BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

26.4.12

Ian Lafrenière: va te faire foutre!



Ian Lafrenière, va te faire foutre. Pauvre idiot, c’est quoi ton salaire? Ça vaut quoi dire des conneries comme tu le fais? « Nous avions averti qu'aucun acte criminel ne serait toléré », dis-tu…alors quand est-ce qu’on les tolère? Quand c’est vous, les cochons, qui les faites? « Ce n'est plus une manifestation qui est pacifique, on doit vraiment rétablir l'ordre. On a affaire à des émeutiers et à des gens qui veulent faire la casse. » T’es un crisse de génie! C’est exact, et si j’étais là, je la ferais aussi, la casse, et de ta gueule à la con aussi. Je me repentis de t’avoir mis en exergue de mon deuxième livre, Ian, mais bon, on verra dans le futur à quel point tes conneries ont de la qualité. Tu passeras à l’histoire, pitou, remercie-moi!

Il est temps que votre société incongrue se heurte à un muret : celui de l’absurde. L’absurde illumine, suppure et guérit, émeut d’émeute en émeute, choisit les saillances pour les donner au futur. Le futur est invalide et mon cœur est toujours noble. Je choisis de vivre face à la mort plutôt que de mijoter. Alors, des douze mille et queu’que dollars que je dois aux prêts et bourses, pas un seul ne sera remboursé. Vraiment, les étudiants sont des connards à ne pas suivre mon exemple: cassez-vous au lieu de tout casser. Puisque je n’ai vraiment pas été reconnu au Québec, on risque de ne pas me reconnaître à la douane quand je reviendrai avec mon minet de service du tiers monde. Si vous voulez mettre l’état dans le pire des états, cessez de rembourser. La casse, c’est très bien à mon avis mais ce n’est pas tout le monde qui est aussi avisé pour comprendre la signification, l’utilité ni la profondeur du délire. Vous risquez de vous mettre à dos un tas d’ados…

Et pendant ce temps? Les commissions d’enquête sur la construction…qui en parle? En a-t-on fini de nettoyer la crasse ouvrière de ce pays, tous les forçats pourris de cash qui ne font rien d’autre que s’hébéter au hockey pis à la Molson Dry? Que font ces gens-là pour l’éducation? Qui va éduquer ces gens-là? Et pourquoi s’étonne-t-on encore et encore sur les propos abusifs de Charest : ne l’a-t-on pas réélu et réélu? Il y a vraiment des idiots au Québec, axés sur le chialage tardif et bon-enfant : la plupart finissent en politique. Pendant ce temps, les chefs d’entreprise se paient la grosse vie en célébrant des négoces ignobles et en empochant des sommes incongrues. Ce que je dois supposément est si infime en comparaison avec les profits de ces mafieux et à la fois je me suis tellement fait harceler pour le rembourser que j’estime juste la casse qu’effectue le bas peuple en se réclamant le remboursement de ces profits.

L’idiot, c’est moi. L’idiotie humaine me dérange encore et je la laisse me déranger. Cet imbécile d’Ian Lafrenière active en moi une fibre rebelle par excellence, une envie incontrôlable de m’opposer à lui par mes mots et par mes actions. Heureusement pour Ian Lafrenière, je ne suis pas un terroriste sinon un terrier-artiste qui jappe fort et mange la marde. Or si les tables tournent – et elles achèveront par tourner – des chiens silencieux le déchiquèteront; alors je ne pourrai pas contenir un heur sincère. Non, je ne verserai aucune larme pour l’ordre tombant, même si j’ai tout appris de lui. J’ai surtout appris à le haïr et – maintenant que ma haine est dépassée par un délire créatif et multicolore – à en être indifférent à ses avertissements qui ne sont autre chose que les cris de souffrance d’une bête qui meurt.

À cet ordre tombant appartiennent aussi tous les petits hippies urbains, les anars tremblotants, les artistes généralement reconnus et toute autre créature qui n’a pas daigné m’offrir sa confiance absolue et l’essence inconditionnelle de sa bonté. Cela m’importe peu qu’on me traite de tous les noms ou qu’on me ferme toutes les portes : mon cœur est sans pareil. Je suis tellement vidé d’amour que j’exècre le monde; seuls seront sauvés ceux qui me lisent et me savent. À eux, tout. Eux, je les rembourserai. La prophétie n’est pas nouvelle (nous sommes tous des pirates nommés Jésus) mais la saveur est persistante, comme celle d’une de ces nouvelles gommes à mâcher hi-tech. Le mal persiste comme un déodorant dans chaque nouveau-né. Si ma passion ne sauve pas le monde, au moins je me l’offrirai à moi-même en guise de gourmandise. J’écrirai donc ma propre fin, où que j’aille.