent, et chez beaucoup, le piano ne sert plus que de reposoir – de reposoir du kitsch ou de verre de bière. Or il reste, vestige – un fossile de mammouth pour l’unique intérêt des paléontologues. Ils le dépoussièrent soigneusement, l’ouvrent, constatent ses blessures, l’inspectent, apprennent de lui. Ils vont verser toute leur technique, leur vocation, leur expérience, à garantir son intégrité, à panser ses plaies, à choyer son âme moribonde. Avec leurs gants, ils vont faire briller l’ivoire de ce mammouth, puis l’amener au musée pour le montrer au monde entier. Mais personne ne veut rien savoir des mammouths maintenant que les éléphants sont électroniques.


Ce qui est le plus frappant de voir un piano abandonné, désaffecté, inutile, perdre ses jours et sa voix, est le manque de respect pour la vie qu’arbore innocemment son propriétaire. N’oublions jamais que des arbres ont été abattus pour toutes les raisons moins nobles qu’un instrument de musique. Alors, si vous êtes le ou la propriétaire d’un de ces pianos moribonds, réfléchissez à si vous agiriez de la sorte avec votre animal de compagnie : vous observerez qu’aucun chat ni chien ne tolèrera qu’on dépose sur son corps des bouteilles d’alcool ni des figurines en porcelaine, encore moins qu’on le relègue au sous-sol pour le restant de ses jours. Songez à tous ces musiciens qui jouent du Scriabine sur leurs genoux, dans leurs tristes trajets de métro. Parrainez-en un, si vous êtes de ceux dont l’excuse est de ne connaître que le début du Für Elise, et prenez des cours – cela aide beaucoup au bon fonctionnement du cerveau.

Toutefois, il ne manquera jamais des arriérés pour trouver le piano vieillot, ennuyant, pour préférer le condamner à la mort lente, au vœu forcé de silence. Ce sont les mêmes qui, de temps à autre, l’agressent de poings qui le font crier au cluster. Si vous êtes de ceux-là, si vous n’êtes pas assez intelligent comme pour vous intéresser à votre piano, donnez-le – il en manquera toujours.

14.8.11

Hip-cop: David Starkey was right


The riots have been over for a couple of days. In a BBC studio, historian David Starkey is trying to explain the truth to the two selected archetypes of political correctness seated across the room: the young author and the black author, each representing one of the two sensitive areas of the debate. Everyone in England is trying to understand, but a post-modern political correctness is standing in the path to full comprehension. Then, against all odds in such mainstream programming, David Starkey nails the core of the issue, only to be interrupted for the following ten minutes by the other members of the panel, who choke in awe and gasp in disbelief, at his surgical commentary:

What’s happened is that [a] substantial section of the chavs [has] become black. The whites have become black – a particular sort of violent, destructive, nihilistic, gangsta culture has become the fashion, and black and white, boy and girl, operate in this language together…this language, which is wholly false, which is a Jamaican patois, that’s been intruded in England, and this is why so many of us have this sense of literally a foreign country.

Wake up, wailers, this is not about race – the historian goes on to reiterate this fact to the other speakers, who remain seemingly oblivious to it, and continue pounding on the man were he a national punching-bag. Can we move on? he asks, desperate to deepen the analysis beyond the issue of race. But he can’t: many have misheard and are now scandalized. David Starkey has a provocative curriculum, but he often voices what nobody dares to speak, and there seems to be a fine line between being plainly wrong and people not wanting to hear the right answer. Many scream racist at the first mention of the word black; they just don’t listen carefully (this recent aura of indisputable immunity also tends to occur with Jews, LGBT and to a lesser extent with women). Mr. Starkey repeats that this is not an attack, but it is too late – the dunces have conspired. From the start, all the nuances that the veteran historian has carefully inserted in his words are ignored. That people can still call this man a racist is only proof of their own intolerance, one to fact.

But that’s what those who represent the left in the world have become: a bunch of wailers, obsessed with political correctness, usurping culture unknowingly with their inexplicable social ingenuity, dilapidating and rearranging history as any king or despot would. Their social experiment has gone wild and is vulnerating civism and ethics with its irresponsible daydreaming. Those who participated in the riots are the children of this left, of their social engineering, of their educational catastrophe. In fact, at this time, the left is so weak that the far right is emerging everywhere again, frighteningly so. The polarization has begun.

One of the most disturbing aspects of any war is the inability of a majority to identify with any of the belligerents or what they stand for – it is happening again. Most people do not want to take sides, and during the riots they have been forced to. The taking of sides will become more and more strained, and affect the lives of greater numbers of people throughout the world in the near future. Already, authorities in Philadelphia, only a few days after the London riots, have called a youth curfew to deal with recent gang violence affecting innocent citizens. It would be naïve to think that all this madness will stop here, especially if the rioters are all punished or sent to prison. This is just the start of something worse: we are, slowly but surely, being accustomed and prepared for war.

