BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

28.5.13

Trois poèmes de jeunesse
extraits de
Le Sculpteur Aveugle (2000)



Le créole ravage l’Europe
des centaines de milliards
courent quinauds les yeux suspendus
les fenêtres des yeux
dans une post-psychose azurée
mi-incendiée
mille aurores sur Mercure
la mort pendue par les talons-aiguilles
s’asphyxiant clabaude
une réminiscence de la Nouvelle-Orléans
qu’on appelle jazz
tu as arraché les veines au piano
l’élan perdure




Que la pesanteur s’empare de ma nuit
mes bras pendant au vide
au fond à l’autel de l’orage
la flamme noire du vertige
une brume cataclysmique
recroquevillée sous une rumeur
de cigales frotte-pattes

les aveugles espionnent le monde
le climat meurtrier
retrouva l’éther sur le bord d’une chaise
et fit soustraire
la fausse forme de l’équation
et fit évoquer
la consécration de la fièvre

l’extincteur a pris feu
un commis voyageur a pris ses vacances
d’aventure conventionnelle
le sifflement le plus honteux de la ville
en deçà d’un nœud de conscience
libellule anxieuse morte pendue en prononçant
un psaume aigu pour le diable




Je dis que
l’éclairagiste a perdu la raison
ses trous d’oreilles
sifflaient à bout portant
l’âge de la folie courbée l’appelait
ça ne peut pas s’expliquer de même
sans son

je trouve que
l’occident a dérapé inextricablement
vers une raison voilée
aux nuages de cayenne 
l’âge technique dans un pèlerinage pervers
s’incrustant contre le sol de Mars
sans sonde

de terre concave à terre convexe
mon karma s’amène
près des aéroports
avec l’idée primordiale de vengeance
(Caïn)
à toutes les soixante-six secondes
enceint d’irritation

de mer froide à mer chaude
obnubilation
du même délire
avec le bruit des fourmis cathodiques 
religion par voie sanguine et
m’ouvrant la croûte
de putain ulcéreuse

j’avoue que
la forme d’arc peut tuer ce poème
et son évaluation
donnera moins de revenu
l’âge du macroécononationalsocialisme nu
ça ne peut pas s’éplucher de même
sans
sens

24.5.13

Desprecio del cielo vespertino



el yelmo de su personalidad
culminaba en una lanza
gratificante y recia
como el parpadeo del vacío
instigado en llamas
y una barba de mil estrellas
prolongaba su mentón
en verdugo por la intemperie
paseando así sus intenciones
con fatal desenlace

fue degollado
y más nada se supo de la definición
oficial de la locura
pues solo un insensato podría
escribir otra cosa de la que estoy
escribiendo ya que
somos reacciones de Neanderthal
puestas en movimiento genealógico
como trompos ilógicos
cansados

ejemplificamos adrede
que la especie tiene una protuberancia
cerebral de la maldad
y resulta estúpido no protestar
y parece colaboracionista no alzarse
y está muy devaluado vivir
siendo cada atardecer un lienzo banal
en el que enterrar
la grandilocuencia romanticoide
hasta los testículos

23.5.13

Un recuerdo infantil de Sigmund Freak



hay muchachos hermosos
y remedios baratos
para que se borren sus encantos

hay guantes sucios
y nalgas firmes
para ir fingiendo el pasado

hay pasmos asesinos
bellezas que quitan años
y sofocan inalcanzables

hay que saber evitarlos
y apartarlos con empeño
en un culto a la resignación

hay veces en que titubea adentro
el deseo de una ternura ajena
y se discierne la grieta

hay que saber que todos
lentamente vamos hediendo
a residuo docto y logrado

hay días en que se pronuncia
el desparpajo de la vida
y sus criterios de soledad

hay que saber quejarse
y comprender que eso es la vida
quejándose de uno

hay que faenar con clase
y percibir que esos espejismos
no ameritan el desempeñ

hay que respirar hondo
para olvidar haberlos visto
y estimar su ausencia

hay que ser
solo
chasqueando los dedos

hay ayes
yes I
ay ya

hay que reírse de todo
porque todo es una mierda
maravillosa por cierto

20.5.13

Une rencontre:
extrait du roman "La Rhétorique Incandescente" (2001-06)


