BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

26.11.11

Indignez-vous de la STM!


Depuis toujours, j’évite de prendre la ligne 45 d’autobus, Papineau. Et ça ne prend pas la tête à celui-ci pour comprendre pourquoi. Au fait, il s’apparente plus à une boîte de sardines qu’à un autobus. Premièrement, parce qu’on est entassés et suintants en dedans, ensuite parce que ça ne bouge pas. Le syndiqué au volant a des instructions de continuer à tasser des gens à l’intérieur du véhicule jusqu’à qu’il ne voie plus son rétroviseur. Quand il démarre, pouvoir débarquer c’est un miracle. Et c’est que, une fois notre place prise, il n’y a plus aucun moyen de bouger, ni vers la sortie ni vers ses poches pour trouver un mouchoir, ou changer de toune – à l’heure de pointe, le transport collectif, c’est toute une chemise de force collective.

Je rencontre des vétérans de la 45. On me dit que ce trajet est toujours encombré, depuis au moins vingt ans, qu’on n’a jamais augmenté la fréquence ni la taille des autobus, qu’on a jamais créé une voie réservée, comme ailleurs au tiers monde, pour s’assurer que l’autobus ne soit pas immobilisé des heures durant dans les embouteillages. Et c’est bien la seule ville où je vois un autobus vide collé au cul d’un autobus plein, l’un un retard, l’autre en avance, sillonnant la même route. Dans le cas de la 45, avec le trafic du pont Jacques-Cartier encombrant inéluctablement son trajet, c’est impossible de comprendre pourquoi rien n’a été fait. Tout ce qu’on a fait, c’est d’augmenter les prix.

À Longueuil-UdS, on n’accepte pas les billets achetés à Montréal. Il faut débourser 3$ et endurer des syndiqués parmi les plus baveux de la planète. La première fois, comme un gros innocent, j’ai été obligé de marcher tout le pont jusqu’au centre-ville, parce que je n’avais pas assez de change, juste un billet acheté à Montréal. Je chignais tout le long de ma promenade. Or, même en lui offrant le billet et les 50 cents supplémentaires, le syndiqué n’a pas voulu me le changer. Sa dégaine m’a enragé au plus haut point. Ceci arrive des dizaines – voire des centaines – de fois par jour. Ils se paient notre gueule, à Longueuil. D’ailleurs toute référence au pont qu’on devra traverser à pied, se solde par deux réponses possibles : soit le classique ce n’est pas moi qui fais les lois ou une constatation officielle que ce n’est pas mon problème.

Une fois, c’est arrivé à une jeune dame juste devant moi dans la file du guichet. Pour ma part, j’étais déjà avisé : j’avais mon trois piasses en main. Pas le choix, j’avais appris the hard way. La dame, c’était sa première fois. Elle était d’une élégance sans pareil, et comme toute femme qui porte du Paloma Picasso, elle s’est gagnée mon empathie sans même se le proposer. Le syndiqué, un colon bleu, lui explique froide et grossièrement la situation. Mais la pauvre femme n’a pas assez de liquide. Elle a tout juste 75 cents et les lui montre, exhibant l’intérieur de son chic portefeuille. La file est longue derrière elle, et elle s’inquiète de retarder des gens. C’est alors que le gars lui lance, avec un sarcasme intolérable :

– Mais tu sors de même de chez toi, sans argent?

La dame ne savait quoi répondre à semblable grossièreté, mais moi si. Des comme ça, j’en mange. J’ai vite décidé d'éviter à la dame le besoin de perdre temporairement son élégance :

– Heille, toé! Tu vas lui parler comme du monde, le syndiqué!

S’est ensuivi un moment de tension extrême où le baveux s’est vu confronté à un miroir, à la fois que j’achetais deux billets, devant l’incrédulité de la jeune dame à qui j'ai offrais le deuxième. Elle m’a remercié avec effusion et m’a donné son billet montréalais, mais je lui ai demandé de garder son 50 cents, question de principes. Quant au syndiqué, j’ai fini en lui lançant :

– Ça paraît en ostie que t’es derrière une vitre. Mais à un moment donné, il va falloir que tu sortes. T’a intérêt à faire attention…

Ce que je vois à Montréal, c’est que les gens ne répliquent pas aux enculés de la STM, ne leur font pas passer des mauvais quarts d’heure, ne leur poussent pas au suicide ni à la réorientation professionnelle dans leurs échanges quotidiens aux guichets. À 3$ le trajet, et en vue des sempiternelles augmentations de prix de chaque nouvel an, ils devraient le faire. J’ai connu les métros de Madrid, de Londres, de Paris, les systèmes de transport de maintes autres villes, et en voyant le réseau de la STM (surtout quand ils s’annoncent meilleur réseau de transport de l’Amérique du Nord en 2010), je n’ai jamais pu éviter pouffer de rire, sauf qu’à l’heure d’acheter un billet c’est beaucoup moins drôle.