Before the riots, extreme policing of urban areas would have been frowned upon. Now, sixteen thousand cops in London are a welcome sight for many terrified citizens, even if the death of Mark Duggan has already been overtly recognized as an abuse on behalf of the police. One week of plausible deniability later: success. Mr. Starkey rightly points out that no government or official buildings were damaged during the riots – if they are so pissed off, why didn’t they emulate Guy Fawkes? Why wasn’t Westminster on fire? Why was there not a single word from rioters to attempt to qualify the upheaval? Why was the police so ineffective in dealing with the misdemeanour? The whole riot story reeks of montage, one of nine-elevenish proportions, and of Ali G.

No. Hip-hop is not the problem; it is one of the symptoms. Hip-hop is not black or white. Good music exists, in all styles, but hip-hop as such is just a commercial etiquette within which are enclosed the issues discussed by David Starkey, as well as a profound degradation of the cognitive-accumulative nature of historical and cultural advancement. In Europe, different cultural invasions are occurring like they have done in the historical past, just as surely as reactionary tendencies to such invasions are always likely to exist, but Mr. Starkey’s analysis falls under no such tendency. As for those who have this sense of literally being in a foreign country, they must be answered that their countries no longer exist, that they have been taken over by corporate interests. Ironically, both the police and the rioters (and indeed many ordinary peaceful citizens), by what they stand for and how they do it, represent the same corporate interests.

With speed, and much to the dismay of the most skeptical elements of society, PM Cameron has called on the services of Bill Bratton, described as a U.S. supercop, whose resume is staggering in the exercise of extreme policing, both as a public servant and as a private entrepeneur. Not only did he crack down on criminality in New York and Los Angeles during the nineties, he has participated in the training of police forces throughout the Third World, and is specialized in training in warzones, such as Afghanistan. This celebrated supercop, who’s all about defending what he calls the American success story, and spreading it around the world by making serious money, sounds and looks all like the Mr. Wolf in Pulp Fiction. Everyone is being duped, tagged and controlled:

The Wolf: You're... Jimmie, right? This is your house?
Jimmie: Sure is.
The Wolf: I'm Winston Wolfe. I solve problems.
Jimmie: Good, we got one.
The Wolf: So I heard. May I come in?
Jimmie: Uh, yeah, please do.


What is most insulting about the whole debate is the absence of a detailed analysis about who is oppressing who, and only Mr. Starkey can be granted the benefit of the doubt, having been interrupted continually before being able to elaborate his points. Nobody mentions those who feel equally oppressed, concerned and affected by the mindless hoodie culture as well as the mindless political and financial warlordship that – at least in this battle – is seemingly pitted against it. In reality, they are working closer together than it may appear at first sight, even if – like rats in a lab – they believe in their fundamental enmity. Both cultures are attacking the core of all civilization: one through coercion, the other through degradation.

The hoodie culture has spread throughout the world, and has uprooted ancestral cultural traditions in the span of fifteen years: it is no isolated event, certainly not exclusive to the British Isles. This is no revolution – nothing comes after it, only gadgets and bass-drum beats. It is often argued that these semantics, or lack thereof, represent the oppressed and their grievances, yet their lifestyle identifies them with the oppressor, and ultimately leads to the widespread justification and approval of the oppression. It is beyond belief that these oppressed have yielded to consumerist values by looting materialistically, have condemned literacy, education and culture themselves, have enacted a degrading sexist chauvinism in their daily life, have resorted to pointless crime against the population and yet have brandished no banner nor voiced any articulate protest. These youths are empty.

A portion of the youth has derailed massively, but it is successive governments who have tolerated the deterioration of education to this point. Mr. Starkey possesses a gentlemanly diplomacy that does not allow him to refer to Darwin in explaining the riots; instead, he rightly chooses to cite (and not defend) Enoch Powell. Yet it must be said that these youths behave like animals and document the regression of the human race by their every action or inaction; hip-hop culture is but the symbol of such a regression.

Hip-hop culture was born from affliction, from the pain of poverty, racism and oppression. It was born into sickness, malnourished, dissatisfied, and uneducated. No good can be expected from this culture if it has been born from the wrongdoings it intended to dispel. It would be wonderful to know what a healed black culture would be, what a healed white culture would be, and the answer is they would be not – there would be a healed culture, all-inclusive, born from empathy and meditation, and celebrating the beautiful by means of the good. All culture is sick today, black and white, red and blue. Chavs and cops are both enemies of culture, and their battles and reigns must be ended. Bad education, that’s what there is; and there will always be fools, who cannot be reprimanded or avoided.