(portrait de Clayton exécuté par cet auctor)

(27-30 juillet 2006) C’est arrivé si naturellement que je m’étais à la fois rendu compte et non, bien sûr. Pendant la pause du spectacle à l’ Utopik je descendis, conforme à la nouvelle loi, fumer ma cigarette en avant, sur Sainte-Catherine. Je l’avais remarqué pendant le spectacle, et maintenant il venait fumer sa clope aussi. Il s’adressa à moi en anglais, pour me féliciter de la performance. Nous parlâmes. Je demandai son nom : Clayton ; et d’où il venait? Du Texas, dit-il avec un grincement palpable. Il précisa tout de suite qu'il se considérait être l'un des trois seuls végétariens de ce vaste état. Nous étions tous les deux jetés sur ce trottoir sous le couchant tapant, sans que je sache que j’avais trouvé réponse aux questions que j’avais posées dans ce même texte. La pensée en tant que mécanisme de matérialisation est non seulement invocatrice mais très puissante à cet effet, beaucoup plus de ce que je pouvais imaginer. Nous allions passer ensemble les prochaines cinquante heures de nos vies, à titre d’espoir, de preuve, de document de force, d’immuabilité de la loi humaine.  Plusieurs aspects de mon style d’écriture qui m’avaient semblé être des défauts à la relecture, et que j’avais voulu polir (avec toute la naïveté que la cupidité peut contenir), sont apparus à mes yeux, à partir de ce moment, comme des moyens heureux pour attraper le destin en flagrant délit. Corrigeant très peu, j’ai trouvé par une sorte d’intuition, les détails qui prévoyaient ma rencontre avec ce jeune homme. Je ne fais que revoir le naturel avec lequel il a descendu les marches de l’Utopik, de sorte que je ne pouvais que l’avoir déjà connu, avant, très avant, comme il est naturel aussi de penser. Il n’y a plus rien de troublant dans mon souvenir de ce moment, sinon une sorte de sérénité que je considérais déjà comme étant inconcevable. Il y a un temps énorme de lenteur, préhistorique, dans ce qui est devenu pour ma mémoire l’une de plus gigantesques opérations d’absorption du présent.  Le problème est maintenant la divulgation de ce que j'ai absorbé, et c'est là que tout devient turbulent, le propos se fausse, car les mots y rentrent, et d'autant ce texte aura continué sa propre prophétie (...). Le texte s’animait selon je l’écrivais, mon présent s’imprégnait de mes pensées. Les preuves tant convoitées s’y trouvaient après tout, mais comment les déchiffrer, et comment livrer la suite? Clayton l’avait dit : I can’t word it. Pour la première fois, ce terrassement silencieux et haut-perché que je connaissais était vécu des deux côtés : ce n’était plus de la contemplation. J’aurais voulu voir quelle sorte de créature, prolongée vers la nuit, était assise sur le toit de ma maison en ce petit matin-là.

12.5.13

Mother boredom



it happens I need
positive challenge I’m just
one of those fools who never
needed Ritalin nor did he
meet mother boredom
I never had to drown in
bourbon to need 
a hard on

if left unchallenged I
creak into horizontal distress
and emulate the animal
calls which assail me
if I cannot converse on the
same level I’ll ooze
the adversity some believe
I am made of

it was such a pity
and a shock
to find you were all
there all there and staring
helplessly fathoming stopped
in your tracks needing a lie
any lie
to move on

you separate intrepidly
the sight and the unseen
as one cannot reach the other
but if any succeed in persisting
one by staying unseen
the other a seeing thrust
then both would fail
to be defined

(and a sense would lose
its sense)

8.5.13

Varyag Variations:
haikai on a photograph


Russian Crusier “Varyag” on fire in Chemulpo harbor, February 8th 1904.