Nous avons donc un réseau déficient et trop petit, des autobus trop petits et pas assez fréquents, un manque important de voies réservées, des employés désagréables et hautains qui osent des grèves et qui n’ont pas assez peur de perdre leur job (ni leurs dents), des pannes constantes, des retards, des autobus manquants, des systèmes tarifaires inconsistants, des tarifs carrément trop élevés et un système nocturne presque inexistant. Le tout dans une ville qui se veut cosmopolite et moderne, et où il peut faire – 40°C l’hiver. Entre temps, les autos (trop souvent une personne par auto) engorgent les artères toute la journée puis les ponts deux fois par jour. Entre temps, les cyclistes n’ont pas assez de pistes cyclables, les piétons pas assez de rues piétonnes ni d’espace pour marcher. Les cyclistes se ramassent sur les trottoirs (grrrr!) et les piétons sur le banc de neige.

À quand un péage aux ponts d’accès à l’île pour solutionner tous ces problèmes à la fois? Nous avons les technologies et les idées pour nous situer à l’avant-garde du transport municipal, en vue de l’expansion métropolitaine. Mais nos institutions et nos élus jouent avec les 1 227 604 000 $ du budget de la STM, et ils ont le sang froid de demander du cash pour la guignolée en même temps qu’une augmentation monstre de la CAM (35$ de plus pour celle de Longueuil). Et l’incompétence est de taille : comme la chauffeuse qui a pété la vitre arrière d’un autobus en reculant sur la boîte électrique d’un poteau. Comme beaucoup, lorsqu’ils passent systématiquement sur les rouges (et réussissent à arriver en retard pareil), comme à chaque fois qu’ils appuient sur l’une des pédales à leurs pieds, on a l’étrange sensation qu’ils ont gagné leur permis dans le fond d’une boîte de céréales...

Non, définitivement, à la STM, ils n’ont pas assez peur.

La race tranquille


ce crescendo du métro
arrivant à la station
n’est-ce pas – en
tout classicisme –
une ouverture?



exemplifiez ce sort des damiers
de se définir par alternance
profitez là où il est encore possible
de simplifier l’enjeu : au jeu

l’ossement salue les âges
et se goinfre du calcium des étoiles
il ne vaut rien sans farce
ce crâne zieuté par des crânes

si j’étais fait de roues
greffé du cercle et en équilibre
par le mouvement
je tenterais de m’arrêter

il en est de ces inutiles
qui meurent



il faut préférer
les textes ouverts
aux carcasses éditées



par un faste grec
je me remplis d’adieux aux panneaux
conçois les arcs comme une préhistoire
un style en croix
blanchâtre et féroce

les os sans renfort
flâneurs de pluie nous espionnent
d’avoir su piller l’ombre à parfaire
j’aurais été en mesure de dire
combien

être la race tranquille
demande quand-même un courage discret
la pratique et la jouissance
le front tenace de Frontenac
qui crie contre-courant à décibel perdu



l’arbre impossible
se défeuille aussi
par gêne et par froid
par souci de réalité

Afilamiento


no me toques ni me fosilices
no me conviertas en grito
cuántos embudos hay
con la lana se apega
la amargura fuerte
de cuatro costados
las madalenas plateadas
tambaleando de las niñas
del ojo tierno azotado
por las turbulencias
de un siroco hambriento
nunca se debe ser tan matinal
ni tener el cerrojo tan cerca
del orinal cierto que las papilas
se queman con el guiso
recalentado demasiado espeso
para el paladar nuevo
y la vecina de siempre lleva años
golpeando la cuchilla de afeitar
en los azulejos de la bañera
para extirpar los pelillos del filo
al filo de sus depilaciones
hermanos hermanas
no me seáis hoy infieles
a orejas cerradas
aunque bien el capullo
se cierre de noche
y sirva para la emancipación
de las estalagmitas
nadie ha pedido los magistrados
y el juicio nadie ha perdido
los pelajes de los jueces
asentados en los libros gruesos
y el misterio perdura
en trampas de aceite
terciopelo de naranjos al cubo
arengas democráticas para el bostezo
con portento estridente
y cita a ciegas sin tener
que perderse los cuartos de final
ni el final de tres cuartos
por orinar en la zona gris
con posibilidad de objeción
a su señora que no me frustre
el mérito de haberle dado
un hostión al espejo
con densidad propia a la mano
que no sangra y a la fuerza
que no muta de ánimo
u forma