If this culture is not defeated in time, it could annihilate thousands of years of everyone’s culture, and not only in the mind, but in reality. It starts when learning about Michelangelo – for example – becomes boring; it ends when his statues are smashed to pieces. The young repeat incessantly (and clearly beyond distinctions of skin color, language, geographical and political situations) that they don’t care about anything. The demise of all values has become a situation which is only apparently out of control, as a spectacle in Debord’s sense, because it serves greater interests. In reality, it is tightly under control – only nobody will recognize it and those who speak up, like Mr. Starkey, are at risk of being ostracized publicly.

Still there are artists, thinkers, scientists, followers of the truth with proof at hand, and it is they who are being oppressed, they who are being ignored, they who are being spat at – by the rioters, cops, and cleaners-up, all the same. A whole section of society, still young, brilliant, tomorrow’s light, is being consistently thrown out of the debate. It is they who are truly dangerous, for they cause no damage, for their anger shows the way, for their rage is truly beautiful and creative, and their fire is spiritual without being dogmatic.

We shall prevail.

13.8.11

Letra para letrinas


Mi pasión no se puede encuadernar. Un arrebato astral, un talento como el mío, no se pueden desperdiciar en una vida recta, en banales pulcritudes. Cuando llego, genero miradas a lo inaudito, órbitas resquebrajadas como un cante jondo al ver al extraterrestre. Todos cotorreáis, se ve que queréis defenderos del hombre nuevo que os acosa por su sencilla presencia, porque le tenéis miedo al futuro, porque sois unos ignorantes, os conformáis con vuestros sentidos, dais pena. Ya hace bastante tiempo que lo vais siendo, remilgados y flojitos, miedosos y pálidos, ya hacen siglos, gentuza de profesorado, de élite artística, de institución de olor a pedo encerrado. Es muy fácil hacer clic y mandarme a cagar. No os imagináis mis superpoderes históricos, traidores, ni los de los otros eternos. Se os va a caer el pelo, de tanta osadía, arrogancia y mala sangre. Me acordaré, putos poetas cabrones. No os pongáis así, que a mí me vais a oír de todas maneras, por las siglas de los siglos, por las glosas y los grises, por los niños de las hojas, por las niñas de los ojos, por los ojales de las niñas, por allí por donde nace el percance. Que yo quepo y quedo, que se sepa. Yo seré el que os rompa, os lo juro. Y sin bombas ni premios Nobel. Sin muertos ni heridos. Aunque si a alguno de estos mequetrefes le pasa algo chungo, os advierto que nadie conseguirá censurar mi alegría. Cuanto más me censuren, más me entiendo, más me alimento de luz. Soy hombre nuevo y estoy en el encierro de la razón, para que no se me perjudique el canto. Llevo apuntalado el muro de las lamentaciones con la espalda de Sísifo. Y a cada uno, joven o viejo, que me haya querido arrebatar un ápice de chispa, todo el tejado histórico se le desplomará encima con suma violencia. La que se sufre ahora ni siquiera es censura política, ni religiosa – es la censura de los idiotas con un teléfono último modelo, la censura de las redes sociales, el filtro de estupidez y el volumen espeluznante de la podredumbre y de la hez en la letrina humana. Y es porque ahora – sin magia – se puede ser poeta, músico, pintor, turista, dictador, anarquista, y hasta amante fugaz. No hace falta tener arte, conocimientos generales rudimentarios, duende, criterio, ganas ni sentido del ridículo para emocionar a los tontos, para encandilar a los más bobos con proezas inútiles e incomprensibles. Tales son nuestros poetas y nuestros artistas, nuestros políticos y nuestros representantes oficiales: responden al mandato neoliberal de no tener ideología, de vaciar el corazón antes de que se rompa. Nos recuerda que Dick Cheney ni siquiera tiene un pulso. El que sea, ahora puede serlo todo, pero si se le quita la tarima de maquinitas, de ordenadores, de chips y de muletillas digitales, se viene abajo. ¿Y cómo ser alguien contra estos, sin estos, por estos? Con el empacho de imágenes y datos que el ser humano se trae de medio siglo a esta parte, y con la banalización exponencial de los mismos, es imposible abrirle camino a la obra única, eterna, aquella que respeta las balizas del tiempo y que las balizas del tiempo respetarán. Esas obras no serán juzgadas por los valores de estos tiempos, pues solo representarían para ellas hostilidad e incomprensión. Lo apócrifo, lo malo, lo peor, se vende como pan caliente, porque es mierda y el pueblo, por lo general, siempre ha gustado de ella. Se vende como pan caliente porque aún es legal tener la sensibilidad atrofiada, así como existe el derecho de parir hijos con la sensibilidad atrofiada. Casi que se leía más cuando no se sabía leer, cuando el pueblo era analfabeto. Ahora el pueblo es analfabeto porque le da la gana: ¡abajo el pueblo, y abajo la élite farsante! ¡Ni lucha de clases ni hostia, muerte a la incultura! (¿Pero por qué he de ser tan soez? No, porque me despersonalizo. Yo lo que veo son países muertos de este lado del Atlántico, así que os propongo una paga en el siglo de después.) ¡Cómo deseo el mal profundo del que me censura, el mal existencial, reflexivo, y no físico, que menos sería; pero a la vez, cómo me emociona que se tomen tantas molestias por ocultarme y rechazarme, por escupirme y alejarme de ellos! ¡Que feos son, que pusilánimes, y que mal escriben! ¡Si hasta yo, que es mi tercera lengua, escribo mejor que ellos! ¡No se merecen ni mi úlcera, insectos, por monopolizar la mediocridad! ¡Que aura de grandeza me otorgan, pedazo de pedestal con pompa, cómo me elogian hirviendo con su saliva en mi cara, pues no daré la otra mejilla, solo daré el otro puño! ¡Que estrepitoso honor, que dolor por celebrar, que me odien por molestar, por manifestar malestar ante el vergonzoso andar que les anima!