the gilded cloud recedes
only to leave day
and its troublesome light

to verbally abuse
hereby
all prefatory catastrophe

strangeness empress herself
has answered
all insistent calls to reason

legend is vile
war is futile in the sand
of a sad photograph

that background sand
which reminds steel in all
its voluptuous perfection

Turner
is insinuated
in the battle of geometry

spectral salt
and stench of military fire
is gone unrecognized

a savagely oriental shape
bedazzles
in still ignition

violent haikai by Monet
in horizontality
through time

floating intricacies of ink
liquefying
in a coarse landscape

ominously luminous
as if capturing death
through cold passage

a composition which predates
abstraction
a warfare shot at Klee

implausibly pompous
wrong figures of speech
under turrets of smoke

something about focus
performing the equation
choosing the frame

the rust against the waves
or the waves against the rust
they opened fire

a tragic anonymity
invades the photograph
which bulges

they sing in black and white
Врагу не сдаётся наш гордый
Варяг

7.5.13

Grasa de paz

(Tres poemas ablépticos 
tirándole el Tarot 
a la actualidad venezolana)


pido a la clara
que se esfuercen en explicar
por qué traicionaron al mar
y me sobran sus razones
que no deben de servir
para barrer adversarios
ya que los saltos sí regresan

con tolerancia aguda
claramente puedo lograr
ese ímpetu y verbalizar
la velocidad del agua
en el doble de espesor
que culmina
al abrir la forma deslizante


tenía un mal pan
Paris caminaba por petición de la mayoría
ahora el pan puede mostrar propiedades de ídolos
apreciar la incomodidad del Holocausto
cortar-el-pan se había ido
y parece que oyó actividades ideas sonido palabra
el pasado debe ser apagado sagrado especial

dé un paseo por las ruinas
como la historia o vientos
la ceremonia se llevará a cabo
el vidrio moral no se ha completado
se estimulará el lado izquierdo de mi alarma
el exterior se utilizará en movimiento apasionado
del escándalo de la electricidad


enviar un informe diario
la captura de su sueño tanto como sea posible
mi encuesta y la fe
articulación
ah me acuerdo de mi primer texto legal
abstenerse de decir umbral de la paz
en el primer día

en la primera noche del sueño
escuché claro penalti
es posible que haya oído hablar
de la grasa de paz
nacional de razones
no puede ser blasfemada
atención

6.5.13

٣



BODAS DE CUERO:

El 6 de mayo del 2010 se inauguraba DEMENTIA UNIVERSALIS, blog del cual la presente es su tricentésima entrada. Desde entonces lo han visitado más de 16 200 personas de entre decenas de países, de Rusia a Argentina y de Canadá a Suráfrica, lo cual no está nada mal para un blog tan raro, subversivo y hermético…a una comunidad global y surrealista… ¡gracias!


NOCES DE FROMENT:

Le 6 mai 2010 s’ouvrait DEMENTIA UNIVERSALIS, blogue duquel celle-ci est la 300e entrée. Depuis lors, plus de 16 200 personnes l’ont visité de parmi des dizaines de nations, de la Russie à l’Argentine et du Canada à l’Afrique du Sud, ce qui n’est pas mal pour un blog si étrange, subversif et hermétique…à une communauté globale et surréaliste…merci!


LEATHER JUBILEE:

On May 6, 2010, DEMENTIA UNIVERSALIS, the blog of which this is the 300th entry, was founded. Since then, over 16 200 people from dozens of countries have visited, from Russia to Argentina and from Canada to South Africa, which isn’t bad at all for a blog so strange, subversive and hermetic…to a global and surrealistic community...thanks!

5.5.13

Like a P-6



Le petit P-6 est hideux. C’est l’I-2 P-6. Le P-6 est flyé like a G-6. Il faut le répéter, P-6, P-6, P-6…jusqu’à l’hébétude ou l’hypnose. Le P-6 pis si pis ça, pipi caca. Le PQ pis le P-6, puis que cesse le P-6 ou que le P-6 vous Duplessisse. Le P-6, ça suce (à tes souhaits!).

Autrefois c’était pareil: il y avait des tanks d’ins rues. Autrefois c’était pareil : la fois de Pinochet, sauf qu’ici ils font plus Pinocchio.

Allô l’ONU : c’est où votre gagne de cass’ bleus, votre troupeau de sans-pareil, votre meute d'appareillés? Ça casse le blues. On n’en a pas plus besoin de votre urticaire que de votre police stationnaire, tortionnaire d’aptes?