24.11.11

Guerra al Chupi Chupi


Durante mucho tiempo, pensé seriamente que ningún gobierno iba a intervenir, que se iba a permitir esta broma de mal gusto que se le está haciendo a la música latinoamericana sin rechistar siquiera. Y al final no ha sido Tipper Gore la que ha salido escandalizada, arrastrando con ella al Partido Republicano estadounidense hasta conseguir la censura total. No, han sido los comunistas cubanos, aquellos dinosaurios que parecen estar en el mal siglo con cada una de las torpezas políticas que cometen. Y es que han dado en la diana como nadie. Lo malo es que, con la poca credibilidad que tienen, todos estos argumentos se pueden venir abajo con todo el artesonado. En fin, al menos alguien ha dicho lo que yo quería oír. No, si al final voy a acabar de izquierdas, vaya cosa...

Así va la leyenda: el diario Granma, legendario periódico del partido comunista cubano, ha publicado este artículo denunciando la baja calidad así como la popularidad de un éxito reciente de reggeton llamado Chupi Chupi. El tío que la perpetra se llama Osmani, que rima con cani, y tiene el mismo brillo en los ojos que una vaca lechera. (A veces veo a tíos así en la calle y me dan ganas de eugenizarlos, por pura democracia. Yo soy de los que creen que los canis desean ser sodomizados violentamente, pero que son demasiado tontos para darse cuenta. En todo caso, es lo que se merecen.)

Resulta imposible escoger una cita del artículo del Granma, siendo tan crucial e acertada cada una de sus frases e ideas que sería necesario reproducirlo al completo (vivan los hipervínculos). Pero de caber resaltar una, sería sin duda aquella de: Promover manifestaciones tan inadecuadas como las que nos ocupan, significa regresar a instintos pre-humanos, contra los cuales lo mejor de la humanidad está luchando desde hace siglos. Así es: el reggeton es para subhumanos, cromañones y gente atrofiada por las drogas artificiales.

Yo también fui joven, y no quiere decir que ahora sea viejo. Si hay alguien progresista y revolucionario, con ansias de pionero y las pilas puestas para el futuro, ese soy yo. Pero esto que escuchan muchos jóvenes hoy en día, aunque suene calcado de un carca de cada generación: es una verdadera porquería. Desde el punto de vista de la música profesional como amateur, y considerando todos los avances de la música bailable o popular que se han hecho desde hace un siglo, solo se pueden analizar estos reggeton, champeta, crunk, etc. como regresiones desde la música hasta el ruido que la engendró. Es decir, se ha vuelto a la cueva musicalmente. Y los textos, con su sexismo categórico y vulgaridad banal, tampoco van más allá de la Edad de Piedra.

Esto es un peligro mucho más para la cultura latinoamericana que para la norteamericana, que ya casi está muerta, y cuya única riqueza será el abono que dejé al palmarla. Resulta inaudito que un continente, y sobre todo esa isla, que son monumentos vivos del mestizaje musical, de la riqueza, de la sutileza, del erotismo artísticamente profundo, del color, del dinamismo, de la polimetría (rítmica en cruz), de todo esto, plasmado magistralmente en la música de todo un pueblo, parece inaudito, digo, que caiga víctima de esta ola infecta. A mí me parecía que aquella cultura, por ser rica y fuerte, diversificada, no tendría razones de pasarse al enemigo.

Cuba ya no es un país tan dictatorial como lo fue. La prueba es que han dicho que no van a prohibir la canción; está claro que han aprendido que todo lo que se prohíbe se hace más fuerte. Abel Prieto, el ministro de cultura, ha afirmado que se luchará contra esa moda con toda la tradición musical cubana. Eso es lo que diría una persona sensata, como la ilustre musicóloga que escribió el artículo. Pero esa parte mía que no es sensata y que ha odiado a los canis desde que aparecieron disfrutaría enormemente de ver como todo el peso de la ley de un país se abate sobre estos artistas de pacotilla y sus zombis de turno. Y ya puestos, si en Jamaica alguno acribilla al Sean Paul y a toda la panda de homófobos hijos de puta que secuestran las radios con su flow mongoloide sin saber escribir una sola nota, nos van a hacer un favor a muchos tímpanos del mundo.