¡A LAS ÉLITES DEL QUEBEC: QUE OS HAGAN UN FRANCÉS!

8.8.11

Ratzingate (la visita del papa a España)


Más de 50 millones de euros: es lo que pueden llegar a costar los gastos de la visita del papa a España entre el 16 y 21 de agosto del 2011. A este Ratzinger, siendo instigador de tantas muertes por su condena del control de la natalidad, instigador de tanto odio por su doctrina cegada, y representando a la Iglesia (la cual ha perpetrado, desde su aparición, más asesinatos que Hitler y Stalin juntos, así como los genocidios y exterminios más eficaces y menos castigados del mundo) – parece mentira que se le pueda tener en tanta estima, que pueda justificar tanto gasto, que movilice a tanta gente.

Ahora bien, podrán decir que esa pasta no se la van a sacar al contribuyente, pero es que entre empresas y ricos que invierten (con hasta 90% de deducción fiscal), las donaciones católicas y la participación indefectible de todo el espectro de la legislatura civil, lo que asombra es la capacidad que tienen para materializar – cual el mago Tamariz – más de 50 millones de euros, en un país hundido en una crisis donde los desahucios, el desempleo y el hambre se disparan. Y lo más bochornoso es que el dinero se pueda recaudar tan fácilmente para esta lúgubre causa, aun siendo imposible generarlo para el bien social urgente.

Es en estos momentos, y no en el decoro artificial de la ceremonia cristiana, donde se aprecia el verdadero trueque de valores que protagoniza la Iglesia, tergiversando los supuestos valores del Cristo aquel, que eran votos de pobreza y humildad. ¿Dónde está el San Francisco de Asís de Zeffirelli para ponerles en su sitio? Si tan cristiana fuera esta gente, vendrían a España a dar dinero y brazos para sacarla de la crisis, dejarse de lujos, y a pedir perdón por los cientos de años de borreguismo que nos han legado. Ya diría Cervantes: con la Iglesia hemos topado – hacen ya de eso cuatro siglos. Y si no, que le pregunten a un Maya (pero a uno de verdad), a un Chibcha, a un Miguel Servet: ¿qué piensan de la Iglesia?...

Este papa lo único que hace es fomentar el odio y la estupidez, pero los pobres imbéciles (y no es por insulto, sino por culpa de la colonización) del Tercer Mundo se creen todo lo que dice, y caen como moscas con el SIDA. Poco le importa que los médicos y especialistas, apoyados por pruebas contundentes que solo él se atreve a contradecir, mantengan tajantemente que el SIDA se puede evitar con un condón. Poco le importa que, por falta de tecnología de plásticos en Galilea, Jesucristo no se haya pronunciado nunca sobre el condón. Nada más por eso, por los miles de personas que mueren del SIDA cada día en el mundo por escuchar sus consejos, merecería que algunos enfermos le ahorcaran con un condón (ya que eso se estira la mar de bien) desde el campanario de la basílica de San Pedro. Aunque eso es todo – nada de quemar conventos…

Lo peor es que se le pueda seguir, defender, aplaudir, y hasta pagar millones por recibirle. Menos muertos habrá causado Gadafi y más revuelo habrá hecho cuando visitó España con apoyo oficial. Recordemos los escándalos que acechan a la Iglesia en este siglo: Ratzingate. No será la primera vez que a los malos se les pasea con todos los honores, y he aquí el país donde Franco se murió de viejo como Pinochet en Chile. Solo se puede rogar que la luz ilumine menos a todos estos millones de cristianos: gente engañada, gente sin imaginación, falta de recursos creativos, culturales, emotivos y sociales. Si esta gente pudiese ver la magnitud de la mentira, de cómo – durante siglos – se ha controlado por allí a toda la humanidad, otro gallo nos cantaría.

