BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

9.1.12

Vierge molle


Le grand risque de la parole,
le grand cirque

se peuple chaque soir de pop-corn
et c’est bien triste.

Comme le cirque m’esseule, c’est vrai
que ça me rend folle,

ça me donne un air de Verlaine,
de vierge molle.

Assis dans le fauteuil étranger,
j’oublie tous les noms

de ceux et celles qu’on m’a présenté,
je fais le con

à bien vouloir chercher dans ces images
de belles raisons.

Un insipide combat d’épées vulgaires
à contresens

de toute la dialectique imaginaire,
pourtant bien rance,

s’ébauche dans le poids de chaque parole
qu’on entend

dans le vocabulaire de chaque mongole
qui s’étend.

Il faut avoir patience facile en bouche
en ce qui touche

aux gens qui ont une moindre éducation
et non moindre souche;

là où on apprend la procrastination –
là! dire : « action ».

Le grand risque de la parole
devient évident

alors qu’on tente d’éduquer autrement
qu’en crachant;

en empruntant cette forme, de cette guise,
sans maîtrise,

je fais gaffe d’éviter ce qui m’affole,
c’est de mise,

j’imite un écolier pour prendre refuge
dans ces vers louches:

l’impact sur sa descente d’une luge
sur une pauvre mouche

ou l’assassinat du style le plus farouche
par subterfuge.

Le grand cirque de la parole,
le grand risque

se peuple chaque soir d’opprobre
et doute s’il existe.