Siempre lo dije: dictadura artística. Imponer el arte al pueblo es esencial porque, sin lineas directivas: ¿qué escucha el pueblo? ¿qué lee el pueblo? ¿qué hace el pueblo?... Este reggeton es peor que Céline Dion: los carrozas al menos no hablan de violar a mujeres en sus canciones, y a Céline no le hace falta un vocoder. Este reggeton, y (casi) todo el hip-hop, es un excremento adinerado que nos embuchan a ciento veinte cucharadas por minuto, y que poco tiene que ver con la μουσική (el arte de las musas). Hay que cargárselo como sea, y estoy en ello. Probablemente no veré el fin de mi labor, pero sé que no estoy solo. Y ganaremos. Músicos del mundo: uníos contra esta ignominia. No toleraré un segundo más que se destroce un legado ancestral desde Guido d’Arezzo hasta Tito Puente, con tres gamberros y sus botoncitos.

Os declaro la guerra.

23.11.11

Indigneigement

n.m. action de déloger les Indignés sous prétexte de déneigement.

Le maire Tremblay sue. Il est au 99%. Le chauffage de la mairie est au max. Les tasses de café refroidi s’accumulent sur la table de conférence à n'en plus finir, et on demande vite à Manon de venir les débarrasser. Dehors, le duvet de neige devient une moustache tunisienne poivre-et-sel. Autour de la table, se massent impatiemment les représentants des forces publiques municipales : police, pompiers, intervenants sociaux, et d’autres personnages moins connus du grand public. Ils ont déployé une énorme carte du centre-ville où les ruelles font deux centimètres. Au vent, ça plane certain. Ils la prennent maladroitement à plusieurs pour l’étendre sur la table, libérée après le passage de Manon.

Ça fait des heures qu’ils sont là, excepté quand ils vont fumer dans l’escalier de service. Tremblay regarde par la fenêtre – bientôt, Noël, les cadeaux, les fêtes, les vacances : il faut boucler. Tous attendent. Il sait qu’il manque les gonades d’autres grands maires émérites, mais c’est sa force : il gouverne par l’ingouvernance depuis plus de dix ans. Il a toujours su gérer très efficacement son incompétence et celle de son cabinet. La crise qu’il affronte à présent exige de lui, a contrario, une décision claire, et ceci le rend extrêmement nerveux. Il presse ses aides de trouver des alternatives pour gérer la crise sans intervention.

Voyant la neige tomber avec plus de décision qu’il n’en a eue en dix ans, Tremblay se croit à bout de forces, à bout d’arguments, et considère soudain, dans son for intérieur, la démission immédiate, comme un dernier recours pour protéger sa neutralité de volonté. Mais la pensée l’effleure alors en voyant la neige, comme une bouée de sauvetage, à la rescousse de son prochain mandat :

– Messieurs, mesdames : voilà notre prétexte! Nous devons déneiger la ville, ce sera donc pour leur sécurité qu’on leur priera de partir avant que la déneigeuse elle ne passe! On leur dira qu’on ne veut pas leur faire bobo!
– Excellente idée, monsieur le maire!
– Bravo, hourra!
– Le prochain mandat sera nôtre!
– Vive l’escouade GAMMA! [sic]

Pendant la tempête, au campement des indignés, square Victoria, les tentes se réchauffent par des moyens humains à la disposition de tous. Le camp a périclité notoirement, en aspect et en karma, dans ces dernières semaines. Ce ne sont pas uniquement certains itinérants, c’est juste la subsistance de certaines mentalités. Mais le camp n’est pas le mouvement, et le mouvement n’est pas les mouvances qui le composent. Comme les poissons dans le courant, la terre tourne à trente mille mètres par seconde et personne ne s’en rend pas compte. Penser qu’on ose parler de quiétude sur quelques contrées de cette planète qui est un bolide spatial. Ainsi ce mouvement, qui n’en est pas un. Ainsi cette tendance, qui n’en est pas une.