Y con la hambruna que hay ahora en el cuerno de África, ¿cómo no se le ocurre al papa irse por allá a besar niños esqueléticos, a darles las sobras de las comilonas del Vaticano? Es que no le gustan las moscas cojoneras, y como no se pueden gastar 50 millones de euros en Etiopía (porque si los tuvieran, comerían antes que invitarle), y solo vive a costa de los demás, pues no irá. Es que no le pueden garantizar el hotelazo ni los matones para cubrirle, y como África acaba en los Pirineos, pues he aquí su visita al continente negro.

Defensores de agresores pedófilos, homófobos, contra el aborto y la eutanasia, defendiendo continuamente los intereses secretos y alimentando cauces de poder fanático (cf. la actitud de la Iglesia durante el Holocausto) – a estos peces hemos invitado, movilizando fuerzas descomunales: 10 000 agentes de seguridad, alrededor de 275 institutos y polideportivos para albergar a los peregrinos, 700 000 copias del catequismo, cientos de horas de TV en directo cubiertas por 4000 medios de comunicación de los 5 continentes, con una audiencia potencial de 600 millones…ni que el Rally de Núremberg (y éste estuvo).

La lista es un sinfín de excesos y de opulencia restregado en la cara de la pobreza que la doctrina que el papa representa pretende combatir. Además, lo que es insultante, es la poca credibilidad que se le otorgan a los grupos que organizan contramanifestaciones para sensibilizar al mundo (sobre todo ante el descomunal despliegue mediático) cuando la legitimidad de sus protestas ya ha sido establecida y representa también una mayoría de opiniones.

En el planeta, en este mismo momento, aparte de los 600 millones de borregos que van a ver al papa por la tele, tiene que haber mucho más que 600 millones de homosexuales, de víctimas de los abusos de curas y obispos, de mujeres que no han podido abortar, de familias rotas, de enfermos de SIDA, de intelectuales, de ateos, de científicos, y hasta de cristianos, que están profundamente ofendidos por esta visita, y sus voces están siendo ignoradas. Alguien tiene que contarles a todas estas marionetas que, por más que se arrejunten todos en un sitio, no son más que una minoría. Pero nadie puede: están sordos, solo escuchan al papa.

Tottenham tantrum

(Photo: BBC)

It is often the nature of fully fledged reactions that they cannot be justified by any, but can be easily explained by all. They often come as no surprise, precisely where and when they could be predicted, still they deliver the shock for which they were feared. Poverty, racism, poor education, police misbehaviour in urban areas: all of these issues converge punctually to produce results that mass media then cannot choose to ignore, even though they have chosen to ignore the causes consistently right up to the event. These issues are not new, and are brewing massively in many countries, in their cities and suburbs, in their schools and streets, and – as can be deducted from the speed of the Tottenham riots – they could ignite at any time.

What is to be done? Clearly repressive force is out of the question: it would precipitate a more violent reaction and widespread collateral problems; laxity too is risky, especially if the issues are not tackled at the root in the most humane and empathic of manners. For any solution within reason to be envisaged, there needs to be a consensus about the real powers that are maintaining these causes in place, as well as availability of education, information and the encouragement of active communication between all parties involved. There needs to be a full realization, by all parties involved, that they are invariably, and even at times of apparent spontaneity, being fully controlled – civilians and police alike – by a greater force: private and corporate interests.

The people of the entire world have been divided by these powerful interests, they have been transformed. All the trends, the ideas, all the styles, the clothes, the music, all the mass sports, the media, the different kinds of people that we recognize each other as being – they are all fake. What hip-hop, for example, or soccer, has done to culture is terrible, like religion; hip-hop’s scorched-earth policy has had deep repercussions in at least one generation’s human awareness. The oppressed have often been given rotten wood to build their homes, rotten jobs and deficient education to build their culture, for the same reason Lord Amherst offered the Indians blankets ridden with smallpox (which they thanked him for, ignoring the latter part): to exterminate them without even having to fight them.