Attends un peu que je saisisse le P-triple 6, le 450, le 514 et le 438 crews rapetissent devant le fucked-up putsch-up du wassup

Emblèmes et aïe.phone, on se verra en cours d’histoire d’ici le décollage de notre envergure, de notre motricité, de notre capacité d’imaginer la beauté du désastre.

Séchez vos cours de vie, vivez vos sèches de court, courez vos vies de sec, disséquez si vos rescousses arrivent et sachez verrouiller vos dèches.

J’ai des visions P-6, cavalier G-4 à F-3 , ctrl + F-6, moins de brillance à l’écran...

Superposons la méta-force, métastasions l’abluante candeur, cantons-nous contre l’expérience du poison abrupte et neuf qu’exsude la civilité en phase terminale.

Je suis loin pour tenter de loin la lenteur du sacrifice, l’insatiable perte de l’identité, la dénationalisation subie par la force du sang et par la mémoire imposée, dans chaque gesticulation du langage appris, dans chaque recoin sémantique, interchangeable, comme une neurone à switch

Sandwich de squelettes, de pierres et d’air par moyens et hauts calibres, démembrant millénaire après millénaire de bonté sordide, d’auxiliés barbares, de molaires en mouvement et de foies intoxiqués.

J’âpre, j’âcre, j’âne. J’erre. Un verbe fait plaisir, un verbe bouge et n’a pas besoin de substantif, de substance, d’if.

Par exemple, j’obsèque en verbe et au singulier, juste un; il faut mal dire pour traduire l’indicible. Il faut dire mal, je faut, tu faus, il et elle faut…

Déformer est un Art.

La Police de Montréal est dangereuse, veut Pinocher (oui, un verbe, je sais que ça s’écrit Pinochet, il n’y a pas de typo, ta gueule).

Ce serait gentil que vous ne vous décourageasses point, que le plus patient soit plus chic que le plus plouc, que le passant soit créatif, que ça fonctionne…

Il n’y a pas de dignité dans le martyre, fuyez si c’est nécessaire, mais (virgule mais, en levant l’index), n’oubliez pas de vous défouler. De foule en foule ou de un à un, les règnes achèvent. À bas Rome, j’aime le tweed.  

3.5.13

El sexo oblicuo



es lúdico concebir el sexo oblicuo
aunque la batalla de los días venza a la de las horas
a veces la pequeñez es la desfachatez más acertada
a veces una solicitud impresa de la verdad basta
y sobra

este es un dolor retórico que no espera
respuesta ni alivio
yo no soy cualquiera
y escribo lo que me sale del forro
a cualquier hora que pueda considerarse impúdica

sencillamente no se me puede
entretejer a la maldad y al estruendo del esmalte
respondo solamente de promesas
hasta devuelvo los trescientos pesos a la tienda
cuando los quedo debiendo

no me gusta la timidez que esconde la lacra
el conseguido desgaste de los atuendos
ni la pálida tuberculosis del alma de rico
aspavientada en altas dosis de código neutro
y de apariencia culposa

pretendo instaurar una locura sana
otra
y me parece ridículo el despertar de la destrucción
como lo es observar la especie humana
en su desperdicio

presento entonces
como predio de mi existencia
como precio a pagar por el parnaso
esta y otras peripecias
de mi jocosa y contigua cordura 

1.5.13

Socialites and anemones



that curious inflation
of the self
that occurs in candid moments
candid and impractical
impracticable

that spurious dilation
of the socialites and the anemones
feverishly sharing
in some party of tentacles
entwined as farewells

that furious radiation
which elates
and elongates the given norm
averting spirits away
from sterile trodden ground

there is that that cannot be chosen
and that that cannot be done
be gone anger
be gone fear and strangeness
of a scowl in need of hope

that is there and here
this is thus and then
agglutinated and sore
a lesson in the uniqueness
of any mind’s subtle delusion

that cling which necessitates
a laughter of a kind that can silence
a bird’s mere core of trauma
suddenly stating its stance
anointing somehow

in spite of the spread of that
in that thread of spite
of involuntary forgiveness
there is a game of belief
and believer

a tribal goose-pimple
blusters forward like a mist
of skin breaking free
and earthly trust occurs
incredibly