Pour beaucoup, la contestation est un mode post-adolescente à abandonner dès que la relation amoureuse coagule pendant plus que trois ans, ou en cas d’études supérieures ou de job nécessitant la vente de son âme à Amazon. Il y en a qui en font de la politique. Ça me révolte de voir des drapeaux communistes dans toutes les manifs, et surtout chez les indignés. Les médias n’arrêtent plus de dire que ça vient de NY, d’Occupy Wall Street. Ç’en est une pâle copie d’une pâle copie, blanchie maintenant par la neige. Je suis de moins en moins indigné qu’on ne dise pas que ça vient de l’Espagne, et que c’est supposé être lié au Printemps Arabe. Peu importe, ce sera la job des geeks derrière Wikipédia, les moines des codex futurs.

Est-ce qu’on va être capable de trouver le message? Ce fameux message dont tout le monde parle et que je n’ai pas encore dégusté? Ici les gens sont trop pissous pour être leaders, et ceux qui veulent l’être sont trop souvent ineptes, ignorants ou malintentionnés, ou bien encore tous les trois ensemble. Aussi, et voilà le drame, de Riopelle à Julie Tzschneider (rofl), les vrais leaders s’en câlissent net. Et si vous lisez ce blog régulièrement vous aurez vu comment ma déception fait de plus en plus place à ma défection. Espérons qu’il n’y ait pas trop de défécation sur ma tête…

Alors, oui. Quelques-uns sont crissement à veille de se faire tasser. Il faut croire que les ambulanciers (les ambulanciers ont toujours raison) ont peur d’avoir des morts par hypothermie sur la conscience. On parle pas de Madrid ici, où l’hiver il fait autour de 0°C. On parle de husky et d’alcoolisme et d’engelure congénitale. Faut pas niaiser avec la poque. Il y avait un monsieur qui commentait sagement sur Radio-Canne : Je m’Occupe, Montréal ou quelque chose de semblable. Génial. Je m’occupe en tabarnak. Mais en dedans, là où mes doigts peuvent encore bouger pour faire du travail utile.

Mais – et voici la grand trait qui me différencie de la majorité des indignés montréalais au-delà du pédantisme – mes occupations sont pertinentes, durables et bénéficieront à une majorité, si non pas maintenant, un jour. Mes occupations, dont, bien évidemment, la tenue presqu’universellement ignorée de ce blog, sont à caractère créateur sans compromis possible. Quiconque s’y oppose, à ma création, a bien tout droit de la contester et de s’en abstenir. Par contre, celui ou celle qui cherche à empêcher ma création, comme le gouvernement Harper ou Charest, comme le Conservatoire de Musique de Montréal, comme tant d’autres institutions et individus, celui ou celle-là, c’est mon ennemi.

À eux je dis, par cette citation pas rapport (aucun rapport) de la Bible qui – à travers la liberté d’expression – me protège de leurs lois : 1 Samuel 17 :46. Amen. Que commence l’indigneigement. Que commence votre vie d’indigné, votre sommeil d’indigné, votre métastase de l’indignation. Indignez-vous vraiment, parce que sinon, c’est tellement mièvre que ça pue au nez. L’autre jour, les employés de McGill ont manifesté sur Ste Catherine, paralysant plusieurs trajets d’autobus municipaux. J’étais dans l’un de ces autobus immobilisés, quand un bonhomme âgé, tout courbé et chargé de sacs d’épicerie, rustique comme une Sagouine, a demandé tout sérieux à la chauffeuse :

– Késsé çâ? Encore les insatisfaits?

Chapeau.

La pura nieve de los copones


Ayer me encontré con dos madrileños en el metro de Montreal. Me llama siempre la atención oír el acento aquí, y casi siempre intervengo brevemente para saludar. Casi siempre también, se quedan un poco de piedra porque no se esperan ver a un compatriota tan arraigado. Normalmente están de vacaciones, o estudiando empresariales. Estos estaban estudiando empresariales. Saltó, claro está, la pregunta típica:

– ¿Cuánto tiempo llevas aquí?
– Demasiado, contesté como de costumbre.

Y es que, sin darme cuenta (o más bien dándome cuenta, lo que es peor), he cumplido trece años de exilio. La noche misma de esta conversación espontánea en el transporte urbano – zasca (y rasca), el primer nevadón. Esta mañana hasta el gato quiere quedarse adentro. De nuevo nos tocan vivir sendos meses interminables de frío, viento, hielo, nieve, granizo y anocheceres a las cuatro de la tarde. No puedo ocultar que la llegada de esta estación me deprime siempre al máximo. A veces, lloro, y no es por el viento.