At Tottenham, rioters responded to prejudice by becoming the impersonation of the worst prejudice held against them, by justifying that prejudice. We must realize that our identities have been heavily tampered with; as a result, we have only become programmed enemies to one another, through a feebleness that only the excess of useless choices can bring about. We are not poor, rich, jock, punk or goth, more or less loved, better or worse as such – these things we are told to be. We can be tall, fat, black, gay, blue-eyed, or all these at once (and proud!) – these things we are. We can be looters, cops, shrinks, milkmen, yesmen or marketing people – these things we choose, but we can also reject, hence these things we will need to assume, once they have been chosen. We must cease to be what we are not.

Has anyone asked the insurance companies what they think of the riots at Tottenham?
In the name of what crime does one commit another?
Who or what’s behind this?
Who’s making money from it?
What must we learn from the looting: do our inbred consumerist clichés cloud our humanhood, interfere with our ideals to the point of blurring the well-distinct line between useful rage and petty theft and arson?
Was there anyone along the line who saw it coming, blew the whistle, and was told to put a sock in it, in order to let the crowd discredit itself alone before intervening?
Or were the arsonists and thieves actually infiltrated, was the whole operation designed to find scapegoats, cover up political scandals (of which Britain can boast a few), hence justifying a severe strengthening of the grip on the civilian population?
While these and other questions are open to speculation, should they in fact remain unanswered, for fear of global consequence?
Is this but the mere drip of an untapped source ready to drown us all?
Or is that being an alarmist?

7.8.11

Stratégie de l'indignation

(Photo: Taringa!)

Londres, Madrid, Tel-Aviv, les manifestations massives et les émeutes se multiplient : l’été 2011, un ordre montre clairement des signes qu’il a commencé à s’éteindre. Il est clair que le rêve néolibéral ne va pas bon train : les États-Unis et l’Europe s’effondrent financièrement, la montée des protestations promet un apogée de la crise qui est encore au futur. Ce système ne peut plus tenir, mais qui nous sortira d’un nouveau Moyen Âge, d’une nouvelle ère de barbarie, extrémisme et noirceur? Facebook? Des pancartes et des casseroles? Jésus, Bouddha, Mahomet? Une job? Un vote? Un voile? Un voilier?

Ce sera comme la Révolution Française – en principe juste; malheureusement elle s’est fait sur le ton néfaste de la revanche, et elle a vaincu par la force et non pas par l’intelligence. Ainsi, cette victoire ne pouvait être que temporaire. Même les vielles colonies des Amériques et de l’Afrique apprennent aujourd’hui à dures peines la duperie de leur soi-disant indépendance. Que le vieil ordre (Nouvel Ordre, qu’ils l’appellent, comme si leur plan machiavélique datait d’hier) doive tomber est indiscutable : même le plus misanthrope (et j’en suis), celui qui n’a rien à cirer de la démise humaine, devrait s’insurger quand-même devant le pillage impuni des ressources planétaires que cet ordre perpètre exponentiellement.

Ce qui est, oui, discutable, est la nature de ceux qui suivront, de ceux qui montrent les dents aujourd’hui, s’ils réussissent par ces moyens populaires d’enlever le pouvoir aux rois. Cette grogne populaire ne peut rien amener de bon, ne peut que discréditer les raisons de la lutte, rendant indiscutablement service aux rois déposés, qui pourront alors se rapproprier le pouvoir sans histoire. C’est d’ailleurs ce qui arrive, historiquement, chaque fois que le peuple parle, surtout maintenant, sans soupçonner que gauche et droite sont mortes. Le peuple – cet amalgame qui n’est plus qu’un simple mot, faute de signification réelle – semble toujours renouvelé dans sa naïveté face à la possibilité de récupération de son message par le pouvoir, donc finit toujours par se faire avoir. Aucune surprise là.

Quand on remarque que l’un des porte-paroles du mouvement espagnol 15-M, Tomasz Szabelewski (polonais éduqué à Londres), a déjà été consultant chez le think-tank néolibéral qu'est la Fondation Everis (responsable de la rédaction d'un document d'allégiances douteuses récemment offert au roi, Juan Carlos I), on ne peut qu’extrapoler les conclusions les plus épeurantes, de plus en observant les répliques du mouvement dans un pays aussi louche qu’Israël. Légitime ou non, ce n’est pas la question : ce pays est louche, prône au trouble. L’Espagne l’est aussi, et pour preuve, regardons son histoire : phéniciens, wisigoths, musulmans, chrétiens, il y eût un temps où le soleil ne se posait jamais dans cet empire. Israël, Espagne…ce sont des endroits stratégiques pour le contrôle de l’humanité, ou pourquoi sinon aurait-on gardé Franco 40 ans au pouvoir, si ce n’était qu’il y avait une Guerre Froide en cours?

