BLOG PERPETRADO POR

FRANCISCO LEQUERICA

30.3.15

Sur l'importance de protéger Naomie



Nous vivons des temps désespérés.

Quand un policier anti-émeute juge acceptable de tirer sur une jeune manifestante inoffensive à bout portant sur le visage, c’est désespéré.

Quand un ex-commandant de la police de Montréal réagit sur Twitter que « c’est dommage que ça tire juste un coup à la fois » et « elle l’a bien mérité », c’est désespéré.

Quand, ensuite, s’ouvrent des pans de pages diffamatoires au sujet de la jeune femme sur les réseaux sociaux, incitant au meurtre, au viol, et j’en passe, ce n’est pas que désespéré: c’est une sorte de fin.

Mais Naomie Trudeau-Tremblay, 18 ans, a eu de la chance. Non seulement que le geste répréhensible de #3143 ne l’ait pas blessée davantage: ce n’est pas passé inaperçu.

Beaucoup de gens au Québec avons été victimes non pas seulement de la brutalité policière mais d’une sorte de brutalité nationale qui s’étale de Duhaime à Pegida, étiolant l’espoir.

Jusqu’ici il m’a été très difficile de mettre le doigt sur le problème sans blesser d’autres québécoisES, puisqu’il s’agit de la recrudescence isolée de traits culturels communs à tous.

Or voilà enfin que toutes les composantes du problème se manifestent à la lumière du jour pour que tous puissions voir de près les mécanismes qui les déclenchent – c’est l’opportunité cruciale pour une analyse objective de la dérive québécoise.

Si, comme toujours, le Québec fait l’autruche et prône une tolérance inconditionnelle, la fanaticaille croîtra et dégringolera. Si, par contre, une majorité opte pour l’analyse, le Québec pourra éviter succomber à d’obscurs souhaits.

La tradition comportementale québécoise est fondamentalement un produit colonial, le résultat de colonisations successives et d’un apartheid francophobe qui, parfois, subsiste toujours.

On a tenté de neutraliser le fait québécois par tous les moyens possibles depuis 1759 : ça n’a pas cessé. Mais voilà que, quand on avait enfin la mainmise sur notre autonomie sémantique, le Québec s’est suicidé volontiers à petit feu… ou à petite glace.

Car c’est devenu froid. Autant le Nord fond, on morfond. En parfait contraste avec l’amollissement des glaces, durcissent nos sens. Le Québec était chaleureux, il est rendu chiâleux. Et tandis qu’on nous hypnotise, on est en train de tout démonter derrière la scène.

Qu’un peuple avec tant de ressources puisse constamment faire preuve d’autant d’ignorance est – finalement – l’affaire la plus déplorable au Québec. Qu’on soit rendu à vendre le Nunavut en parle long sur le maigre respect que nous nous vouons à nous-mêmes.

Si la mauvaise éducation va continuer à proliférer de la sorte dans les comportements collectifs, il est fort souhaitable que des représailles intelligentes soient lancées. « Mais par qui donc et contre qui? », lanceront les démocrates…

Juste en guise d’exemple, l’Office de la Langue Française devrait prohiber l’usage de celle-ci à certains individus – cela serait bénéfique non seulement pour la langue mais pour sa sémantique.

Les gens de bien au Québec ont tendance à se taire, à prôner la paix devant toute situation. C’est – peut-être – un résidu gênant de ce temps où il fallait Speak White. Mais dans les circonstances actuelles, le silence est une conduite dangereuse.

Naomie, malgré elle, est arrivée à polariser les gens. Si bien Guy Latulippe a fini par fermer son compte Twitter et que facebook a éliminé certaines de ces pages haineuses, d’autres pages apparaissent et les malfaiteurs demeurent impunis.

Je fais appel publiquement à Anonymous pour que, tout comme ils ont héroïquement attaqué des KKK à Ferguson, ses hackers identifient les éléments qui publient ces pages condamnables sur les réseaux sociaux et leur lancent des cyber-attaques. Je suis certain que, s’ils publient les adresses physiques de ces individus, ceux-ci prendraient la fuite et se tairaient.  

J’ai passé des menaces au SPVM, au SPVQ et à Guy Latulippe personnellement. Par la présente je menace aussi Couillard et son gouvernement: si je rentre au Québec c’est pour vous en sortir de force, et pour en pendre quelques-uns d’entre vous aux lampadaires. Ne me faites pas rentrer!

Certainement, mes menaces leur semblent risibles. C’est car je suis presque seul. J’invite donc les gens de bien à passer à l’action concrète, celle de leur choix. Mais il est préférable de ne pas s’enliser dans la passivité postcoloniale en choisissant son arme.

Collectivement, ces actions déboucheraient à un résultat malléable. La sensation d’impuissance à laquelle ont mené tant d’actions de bien mortes-nées au Québec sera enfin balayée.

Dans les années 80 et 90, les skinheads foutaient le trouble dans les rues de Montréal. Mais les punks se sont battus et ils les ont chassés. Apprenons d’eux : nettoyons le Québec de ce désespoir. Qu’on n’ait plus peur de dire de gros mots.

Appuyons Naomie! Défendons Naomie! C’est nous que nous aiderons!