Aquí, durante esos meses, cualquier animal con sangre latina queda sumido en una pequeña muerte. Y es que hacen falta varios años de experiencia para saber afrontar con propiedad los rigores del invierno canadiense. Cómo abrigarse, aprender a caminar sobre el hielo negro (aquel en el que todos deslizan y al fin Rousseau tiene razón), a saltar por encima de los charcos congelados, a soportar el crac-crac-crac de la nieve bajo nuestros pasos (peor que uñas rasgando la pizarra), o el raspado de las palas mecánicas apilando la nieve en la madrugada, a prever media hora más en todo desplazamiento – todas estas cuestiones tan poco apasionantes resultan vitales en estas tierras.

Por eso les pregunté a los de Madriz:

– ¿Ya habéis pasado un invierno de los de aquí?
– No…
– Pues os vais a cagar…

Cada invierno, cada primera nevada, lo mismo – voy insultando la nieve por la calle, en español. ¿Qué me importa a mí que me miren como a un loco, todos estos locos que disfrutan de la nieve? Y es que solo he logrado vivir el invierno como un castigo, como un sacrificio impuesto cuya primavera no es más que una redención temporaria. Cada año me juro a mí mismo no pasar un solo invierno más en Canadá. Y cuando, con profunda abnegación, constato que aún estoy aquí, bajo pilas de nieve infranqueables, me prometo al menos que no moriré aquí. Nacer aquí, y durante la peor tormenta del invierno en que vine al mundo, ya es bastante cruz.

Pero no es lo mismo para muchos canadienses que llevan el invierno en la sangre desde hace muchas generaciones. En cuanto nieva, salen a jugar de niños, a esquiar de mayores, y les encanta, y se lo pasan pipa, y no dejan de repetir lo saludable que es el aire frío para los pulmones, para la piel y la circulación sanguínea.

Me parece muy bien, pero por más que me ponga dos pares de guantes, calcetos de lana, gorro de lana, calzoncillos largos, jerseys, unas botas hi-tech, y un anorak concebido para el ártico (no tan lejano), a mí se me hiela la sangre cuando salgo. Los ojos me lloran sin tregua, los mocos se me congelan en las ventanas de la naricilla, que se me pega al interior de la bufanda, y si estoy fuera demasiado tiempo, me toca sufrir unos sabañones épicos, a pesar de todas las precauciones que tomo.

Difícil considerar, entonces, que el invierno no sea un castigo. Siempre hablan del infierno como un lugar ardiente, donde las llamas eternas lo queman a uno. Pero habría que considerar lo contrario, y es que el infierno sea un lugar helado, donde – como aquí – el sol brille sin fuerza alguna, cual un espejismo. Infierno e invierno: tan solo una letra de diferencia, y que, especialmente en una lengua extranjera, puede sonar tan parecida…

21.11.11

Música cani en Génova 13


Los directores de campaña del PP ya pueden volver de sus vacaciones; el problema es que ahora hay que gobernar. Aparte de los caramelitos, de inspiración cuentista, no han tenido que hacer nada para ganar estas elecciones. Ahora sí, ahora toca, y se les va a ver el plumero (y el euro y el águila real). Y así es que la mala gestión de los inútiles ha abierto la puerta a una raza mucho más peligrosa, ya sin la torpeza del funcionario: son ellos. Los pijos, hijos de grises, quijotescos a 120 BPM, que estaban allí en Génova 13, con un chiringuito montado con la pandereta y el vocoder de los canis, de los tontos y de los americanizados… ¿Con que son estos los que han ganado? ¿Pero de dónde los sacan? ¿Del rave del Valle de los Caídos?

Así recibían estos esbirros del poder oscuro a su nuevo presidente, a las 22h 55:

Eh…eh…socialista el que no bote…eh…eh…


Pues yo, de socialista nada, y no boto, no. Ni con vuestra susodicha música, que se aparenta más a un ambiente de puticlub financiado por la mafia, ni con vuestra mayoría absoluta. Ni boto, ni voto, ni estoy en la foto. España es ingobernable. España es cuna de lo cutre, de lo cutre católico como de lo cutre anarquista, como del Cutrelux, con toda su morbosidad. El desliz del debate, protagonizado lamentablemente por Rubalcaba, es la mejor prueba de que todos estos chorizos son los mismos, y que llevan todos el mismo guión:

Ahora es usted el que mi-en-te….
Le interrumpo – de corregir el ganador.