Obama – l’autre empire – rencontrait récemment, et notamment à la veille dudit Printemps Arabe, les fondateurs de tous les réseaux sociaux d’importance. On clame haut et fort que cette révolution a été amenée par les réseaux sociaux, par les gens directement, à travers leurs commentaires et leurs prises de position, on nous fait à croire que c’est un déploiement spontané. Ça ne peut l’être, c’est juste que le temps est bon, les vieux rois du pétrole commençaient à rendre la vie trop difficile aux étatsuniens, il fallait s’en débarrasser. Comment expliquer alors qu’on bombarde la Lybie si lourdement, sans intervenir pour autant dans d’autres situations qui ont clairement plus besoin d’aide?

Voilà la grogne avec Iran, avec Irak, avec Afghanistan : ça migre selon les projets de Halliburton, par exemple, ou d’autres intérêts de multinationales. Les gouvernements ont été forcés par les toutes-puissantes entreprises à dérèglementer en leur faveur, ce qui a amené la présente crise. La grogne populaire qui, elle, est dirigée contre les gouvernements en raison de la piètre gestion de leur situation collective, ne peut qu’affaiblir davantage ces derniers, et risque d’entrainer une chute de tout ordre civil, vide de pouvoir qui sera rempli soit par le pouvoir armé (militaire ou autre), par le pouvoir privé (multinationales et associations privées), sinon par une dangereuse alliance des deux.

On a contemplé – spécialement de la part des États-Unis – une recrudescence à la fois qu’une sophistication des techniques de la guerre, la plus notable d’entre elles étant la possibilité de manipuler amplement le climat, par moyen de très basses fréquences et d’ionisation. On se rappelle presque la chambre vidée de papiers dans laquelle se trouvait le corps sans vie de Nikola Tesla – ou sont-ils passés, ces documents? HAARP et ses possibilités ne sont plus un secret, mais reste à prouver si son utilisation est responsable de l’ouragan Katrina, du tremblement de terre en Haïti, de la catastrophe de Fukushima. Reste que la consigne de plausible deniability est ici respectée à la lettre…voici la guerre du futur.

Si le Printemps Arabe a été organisé avec un budget minimaliste de la Défense étatsunienne, son efficacité est glaçante. Si l’utilisation de HAARP se confirme en relation aux désastres mentionnés, ces opérations n’auront pas coûté la vie d’un seul soldat des États-Unis. L’occupation d’Haïti par l’armée étatsunienne n’a pas rencontré d’obstacle ni d’opposition; en comparaison, l’occupation d’Irak a coûté presque 5000 vies et au-delà de 30 000 blessés à ce jour (ceci juste pour les forces des États-Unis, car les body counts des irakiens sont exorbitants). Il est clair, surtout après le fameux 9/11, que les opérations sécrètes étatsuniennes devaient chercher à prioriser, par tous les moyens possibles, la minimisation du coût en vies étatsuniennes. Les solutions qu’ils ont trouvées pour ce problème sont aujourd’hui du domaine du fantastique, du futurisme et de la science-fiction.

Et, bien sûr, personne ne risque de pouvoir le prouver, jamais.

6.8.11

Blesse qui peut (suite d'images)


Économie de cauchemars, écrit sur l’interrupteur de la lumière dans la chambre d’un enfant. Dans la salle de bain, auprès du robinet – économie de soif. Sur le frigo – économie de faim, et ainsi de suite...


Un homme met un haut-parleur à sa terrasse, dissimulé derrière un arbuste touffu qu’y trône, et régulièrement diffuse le chant d’un oiseau femelle ; et les mâles virent fous et chantent et tournent autour de la terrasse, nuit comme jour, sans réussir à apercevoir la femelle ne serait-ce qu’une seule fois. L’homme est heureux d’avoir constamment des oiseaux à sa terrasse, et s’en réjouit ; mais sans le savoir, il est à l’origine d’une légende – que dis-je – d’une religion, parmi les oiseaux.


Une tempête de neige digne d’un imposant changement climatique s’abat sur Séville le jour des festivités de la Semaine Sainte : on sort les vierges à l’intempérie. Les costaleros – ceux qui sont chargés de monter les lourdes statues sur leurs dos boursouflés d’hématomes et de les promener soigneusement en ville au pas des harmonies – gèlent de froid. Ils glissent sur la glace, perdent l’équilibre, s’enfargent dans la sloche. Les doigts des musiciens accusent bientôt des symptômes d’engelures, et ils arrêtent de jouer. La vierge finit en mille morceaux dans le banc de neige, ses cierges mouillés. Après – une panne de courant sévit dans la ville. Le lendemain le cortège reprend, ayant substitué à la vierge un cadavre congelé.