Lo que hay, como siempre en España, es mucho gilipollas. Mucho tonto que sigue votando. Pero algunos han comprendido: 2,16% menos de participación. Tampoco se puede esperar que todo el mundo comprenda todo el peso de su vida y de lo que tiene alrededor. Estamos muy mal hechos, uno por uno, los humanos – nuestra fuerza es nuestra pluralidad. Desgraciadamente, España ha sido siempre, en su historia, el escenario a la vez del éxito y de la falla total de esa pluralidad. Hoy se reitera esa historia.

No es por nada, y ya lo dijo este auctor, pero no se escogió sin motivos un 20-N, fecha negra de la derecha española, para esta elección tan decisiva. 75 años del 36 (Primo de Rivera), 36 años del 75 (Franco): demasiadas coincidencias, al menos este escalofrío funciona. Si se compara con lo que está haciendo la derecha europea, todo concuerda, y en EE UU seguirá la tendencia y, tal y como los indignados inspiraron Occupy Wall Street y sus sucursales, esta fragmentación fatal de la izquierda hará caer a Obama con resultados muy peligrosos: Irán, entre otros.

Ya en Canadá, en las últimas elecciones, hubo un panorama similar: se hundió la centroizquierda, y la derecha del Partido Conservador, calcada del Tea Party, se hizo con una mayoría absoluta. Más y más elecciones se concluyen con resultados asombrosamente parecidos. ¿Complot? Sí, pero no electoral. La gente sigue votando estúpidamente, y son sus vidas las que han sido alteradas, por el consumo, la tele, los productos, la vida industrializada, etc. Si se puede cambiar a una persona, se cambia su voto….

Por eso se nos educa, desde tan jóvenes, hacia esta catástrofe del pluralismo, en vez de dar aliento a la inspiración colectiva, algo que los revoltosos sabemos hacer muy bien. Los culpables de esto son los mismos que perpetraron la LOGSE, que ahora se quejan de que los indignados no traen ideas nuevas y que son todos unos mindundis.

Así que a meditar sobre lo que dijo Berlanga y otras cuantas quijotadas de estas que nos suelen definir; que si hay guerra, no me toméis por Hemingway ahora que no hay bous. Tampoco iré a abrir una PYME. Me interesa más el conflicto de las palabras: el que puedo generar con la distancia y el tiempo necesarios para su inflorescencia. Eso de la Gran España todavía no lo había dicho nadie en democracia: a saber lo que quiere decir Rajoy, si es que no nos raja hoy…

Y es verdad que el Valle de los Caídos debía de estar vacío en este 20-N. Por una vez; la peor. Mejor hubiera sido que faltasen el año pasado y fuesen este. La prueba ha sido la hedionda pancarta, enorme, por cierto, que tronaba en Génova 13, durante el discurso de Rajoy. En ella, escrita con grima y sin gusto, porque así es la cosa, se podía leer:

Ni con 16 ni con 18. Aborto Abolición.

Los que faltaban. Los anti-aborto. ¿A que eran los que acudieron masivamente a Madrid a ponerse pedo para ver al Benedicto de los tabarros, el ksvi, que lo llamo yo, que por estas ya está tan tieso y motorizado como su predecesor? Ya se ve por qué camino nos van a llevar estos chorizos, en alas del voto de tanto gamberro descerebrado. Y no lo digo por socialismo. Más bien por apego a los derechos civiles.

Uno no puede ser profeta en su país. Por eso mismo, por mi exilio ya prolongado, me he convertido en profeta español, y no es coña, ni droga. A ver cuando llega aquí RTVE Internacional a dar crédito a mi exilio, a ver cuándo habrá un gobierno que reconozca que yo soy cojonudo. Mientras tanto, me desdoblo de la política como origami libre, y yunque o martillo sigo escribiendo, y a veces me da morrinha. Y a Mourinho también, toma ya. Y a Espinete…

Juro nunca abandonar el castellano como lengua de expresión.

11.11.11

111111


Hoy estamos sobrados de onces, situación capicúa por excelencia. Habrá que esperar cien años para poder escribir, legal y coherentemente, semejante retahíla de palotes en calidad de fecha. Se desprende del once mucho tarot, mucho simbolismo de la conspiración. Número primo sexy, de segundos del primer vuelo, de apóstoles tras el beso de Judas, del sodio, maestro, de salvas en funerales militares estadounidenses, de la hoja de arce de la bandera canadiense y de la base geométrica de su dólar así como de la estatua de la Libertad, infinito en euskera – el once es único y sorprendente. También obsesiona a los arquitectos del nuevo mundo, que firman a menudo con esta cifra sus perpetraciones.

11 de noviembre de 1811: independencia de Cartagena de Indias, segunda ciudad en hacerlo solo tras Caracas. Ahora Bolívar no es más que un nombre al que se le ha arrebatado la rareza del diamante que otrora le animara, Bolívar es una moneda devaluada, un aeropuerto, un colegio, un estadio, una recuperación más. Doscientos años de ilusión al dente, prensada por Cristos criollos a punta de machete. El hambre se dispara: el hombre dispara. Tanta muralla para protegernos de los depredadores del exterior, cuando resulta que éramos caníbales, y que el peligro radicaba adentro. 11 de noviembre: el cumpleaños de Dostoievski.

Me haría falta un papel, como el acta de Gobierno que los hermanos Piñeres y el Tuerto Muñoz hicieron firmar a los representantes de la corona española. Y con esto ya depondría yo a varios. Lo que hace falta es menos mafia mundial, menos moralización, menos crucecitas y un poco más de cultura. Solo con un poco ya habría diferencia. Y es que llegamos al día en que esta obsesión del siglo incipiente que llevamos acuestas como Sísifo (los que podemos) se inmola en su repetición esotérica de un número: el de los ciegos. Llega el 111111, como un tren nuevo y reluciente de las ilusiones de tantos gilipollas. Siete billones: ya llego el otro día un bebé que no lo sabía. Es que no nos morimos a un ritmo suficiente para equilibrar la tasa de natalidad. Somos el 500% (crisis de la vivienda en Groenlandia).

Me pongo nervioso cuando vuelo y los colores se disparan. Es un desastre arquitectónico. Y los velos se alzan entre intemperies para ver las arrugas del profeta. Vuelvo atrás entre los fogonazos de los alzados y esbozo un tumulto en mi retina. Todo se puede. Hasta anidar en los deseos de los otros. Hasta vivir sin miedo. Todo son proyectiles ardiendo que rayan el curso del zumbido. Creo entrever la podredumbre y la hinchazón en el vestigio de los vivos. Pero de tanto polvo alzado y de tanta cumbre evitada se puede lograr la erradicación de la anemia de tantos cerebros y el retroceso de la oscuridad que nos acecha.

Nicotina y algodón médico, para desangrarme con dignidad entre pasillos de indiferencia y vómito. De tanto fulgor y tanto ancestro se me caído el pelo. Cuando acabéis de cobrarme el mundo que os he preparado, dejad al menos una propina, no sea que os propine un guantazo, y ya sin guante. Con la angustia salen alas, y todos los hálitos de un pueblo erguido. Hay mucho escupidero público, y mucho merecedor de escupitajo. Aunque ya van siendo menos. Que se note que de tanto uno, nos va a salir un afán de comenzar. Y con ese afán en marcha, todo apunta a que algo acabará por comenzarse.

Todos se han puesto de acuerdo: la amenaza del tiempo, en toda su artificialidad judeo-cristiana, se ha convertido en un espectro real, peor que el de Marx. Ya casi está hirviendo la marmita, se ha estado cociendo en su sopa, su juguito de raíces diversas y de románticos cabreos. Por eso he cambiado mi máscara, soy el contrario de Anonymous. Yo lucho con mi cara. No soy el pueblo, el pueblo huele mal. Me han herido los calzones, entre arroces tibios que crujen al salir del altar del microondas. Hoy, hasta cierran las pirámides de Keops, por superstición en avanzado estado de monoteísmo. ¡Dios suyo, lo que he podido estar comiendo, carne y gritos!

De profesión: profeta, mejor que tú, vaticinio y rompecanis, pagafantas y soplapollas (se hace lo que se puede), mindundi y perroflauta (gatotuba, zorrofagot, amebabocina, pezvioladagamba,…), escandalizando imbéciles gratuitamente, sofismo o muerte, en fin soberbio ejemplar de humano neológico, barbarismos y grandeza casados por mi vilo cada noche, humanidad, por ti, tres kilos de patatas, no salir los viernes, renunciar al pedazo de trama Gürtel que enturbia la leche de mis cereales, y a tanto heterosexual decepcionante. Puto mundo. No apaguéis la luz, que tengo que revisar estrategias para que sobreviva el saber. Aunque el saber duerme. No lo despertéis.