Ambisiniestros (el paralelo de Berlanga)


"Hay muchos síntomas para pensar que España no ha sabido encontrar una fórmula buena para su vida. La República federal de 1873 fue un tremendo fracaso. La monarquía de Alfonso XIII fue mediocre y se estaba desmoronando de tal forma que tuvo, al fin, que recurrir a la dictadura, que tampoco le sirvió más que para deshacerse por completo. La República unitaria y semisocialista actual ha sido otro fracaso."
Pio Baroja, 1936

“La España de hoy mira a la España de la II República con enorme reconocimiento y, sobre todo, con satisfacción y orgullo por lo que hemos sabido hacer entre todos en esta etapa constitucionalista.”
José Luis Rodríguez Zapatero, 2006

"Si […] alguien cree que la República puede ser en este momento una solución para España, merece estar apartado en un manicomio."
Stanley Payne, 2006

"La crispación política me da mucho miedo. Y ahora hay mucha. Como en el 36. La gente no sabe lo que hace."
Luis García Berlanga, última entrevista, 2010

“A vencer el día 19 en las urnas y si somos derrotados, a vencer el día 20 en las calles.”
Lema de los Socialistas, 1934

“A todos lados que hoy miremos, por la derecha como por la izquierda, en esta tan joven y ya tan desgraciada cosa pública, república española, no vemos más que esto: manoteos, grotescos manoteos: teatrales o policíacos, manicómicos y monomaníacos. Es un constante estarle a uno metiendo las manos por los ojos para convencerle, o para que no vea; un meterle las manos por los ojos a las gentes para convencerlas a ciegas, para taparles la verdad. La mano derecha o la izquierda o las dos, que, como decimos, los hay ahora ambisiniestros como antes los hubo ambidiestros en manotear.”
José Bergamín, 1933

“¿…está de parte de los indignados o está de parte de las Fuerzas y Cuerpos de Seguridad del Estado, si está con los antisistema o está a favor del sistema, si es un indignado más o es el representante de la Policía?”
Esteban González Pons a Rubalcaba, 2011

“La ley de la turbamulta es la ley de la minoría disfrazada con el ademán soez y vociferante, y eso es lo que está imperando ahora en España; toda la vida española en estas últimas semanas es un pugilato constante entre la horda y el individuo, entre la cantidad y la calidad, entre la apetencia material y los resortes espirituales, entre la avalancha brutal del número y el impulso selecto de la personificación jerárquica, sea cual fuere la virtud, la herencia, la propiedad, el trabajo, el mando; lo que fuere; la horda contra el individuo.”
José Calvo Sotelo, último discurso, 1936

“Esta Columna, formada espontáneamente al calor de esa protesta en las calles barcelonesas y engrosada posteriormente por todos los que se han sentido hermanados con nuestro ideal, tiene unidad en su conjunto y finalidades, y sus individuos se disciplinan a cuanto tienda a conseguir su objetivo de batir al fascismo. Si la disciplina tiende a buscar un mayor rendimiento en los individuos, esta Columna puede dar buena prueba de su efectividad: el trabajo realizado en el frente por nuestros milicianos y el avance constante de nuestras posiciones son nuestro exponente mejor en favor de la auto-disciplina.”
Buenaventura Durruti, 1936

"Muchos pensaron que el movimiento 15-M se agotaría a sí mismo tras las elecciones autonómicas y sin embargo se ha confirmado como el motor de un ciclo de protestas destinado a poner a prueba a la democracia española. Por fin, todo ese descontento y malestar general ha encontrado un cauce, una vía de canalización que es nuestro deber mantener."
Lara Hernández, portavoz acampadasol, 2011

“Lo peor del PP es que siempre espera que otros hagan su trabajo. […] Pero como en la II República, las instituciones son cáscaras vacías y nadie va a entregarle sonriente el poder a Rajoy. Si gana, el PP deberá hacer frente desde el Gobierno a una rebelión de nacionalistas y socialistas como la de 1934. Si pierde, y desde la oposición, el PP afrontará su exclusión guerracivilista de la vida pública, como en 1936. […] En vísperas del nuevo 34, Rajoy ha decidido discursear, como Gil Robles en el 36. Y ante la secesión, o sea, en el nuevo 36, el PP irá a pedir ayuda al Rey y al Ejército, irreversiblemente apolillados. Todo igual, pues, pero peor.”
Federico Jiménez-Losantos, 2010